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Brèves

L’actualité en bref

La Maison des métallos, établissement culturel de la ville de Paris situé dans le 11e arrondissement, est occupée depuis le 6 avril par une centaine de jeunes sans domicile fixe. Ces derniers se sont invités dans les lieux avec l’aide d’un collectif. La dernière des sept occupations en date était celle du centre culturel le Centquatre, dans le 19e arrondissement, où une centaine de jeunes migrants avaient envahi les lieux avant d’être mis à l’abri dans différents gymnases de la capitale. Au total, cette série d’occupations a conduit la ville de Paris à prendre en charge 450 jeunes mis à l’abri au sein de cinq équipements parisiens. Aujourd’hui ces locaux arrivent à saturation. La ville de Paris a repéré plusieurs bâtiments totalement vides qui pourraient servir d’hébergement d’urgence (Hôtel-Dieu, l’ancien siège de l’Assistance publique, l’hôtel Marriott ou les locaux du Val-de-Grâce) mais l’État refuse de les réquisitionner. En vue des Jeux olympiques, il préfère faire la chasse aux migrants et les éloigner par tous les moyens de la capitale.

À une centaine de jours de l’ouverture des Jeux olympiques et paralympiques, la Seine est, selon l’ONG Surfrider, toujours aussi polluée notamment par la bactérie fécale Escherichia. Treize des quatorze mesures effectuées depuis septembre 2023 sont toujours dans le rouge, malgré le milliard et demi d’euros d’argent public investi dans les stations d’épuration. Ce qui risque de remettre en question les épreuves de natation en eau libre… mais aussi les promesses d’Emmanuel Macron et d’Anne Hidalgo de piquer une tête dans le fleuve purifié.

Selon le dernier classement du magazine américain Forbes, la France comptait en 2018 40 milliardaires. Ils sont 53 aujourd’hui, soit une progression de 32,5 %. Parmi les derniers arrivés dans ce gotha des privilégiés on trouve Hélèna et Rémi Dassault, du groupe du même nom, et Daniel et Bris Rocher, de la maison de cosmétiques Yves Rocher. Les quatre se retrouvent à la tête de 2,5 millards d’euros, loin derrière le champion toutes catégories dans ce domaine, Bernard Arnault, pédégé du groupe de luxe LVMH, l’homme le plus riche du monde qui affiche 210 milliards d’euros au compteur. Mais on attend toujours le fameux « ruissellement » promis par Macron vers les plus pauvres.

Une manifestation a eu lieu devant le palais du Luxembourg pour protester contre la visite d’Amir Ohana, le président de la Knesset, le parlement israélien. Il a été reçu par le président du Sénat, Gérard Larcher, avant d’être auditionné par la commission des Affaires étrangères. Proche de Benyamin Netanyahou, Ohana, 48 ans, a passé six ans dans l’armée israélienne avant de rejoindre le Shin Bet, le service de renseignement intérieur spécialisé dans la chasse aux Palestiniens. Comme ministre de la Sécurité publique, il interdit en 2020 la vaccination des détenus palestiniens contre le Covid, avant de faire marche arrière suite au tollé suscité par cette mesure. En 2021 il fait libérer des Israéliens qui avaient assassiné un Palestinien et congratulait un policier qui avait abattu un handicapé mental arabe. Une autre de ses œuvres : essayer de chasser de la Knesset les rares députés qui s’opposent à l’opération milliaire à Gaza. Une belle crapule reçue avec les honneurs par la République française.

Le ministre de la Fonction publique, Stanislas Guerini, a lancé mardi dernier la concertation autour de son projet de réforme de la fonction publique. Mais dès le lendemain, il affirmait dans Le Parisien vouloir lever « le tabou du licenciement dans la fonction publique ». Cette déclaration n’a pas manqué de faire réagir syndicats et partis de gauche, ces derniers dénonçant le franchissement d’« une ligne rouge ». Car ce qu’a en tête le ministre c’est ni plus, ni moins, la remise en cause de la relative garantie de l’emploi dont jouissent les fonctionnaires. Et pour lui faire remballer son sinistre projet il faudra bien plus que des discussions autour d’une table mais une mobilisation massive dans la rue et sur lieux de travail des premiers concernés.

