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Brèves

L’actualité en bref

Lors d’une conférence de presse tenue à son siège parisien, la CGT a estimé que des suppressions de postes sont en cours ou annoncées dans plus d’une centaine d’entreprises, mettant en péril entre 60 000 et 90 000 emplois directs et indirects. Sa secrétaire générale, Sophie Binet, a jugé que la récente réunion à Versailles par Macron du forum « Choose France » (Choisissez la France), avec l’annonce de 15 milliards d’investissements privés, était de la poudre aux yeux. « Choose France est l’arbre qui cache la forêt d’une saignée sociale en cours ! » a-t-elle déclaré. D’où la publication d’une « liste noire des plans de licenciement depuis septembre 2023 » qui fait apparaître des plans sociaux en cours dans pas moins de 130 entreprises dont 82 à caractère industriel. Un constat accablant pour la politique sociale du gouvernement. Mais dénoncer n’est pas suffisant. Il faut interdire ces licenciements en organisant des luttes d’ensemble pour le partage du travail entre tous et toutes. Mais là, la CGT est bien souvent aux abonnés absents, notamment au niveau confédéral.

Le personnel de France Médias Monde, France Télévisions et Radio France est en grève pendant deux jours contre le projet de fusion éclair de l’audiovisuel public défendu par la ministre de la Culture, Rachida Dati, sans aucune consultation des salariés concernés. Il prévoit la création d’une holding commune au 1er janvier 2025, France Médias, préparant ainsi le terrain d’une fusion-absorption, un an plus tard. Cela pourrait d’abord se traduire par des centaines de licenciements parmi les 16 000 salariés de l’audiovisuel public. La BBC britannique a connu une réforme similaire sous les conservateurs, qui a entrainé la suppression de 800 emplois. Ensuite, un seul patron pour toutes les chaines de télévision et les stations radio ramènerait le secteur à feu l’ORTF de l’époque gaulliste où ce sont les gouvernants qui imposaient sans filtre aux médias publics leur ligne politique. Toutes les sociétés de journalistes de ces médias ont alerté sur les dangers d’une fusion de l’audiovisuel public dans une tribune parue dans Le Monde. Jusqu’à présent Dati fait la source oreille.

Le voyage de la flamme olympique dans l’Hexagone est célébré par le gouvernement et les médias comme une grande fête populaire. Tout dépend ce qu’on appelle « populaire ». Par exemple, lors de son périple en Gironde, la flamme a fait une pause de son bain de foule en s’arrêtant dans un domaine viticole très connu, le château Cheval Blanc à Saint-Émilion, où elle a été accueillie par quelques dizaines de privilégiés triés sur le volet. Il faut dire que le domaine en question appartient au groupe LVMH, du milliardaire Bernard Arnault, principal sponsor privé des Jeux olympiques à hauteur de 150 millions d’euros. Ce qui lui donne quelques privilèges…

L’armée israélienne a autorisé des colons israéliens à retourner dans trois anciennes colonies en Cisjordanie occupée dont l’accès leur avait été interdit depuis l’évacuation ordonnée en 2005. Les trois colonies – Sa-nur, Ganim et Kadim – sont situées près des villes palestiniennes de Jénine et de Naplouse, toutes deux des bastions des militants palestiniens. Dans le même temps, l’armée israélienne a lancé un raid sur Jénine faisant sept morts dont Oussaïd Jabarine, chirurgien à l’hôpital public de la ville. Tout un symbole…

Le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) a banni Maximilian Krah, sa tête de liste pour les élections européennes, de tout meeting électoral suite à un entretien accordé à la Repubblica. Il avait déclaré au quotidien italien qu’un SS « n’était pas automatiquement un criminel ». La semaine auparavant, Björn Höcke, considéré comme le véritable homme fort du parti, avait été condamné à 13 000 euros d’amende pour avoir utilisé un slogan nazi. À la fin de l’année dernière, une mesure visant à renvoyer chez eux deux millions de personnes étrangères ou d’origine étrangère avait été discutée dans les instances du parti, avant de fuiter dans la presse et déclencher d’énormes manifestations de protestation dans tout le pays. Tout cela n’avait pas empêché jusqu’à présent le Rassemblement national d’entretenir d’amicales relations avec l’AfD. Mais la déclaration de Krah a été la goutte de trop. Marine Le Pen a pris ses distances. Non qu’elle soit choquée, car il faut rappeler que le Front national, dont RN est l’héritier, avait été notamment fondé par d’anciens Waffen SS. Mais à un moment où l’extrême droite est en quête de respectabilité la sortie de Krah faisait tache. Être pro-nazi peut-être… mais discrètement.

