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Brèves

L’actualité en bref

Le milliardaire Elon Musk, propriétaire entre autres du réseau social X et de l’entreprise aérospatiale SpaceX, a annoncé qu’il allait déplacer les sièges de ses entreprises, actuellement situés en Californie, près de Los Angeles et San Francisco, vers le Texas. C’est une loi promulguée par le gouverneur de cet État pour protéger les droits des élèves transgenres qui a mis le feu aux poudres. Et Musk d’expliquer : « Il y a un an, j’ai expliqué clairement au gouverneur Gavin Newsom que les lois de cette nature allaient forcer les familles et les entreprises à quitter la Californie pour protéger leurs enfants. » Le texte interdit notamment au personnel scolaire de divulguer à qui que ce soit des informations sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’un élève sans le consentement préalable de la personne concernée. Cette interdiction concerne également les parents de l’élève. Il faut dire que l’un des enfants de Musk, a fait son coming-out trans à l’âge de 16 ans, et a fait une demande officielle de changement de prénom deux ans plus tard. Elle a ensuite rompu ses relations avec son père, une décision que le patron de Tesla a attribuée à une éducation scolaire qu’il juge trop progressiste et trop permissive. La high-tech n’élimine pas les toiles d’araignée dans le cerveau…

Mukesh Ambaniils, considéré comme l’homme le plus riche d’Asie, a marié son fils à la fille d’un autre milliardaire, Radhika Merchant. Les festivités ont duré plus de trois jours en présence de 16 000 invités dont Bill Gates, Mark Zuckerberg, Tony Blair, Boris Johnson, etc. Le mariage, dégoulinant d’or, s’est déroulé à Bombay et a coûté 150 millions de dollars (138 millions d’euros). Ambani bat, en quelque sorte, son propre record puisqu’en 2018 le mariage de sa fille n’avait coûté « que » 100 millions de dollars (91 millions d’euros) avec un concert de la star américaine de la variété, Beyoncé. À comparer au salaire moyen dans le pays, inférieur à 600 euros par mois, alors que plus du quart de la population urbaine vit dans des bidonvilles.

Sophia Chikirou, députée insoumise proche de Mélenchon, vient de comparer les partisans de François Hollande, à des « punaises de lit ». Rappelons en passant que nombre de ces « punaises de lit » n’auraient pas été élues ou réélues députés sans le soutien… de la France insoumise. Mais, au-delà de l’invective, les conflits au sein du Nouveau Front populaire ont une raison profonde : une bonne partie des socialistes, des écologistes et des dirigeants du PCF sont prêts à former un gouvernement de « front républicain » avec une partie des macronistes, et leurs éventuels partenaires mettent comme condition que les Insoumis n’en fassent pas partie. D’où la décision de Mélenchon et de ses amis, pour ne pas se voir éjecter, de faire de la résistance en apparaissant comme les plus radicaux (ce qui n’est pas très difficile) et en affirmant vouloir appliquer « le programme, tout le programme, rien que le programme ». Sauf que cela ne pourrait pas être le cas, le Nouveau Front populaire étant ultra-minoritaire à l’Assemblée nationale. Cela Mélenchon le sait mais n’en a cure. Pour lui l’important est de rester sur le devant de la scène politique avec, en vue, les présidentielles de 2027. Ce n’est pas sous les ors de l’Assemblée nationale que les travailleurs pourront obtenir satisfaction sur certaines revendications mises en avant par le Nouveau Front populaire – comme le smic à 1600 euros net ou l’abrogation de la réforme des retraites – mais par leurs luttes dans les entreprises et dans la rue.

Près de 120 organisations, associations, syndicats et collectifs – dont Bassines non merci, les Soulèvements de la Terre, Attac, Extinction rébellion, l’union syndicale Solidaires et la Confédération paysanne – organisent jusqu’à dimanche un rassemblement géant intitulé « le Village de l’eau » sur la commune de Melle afin d’obtenir un moratoire sur les mégabassines, ces réserves d’eau géantes utilisées généralement par les gros propriétaires terriens qui pratiquent une agriculture intensive. Pour tenter d’impressionner, voire de dissuader, les milliers de manifestants attendus le ministre de l’Intérieur, Gérard Darmanin, a annoncé la mobilisation de plus de 3 000 gendarmes et policiers alors même que le rassemblement se veut pacifique et festif ponctué de tables rondes, d’ateliers, d’animations, de concerts, etc. Dès mardi des contrôles d’identité et des confiscations de matériel ont été effectués par les forces de l’ordre aux abords du village. Et il est probable que, comme l’an dernier, les participants devront faire face à des violences et provocations policières qui auront comme seul but de les présenter comme « des casseurs ».