Cela peut sembler un paradoxe. L’Ordre des médecins – un solide bastion de la médecine libérale – s’inquiète de l’emprise croissante des fonds d’investissement dans la santé par le biais de rachat de laboratoires, de cabinets de radiologie, de centres dentaires… Dans un communiqué, l’Ordre demande aux pouvoirs publics d’intervenir et réclame un nouveau texte pour lutter contre la financiarisation des cabinets médicaux libéraux individuels ou de groupe, en interdisant toute entrée au capital par des fonds d’investissement. Il souhaite que cette interdiction ait un « caractère rétroactif ». Ces fonds financiers sont notamment accusés d’imposer, une fois qu’ils ont la main sur une structure, des exigences de gestion contradictoires avec le bon fonctionnement du système de soins, comme une multiplication des actes et examens particulièrement coûteux. L’Ordre dénonce « la lucrativité pour seule finalité, au détriment de la santé publique ». Une constatation tout à fait exacte. Mais il y a longtemps que les groupes capitalistes ont phagocyté le système de la santé en multipliant les hôpitaux, cliniques et centres médicaux privés, et en pompant l’argent des malades et de la Sécurité sociale par le biais des grands groupes pharmaceutiques. La seule solution au problème serait l’intégration de toutes les structures existantes et de tous les médecins dans un grand service national de santé qui irait de pair avec l’expropriation et la socialisation de l’industrie pharmaceutique. Mais de cela l’Ordre des médecins ne veut évidemment pas en entendre parler.

Le roi de Bahreïn a promulgué un décret pour gracier 1 584 personnes condamnées dans des affaires de droit commun ou pour participation à des manifestations. Cette monarchie du Golfe – étroitement soutenue par l’Arabie saoudite – a la particularité d’avoir à sa tête une famille régnante sunnite dans un pays où les chiites représentant 65 % de la population qui compte 1,5 million d’habitants. En 2011, à l’époque du Printemps arabe, Bahrein avait connu d’immenses manifestations contre la monarchie, principalement menées par la population de confession chiite mais très vite rejointes par toutes les couches de la population. La répression fut féroce et plusieurs milliers de personnes se retrouvèrent derrière les barreaux. Et beaucoup y sont encore.

La Diète japonaise, dominé par le très conservateur Parti libéral-démocrate du Premier ministre Fumio Kishida, vient de voter un budget de 48,3 milliards d’euros consacré à la défense et à l’armement. Un record jamais atteint jusqu’à présent. Pour allouer une telle somme à son armée, le gouvernement de droite n’a pas hésité à couper dans les rares acquis sociaux (notamment la santé et les retraites) de la population, confrontée à une hausse du coût de la vie depuis quasiment deux ans. Et si la Constitution, héritée de la Seconde Guerre mondiale, inscrit la « paix perpétuelle » dans ses objectifs, Kishida s’assoit dessus et ne cesse d’aller plus avant dans sa politique militaire. Il voudrait aujourd’hui une coopération plus étroite avec les États-Unis en créant une grande force militaire intégrée regroupant les forces nippones et les quelque 50 000 soldats américains présents sur l’archipel, notamment à Okinawa. Ces dépenses militaires record viennent aussi exacerber les tensions croissantes sur les mers de Chine orientale et méridionale orchestrées par les rivalités qui opposent la Chine et les États-Unis et leurs alliés au nombre desquels, bien sûr, le Japon.

D’après l’hebdomadaire Le Nouvel Obs, Emmanuel Macron remettrait à Michel Sardou les insignes de grand officier de l’ordre national du Mérite lors d’une cérémonie prévue en juin. La nouvelle a provoqué une certaine indignation à gauche où Sardou est surtout connu comme partisan du colonialisme (Le temps des colonies), de l’école privée (Les deux écoles) ou de la soumission des femmes qu’il a envie « de violer et de les forcer à m’admirer » (Les villes de solitude). Un tel réac méritait bien d’être honoré par le locataire de l’Élysée. Mais il est difficile de distinguer quel est exactement son « mérite ».