« Ce n’est pas de golf dont on manque dans le pays catalan, c’est plutôt d’eau. » Plein de bon sens, le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, a dénoncé l’« anachronisme » d’un projet de golf à Villeneuve-de-la-Raho, à quelques kilomètres de Perpignan. Ce golf se situera dans un complexe qui doit s’étendre sur plus de 160 hectares et comprendra également un hôtel et 600 logements. Il consommera des centaines de milliers de mètres cubes d’eau dans un département qui souffre chroniquement de la sécheresse. Malgré de nombreuses protestations (scientifiques, écologistes…) qui lui demandaient d’annuler l’arrêté préfectoral autorisant ce projet, Béchu a refusé, expliquant qu’il ne pouvait aller à l’encontre de la loi. Il est farouchement écologiste mais, manque de chance, la loi lui lie les mains. On pourrait peut-être lui suggérer de la changer ? Mais il a tenu à rassurer son monde. Le golf ne sera arrosé qu’à partir des eaux usées traitées au préalable. Ce que les experts jugent impossible vu les quantités requises. Qu’importe. Béchu a fait son numéro : se dire écolo en parole tout en laissant saccager la nature et piller les ressources naturelles au nom du fric. Détail amusant : le ministre a fait cette déclaration à Canet-en-Roussillon où il était venu présenter son plan de résilience… pour l’eau.

Selon une étude de l’Union nationale des aménageurs (Unam) et de l’École supérieure des professions de l’immobilier (Espi) il faudrait près de 400 000 logements supplémentaires par an d’ici à 2030 pour satisfaire aux besoins de la population. Cette situation s’expliquerait en partie par la réduction de la taille des ménages (divorces, vieillissement…) qui fait que « le parc immobilier est mobilisé par des personnes seules ». Venant de professionnels de l’immobilier ce rapport est surtout un plaidoyer pro domo en faveur de la construction, notamment privée. Mais ce chiffre de 400 000 logements apparait comme plutôt faiblard lorsqu’on se rappelle qu’actuellement 2,5 millions de ménages sont en attente d’un logement social alors même que les bailleurs sociaux n’envisagent d’en construire que 85 000 cette année. On est loin du compte. À côté de cela, il y a des millions de logements vacants qui pourraient être réquisitionnés pour loger les familles qui en ont besoin. La loi le permet mais pas question pour les gouvernants de toucher à la sacro-sainte propriété privée.

La loi fusionnant le gendarme du nucléaire – l’Autorité de sureté nucléaire (ASN) – avec l’expert technique du secteur – l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) – a été promulguée au Journal officiel. Les deux organismes étaient nés au début des années 2000 des leçons tirées de l’accident nucléaire de Tchernobyl. Sous prétexte de simplification administrative, le texte revient, en fait, à mettre les inspecteurs et techniciens de l’ASN, jusque là indépendants, sous le contrôle des décideurs, c’est-à-dire en dernière analyse du gouvernement. En effet, ce dernier, qui prévoit de construire six, voire quatorze, réacteurs dans les années qui viennent, se plaint régulièrement des contrôles de sécurité trop pointilleux selon lui de l’ASN qui retardent ses projets. Critiques partagées par les start-ups du secteur qui veulent créer très vite des mini-réacteurs. Donc on se débarrasse de l’ASN en sacrifiant du même coup la sécurité sur l’autel de la rentabilité. Comme d’habitude…

L’agence de presse américaine Associated Press (AP) a annoncé que son direct vidéo sur Gaza avait été coupé par Israël, qui l’accuse de violer une loi ayant permis aux autorités de fermer il y a quelques jours la chaîne de télévision qatarie Al-Jazeera. Cette loi, votée début avril, donne la possibilité d’interdire la diffusion de médias étrangers « portant atteinte à la sécurité de l’État » sioniste. Comme il est difficile d’imaginer qu’AP, qui a pignon sur rue dans le monde entier, soit soudain devenue du jour au lendemain une officine du Hamas, la seule explication crédible est que Netanyahou – dont les troupes poursuivent leur offensive sur Rafah et, plus au nord, sur le camp de réfugiés de Jabalia – veut pouvoir continuer tranquillement ses massacres en empêchant la presse étrangère de témoigner.