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Brèves

L’actualité en bref

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a dénoncé les « crimes de guerre » du Hezbollah après la mort de deux soldats français qui faisaient partie des casques bleus de l’ONU. Il a ajouté : « On veut surtout que les responsables soit punis pour les crimes qu’ils ont commis » assurant que la France faisait pression sur les autorités libanaises pour obtenir des informations. Mais, dans le même temps, pas un mot sur les « crimes de guerre » commis dans le pays par Israël dont l’intervention a fait au moins un millier de morts (dont 116 enfants), 2 500 blessées (dont 334 enfants), plus d’un million de personnes déplacées alors que l’armée sioniste rasait plus d’une cinquantaine de villages, interdisant à leurs habitants de revenir. Il s’agit non seulement de « crimes de guerre » mais aussi de « crimes contre l’humanité » que Barrot et Macron se refusent à voir et à fortiori à condamner.

Une fois n’est pas coutume. Les journalistes de deux titres de la presse économique, Challenges et La Tribune, ont observé un mouvement de grève pour dénoncer les attaques contre leur indépendance venant de leurs propriétaires milliardaires respectifs. Challenges est la propriété du patron du groupe LVMH, Bernard Arnault, et La Tribune appartient à l’armateur Rodolphe Saadé. Les grévistes veulent faire respecter l’intégrité éditoriale et le pluralisme de l’information dans ces deux titres. Ce n’est pas gagné. Il est cependant amusant de noter que ces journalistes de la presse économique, une presse largement favorable aux patrons de tout poil, ne se dressent contre eux que lorsqu’ils s’attaquent à leur pré-carré. Mais, en dehors de ça, ce ne sont pas les derniers à condamner les grèves lorsqu’elles se produisent ailleurs.

Le 21 avril, l’écrivain d’origine algérienne Kamel Daoud, qui vit et publie en France, a été condamné en Algérie à trois ans de prison en vertu d’une loi qui interdit d’évoquer la guerre civile qui a opposé l’armée et la police algériennes aux islamistes de 1992 à 2002 au nom de la « réconciliation nationale ». Au cours de ces affrontements, des massacres ont été commis par les islamistes aussi bien que par la dictature militaire qui a profité de l’occasion pour éliminer des opposants. Daoud, lui-même islamiste repenti, a choisi depuis qu’il vit en France de faire de l’islamophobie son fonds de commerce et de collaborer avec des médias de droite et d’extrême droite comme Le Point et Causeur. L’ancien ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, peu connu pour son amour de la liberté, et l’actuelle ministre de la Culture, Catherine Pégard, se sont empressés de voler à son secours, alors qu’il ne risque guère de purger sa peine, sauf s’il lui venait l’idée de retourner en Algérie. La « justice » n’a pas grand-chose à voir avec ce règlement de comptes entre une dictature militaire liberticide et un intellectuel algérien qui s’est mis au service de l’impérialisme occidental et de la propagande xénophobe.

Le dernier rapport du Lancet Countdown Europe, structure sur l’étude du climat liée à la revue scientifique britannique The Lancet, vient de sortir. Les chiffres, qui portent sur l’année 2024, sont particulièrement alarmants. Ils mettent en lumière les liens étroits entre santé et climat sur le continent européen qui se sont traduits par une hausse des incendies et des cas de dengue, la multiplication des jours de canicule mal vécus par les nourrissons ou les personnages âgées, etc. Les vagues de chaleur ont été directement responsables d’au moins 62 775 décès supplémentaires répartis dans tous les pays. Le continent européen est celui qui se réchauffe le plus vite dans le monde. Tous les voyants sont au rouge mais le capitalisme continue sa course comme si de rien n’était.

