Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Pressée de mettre en œuvre sa politique contre les migrants, l’administration Trump a conclu des accords avec une vingtaine de pays, afin de pouvoir les expulser vers ces pays qui ne sont pas les leurs. Elle invoque le fait que leur pays d’origine ne les aurait pas acceptés, en raison de leurs relations diplomatiques difficiles avec les États-Unis. L’admiration américaine ose prétendre qu’elle a reçu des assurances selon lesquelles les personnes expulsées seraient traitées dans le respect des droits humains, alors qu’elle sait très bien que ces migrants sont plupart du temps victimes de mauvais traitements. Un rapport publié, en novembre, par l’ONG Human Rights Watch indique que des dizaines de Vénézuéliens expulsés vers le Salvador, ont subi des actes de torture et de violences sexuelles dans un centre de détention. De son côté, le Parti démocrate, dans un récent rapport de la commission des affaires étrangères au Sénat, s’inquiète surtout du coût qu’il juge trop onéreux de ces accords d’expulsion, qui auraient couté plus de 30 millions de dollars « pour le retour d’un nombre relativement restreint de ressortissants de pays tiers ».

Après avoir été obligé d’écarter le chef de l’ICE à Minneapolis, le sinistre Bovino, connu pour ses méthodes barbares ayant conduit aux meurtres de Renée Good et Alex Pretti, Trump a été contraint de retirer totalement les 2700 hommes d’ICE de Minneapolis. La mobilisation s’était étendue à de nombreuses villes des États-Unis, rassemblait des jeunes de plus en plus nombreux et risquait de devenir une menace pour le pouvoir. Cette victoire, même partielle et peut-être provisoire, montre que les travailleurs, la jeunesse et une bonne partie de la population, en s’organisant, en faisant face courageusement à la répression, ont les moyens de mettre en échec l’un des locataires les plus autoritaires et cyniques de la Maison-Blanche, même si Trump n’est ni le seul, ni le premier à avoir lancé des chasses aux migrants.

C’est Mediapart qui a fait le calcul. Depuis 2019, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), c’est-à-dire le gendarme de l’audiovisuel, a réprimandé CNews à 26 reprises et lui a infligé plus de 630 000 euros d’amendes. Ce qui n’empêche pas la chaine d’information de Vincent Bolloré de continuer à déverser ses saillies racistes, islamophobes et sexistes à longueur d’antenne sans respecter le moins du monde les exigences de neutralité et de véracité fixées par l’Arcom. C’est la beauté de la liberté de la presse sous le capitalisme : quand on a l’argent on peut à peu près tout dire… quitte à payer des amendes qui écornent à peine la fortune du milliardaire breton d’extrême droite.

La Cour de cassation a confirmé le non-lieu en faveur des gendarmes dans l’affaire de la mort d’Adama Traoré, un homme de 24 ans, décédé le 19 juillet 2016 dans la caserne de gendarmerie de Persan, dans le Val-d’Oise, après avoir été interpellé et menotté par trois gendarmes dans une commune voisine. La famille a toujours affirmé qu’il avait été étouffé par les gendarmes. Son décès avait suscité un vaste mouvement de protestation et de solidarité. Un premier non-lieu avait été prononcé en août 2023 puis confirmé une première fois en appel en mai 2024. La famille a aussitôt décidé de saisir la Cour européenne des droits de l’homme. Une fois encore, la justice se montre clémente à l’égard des forces de l’ordre lorsque leurs interventions provoquent la mort d’innocents.

C’est presque un cas d’école. TotalEnergies réalise un chiffre d’affaires annuel supérieur à 210 milliards d’euros l’an dernier et, a engrangé un bénéfice supérieur à 13 milliards d’euros. La multinationale pétrolière est largement en tête des entreprises du CAC40. Ce qui ne l’empêche pas d’annoncer qu’elle ne sera pas tenue de payer cette année l’impôt exceptionnel sur les grosses sociétés, au demeurant bien modeste, mis en place par Lecornu dans son budget 2026. En effet, elle encaisse officiellement l’essentiel de ses bénéfices… hors de France. Une magouille comptable parfaitement légale et cautionnée par les pouvoirs publics. Comme disait déjà L’Internationale : « Nul devoir ne s’impose aux riches…»

Lancée par Caroline Yadan, proche de Netanyahou, et relayée par une partie du centre et de la droite, la campagne pour tenter d’évincer Francesca Albanese, la rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens, se poursuit. Cette fois c’est le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, qui est entré dans la danse en déclarant qu’elle devait démissionner. Et toute cette bronca est orchestrée à partir d’une phrase – « Israël est l’ennemi commun de l’humanité » – qu’elle n’a en fait jamais prononcée. Un faux monté de toutes pièces par les gouvernants israéliens et relayé complaisamment par leurs relais sionistes dans l’Hexagone, notamment à la Chambre des députés où siège Caroline Yadan. Et Barrot leur emboîte le pas sans état d’âme, avec le soutien de Macron.

Dans cette petite commune de 15 000 habitants de la région parisienne, une liste d’extrême droite (Rassemblement national et Union des droites pour la République), conduite par un dirigeant local du RN, se présente aux prochaines élections municipales. On trouve parmi ses membres un certain Isaac Barbichat, farouche admirateur de Donald Trump. Mais il se trouve qu’il est également l’un des dirigeants du Consistoire israélite de Paris, une des principales organisations juives de l’Hexagone. Que ce monsieur puisse se retrouver sur la même liste que des membres d’un courant politique porté sur les fonts baptismaux par des anciens collabos, partisans du génocide juif commis par les nazis, montre jusqu’à quelle ignominie peut conduire l’hostilité à l’égard des musulmans en général, et des Arabes en particulier, surtout s’ils sont Palestiniens.

Des parlementaires du parti présidentiel Renaissance demandent à Emmanuel Macron d’œuvrer au départ de la juriste italienne Francesca Albanese, la rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens, et, à ce titre, porte-voix des Palestiniens au sein de l’organisation internationale. Ils affirment, pour appuyer leur demande, que « le 7 février dernier, lors d’un forum organisé par Al-Jazira à Doha […] elle a désigné Israël comme ennemi commun de l’humanité ». Or cette phrase est complètement inventée et ne figurait pas dans son discours qui, par contre, était très critique de la politique israélienne à Gaza et en Cisjordanie. Sans surprise, la première signataire de cette lettre a été Caroline Yadan, représentante des Français de l’étranger, dont la proximité avec Netanyahou n’est plus à démontrer. C’est la même qui est à l’origine d’un projet de loi visant à interdire comme « antisémite » toute critique de l’État sioniste. Une manœuvre de bas étage alimentée par la haine des Palestiniens.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz et le Premier ministre belge Bart De Wever sont quelques uns des participants à la réunion annuelle des industries européennes de la chimie qui se déroule durant deux jours à Anvers, en Belgique, en présence de 450 dirigeants d’entreprises et cadres supérieurs. Leur but : obtenir plus de subventions et des mesures protectionnistes notamment contre la concurrence chinoise. Autre point abordé : le prétendu excès de réglementation, notamment en matière de protection de l’environnement. Ils risquent d’obtenir satisfaction sur tous ces points. Ainsi, selon l’ONG Corporate Europe Observatory, ce lobby de la chimie a obtenu plus de 200 réunions avec les commissaires européens pour les convaincre d’assouplir les règles d’autorisation des produits dangereux. Et ça a marché. L’Europe n’a décidément rien à refuser rien à ses patrons, surtout aux plus gros d’entre eux.