Pendant la crise parlementaire l’offensive contre les migrants continue. Plusieurs décrets d’application de la loi immigration, farouchement combattue par celles et ceux qui défendent les droits humains, viennent d’être publiés au Journal officiel. L’un concerne notamment le refus ou le retrait d’un titre de séjour en cas de non-respect des « principes de la République ». Un autre renforce le dispositif de refus ou de cessation « des conditions matérielles d’accueil » des migrants et supprime la possibilité d’un recours administratif contre des telles décisions. Une amende administrative est par ailleurs créée pour sanctionner l’emploi de ressortissants étrangers non autorisés à travailler. Enfin sont durcies les conditions et les délais d’obligation de quitter le territoire. Des décrets pourris pour une loi scélérate.

Marc-Olivier Fogiel, le directeur de la chaîne de télévision BFMTV, a été auditionné par l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique pour le renouvellement de la fréquence TNT de sa chaîne. Il a déclaré fièrement : « Je suis le bouclier de ces pressions quotidiennes de l’ensemble du personnel politique pour laisser la rédaction travailler. » Sauf que, quelques jours auparavant, une enquête fouillée de Mediapart avait montré comment le même Fogiel avait mis son antenne à la disposition de Nicolas Sarkozy, empêtré devant la justice dans l’affaire des financements libyens de sa campagne présidentielle. Avec un tel « bouclier » pour préserver son indépendance éditoriale, BFMTV est mal barrée.

Depuis plusieurs jours, circule sur les réseaux sociaux une vidéo choquante montrant des policiers frappant un homme menotté et traîné au sol à Bagnolet, en Seine-Saint-Denis, dans la nuit du samedi 13 juillet 2024. On peut y entendre l’un des policiers dire à son collègue portant des coups : « Attends, pas là, pas là. » C’est la diffusion et l’indignation qu’a suscité cette vidéo qui ont conduit à l’ouverture d’une enquête par l’IGPN. Mais qui peut encore croire à la police des polices ? Il y a à peine un mois encore, se déroulait une manifestation à Nanterre en mémoire de Nahel, 17 ans, tué par balle à bout portant par la police. C’est le combat des familles des victimes et celui de la jeunesse des quartiers populaires qui permet de ne pas invisibiliser la réalité de cette guerre sociale. Car il ne s’agit pas, ni hier ni aujourd’hui, d’une bavure, mais bien d’un système dans lequel les violences policières font partie de la routine répressive quotidienne de l’État. Pour les JO, la région parisienne accueille des milliers de flics supplémentaires de toute sorte, de quoi se sentir… en insécurité.

Le nouveau Premier ministre travailliste, Keir Starmer, ne veut pas entendre parler d’une réforme qui permettrait de faire bénéficier tous les enfants des allocations familles. La législation actuelle, mise en place par les conservateurs, limite le bénéfice de ces allocations aux deux premiers enfants d’une famille. Ce qui pénalise très fortement les familles nombreuses de milieu modeste. On estime que cette année plus de 1,6 million d’enfants seront exclus du système, une augmentation de 8,5 % sur 2023, et un manque à gagner de 3 500 livres sterling (4 160 euros) par enfant. Élargir les allocations familiales à tous les enfants coûterait au budget 3,4 milliards de livres (4 milliards d’euros) par an. Par comparaison, un impôt sur la fortune des détenteurs de patrimoine supérieur à 10 millions livres (11,9 millions d’euros) par an (qui toucherait 0,04 % de la population) rapporterait 24 milliards de livres sterling (28,5 milliards d’euros). Une mesure dont Starmer ne veut pas entendre parler.

L’attentat dont a été victime Donald Trump a relancé de plus belle les théories complotistes dans les deux camps. Côté républicain on accuse Biden d’être derrière tout ça pour éliminer son rival alors que chez les démocrates les complotistes expliquent que c’est un coup de pub monté de toutes pièces par Trump et ses partisans. Pourtant dans un pays où il y a plus d’armes à feu en circulation que d’habitants, que les fusillades dans la rue, les établissements scolaires, voire les hôpitaux sont quasiment quotidiennes on peut s’étonner que ce genre d’attentat ne soit pas plus courant, n’importe quel dingue pouvant se procurer, sans grande difficulté, un fusil d’assaut et faire feu comme bon lui semble. Détail amusant, si l’on peut dire : Trump s’est toujours farouchement opposé à toute législation sur un contrôle renforcé des armes et est un ardent soutien de la National Rifle Association, le puissant lobby des armes. C’est en quelque sorte l’arroseur arrosé.