Selon Al-Jazeera et Liberty Investigates douze universités, dont les plus prestigieuses du pays (Oxford, Imperial College, London School of Economics, University College, King’s College, etc.) ont payé la société privée de sécurité Horus (Horus Security Consultancy Limited) pour espionner des étudiants et des enseignants-chercheurs pro-palestiniens au nom de l’évaluation « de menaces terroristes ». Depuis 2022 Horus a reçu au moins 440 000 livres sterling (plus de 500 000 euros) pour faire son sale boulot qui a consisté notamment à passer au crible les réseaux sociaux animés par les étudiants, à espionner leurs réunions et à passer au crible le profil des personnalités invitées à s’exprimer dans les locaux universitaires. Ce flicage s’ajoute aux interdictions des meetings pro-palestiniens et aux sanctions prises à l’égard de celles et ceux qui les animent.

Un rapport publié sous l’égide du Conseil norvégien pour les réfugiés montre que les colons et les soldats israéliens utilisent de plus en plus le harcèlement sexuel pour accélérer le nettoyage ethnique des Palestiniens. L’intérêt de ce document accablant, intitulé Violences sexuelles et déplacements forcés en Cisjordanie, n’est pas seulement de rappeler les effets de la colonisation et de l’occupation sur les populations palestiniennes mais aussi de mettre en lumière le type de violence, sexiste et sexuelle, opérée par les colons israéliens. À noter que ces derniers n’ont pas hésité à filmer « leurs exploits » et à poster ensuite des vidéos sur les réseaux sociaux. Une infamie de plus…

Le quotidien américain le New-York Times a consacré un long article au milliardaire français Pierre-Édouard Stérin, exilé fiscal en Belgique depuis plus de dix ans mais qui utilise sa fortune pour promouvoir les idées de droite et d’extrême droite en structurant un écosystème complet incluant formation de candidats, financement de médias, mais aussi soutien à des groupes de réflexion et à des influenceurs proches de la fachosphère. Il affirme au journal que ses instituts ont formé au moins 4 000 candidats lors des dernières élections municipales. Stérin confie au journaliste qui l’interviewe : « Je rêve d’une France qui redécouvre ses racines chrétiennes », plus libérale économiquement, plus conservatrice sur les questions de société et beaucoup plus restrictive en matière d’immigration. « Je suis même plus à droite que l’extrême droite sur l’immigration », assume-t-il encore. Avec bien sûr un couplet contre les musulmans : « Si rien n’est fait, la France pourrait devenir dans 50 ans la première république islamique d’Europe. » La société dont il rêve interdirait donc l’avortement, effectuerait des couples claires dans le secteur social et privatiserait à tout-va. Et pour conclure il dit espérer, à terme, être « canonisé comme un saint » en finançant des projets chrétiens. Un illuminé d’extrême droite parmi d’autres qui a cependant des moyens financiers solides pour parvenir à ses fins. Ce qui le rend d’autant plus dangereux…

Le gouvernement a annoncé des mesures d’économies supplémentaires pour compenser l’effet de la guerre au Moyen-Orient dont l’impact est estimé par Bercy entre 4 et 6 milliards d’euros. Sont notamment pointés du doigt la hausse des taux d’intérêt et de la charge de la dette. Sur ces six milliards, quatre concerneront les dépenses civiles des différents ministères et deux le budget de la Sécurité sociale. Ces mesures toucheront l’ensemble de la population sauf… les très riches qui échappent à nombre d’impôts, le gouvernement se refusant toujours de les faire passer à la caisse. Quant aux superprofits des entreprises, pas question non plus d’y toucher. Une nouvelle dose d’austérité pour les classes populaires.

Au moment même où Lecornu faisait ses annonces d’économie budgétaire, les députés entamaient l’examen en commission d’une révision de la loi de programmation militaire 2024-2030 qui prévoit une augmentation de 36 milliards du budget de l’armée. Dès le départ le gouvernement avait fait savoir que les parlementaires pourraient discuter des points de détail du texte mais qu’il était hors de question de revenir à la baisse sur le montant alloué, la défense étant devenue « la priorité des priorités »… avant l’école, la santé ou les autres services publics. Encore une fois l’austérité est pour tout le monde… sauf pour les riches et les galonnés.