Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Plus de 12 300 enfants sont morts à Gaza depuis quatre mois, soit environ 40 % des plus de 30 000 victimes recensées depuis le début de la guerre d’Israël contre les Palestiniens. « Le nombre d’enfants présumés tués en seulement quatre mois à Gaza est plus élevé que le nombre d’enfants tués en quatre ans dans l’ensemble des conflits à travers le monde », a assuré Philippe Lazzarini, le patron de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens. Aux victimes des bombardements s’ajoutent désormais celles de la faim, de la déshydratation, des maladies et du manque de soins. Une guerre génocidaire menée par un État colonial et soutenue entre autres par les États-Unis et la France.

Le Parlement européen vient d’autoriser la circulation des « méga-camions », des véhicules longs de 25 mètres et pesant 60 tonnes. La pollution supplémentaire, l’entretien des infrastructures et la sécurité des usagers de la route, rien de tout cela ne compte au regard des profits des grandes entreprises du transport routier. Pendant ce temps, le fret ferroviaire, mode de transport bien plus sécurisé et bien moins polluant, continue de perdre du terrain faute de financements suffisants…

La Cour des comptes vient d’annoncer qu’il faudrait faire 50 milliards d’économies supplémentaires dans le budget 2025 et que « l’effort devrait être massif ». Le rôle de cette institution est d’une manière générale de justifier à l’aide d’études chiffrées présentées comme « objectives » les sacrifices imposés aux classes populaires. Car, comme on s’en doute, c’est toujours aux mêmes que le pouvoir va demander cet « effort massif ». Pas aux milliardaires comme Bolloré ou Arnault dont les fortunes ne cessent de gonfler, ni à ceux qui placent leurs profits dans des paradis fiscaux. D’ailleurs, Pierre Moscovici, président de cette Cour des comptes, a déclaré au quotidien Les Échos que « la sphère sociale » représentait la moitié des dépenses. Il faut donc s’attendre à de nouvelles coupes dans les budgets sociaux, au détriment des hôpitaux et de l’éducation nationale, de nouvelles attaques contre les chômeurs et les retraites. Les généraux, eux, n’ont pas à s’inquiéter : le budget militaire devrait doubler d’ici 2030 jusqu’à représenter 60 milliards d’euros. À moins que la « sphère sociale » ne s’en mêle d’ici là…

Trente-trois anciens élèves de l’école de Notre-Dame de Bétharram, proche de Pau, viennent de déposer une plainte contre les sévices qu’ils ont subis dans cet établissement religieux. Les coups, humiliations, traitements dégradants et viols étaient monnaie courante dans cette institution huppée à vocation élitiste où la bourgeoisie régionale envoyait ses enfants dans l’espoir qu’ils s’y fassent des relations utiles pour leurs carrières futures. Les informations qui avaient filtré et les rares plaintes de parents d’élève avaient toujours été étouffées avec des méthodes dignes de la maffia : menaces et chantages notamment. Un prêtre violeur avait même été exfiltré en Italie, à Rome, où on avait retrouvé son cadavre dans le Tibre dans des conditions mystérieuses… Bétharram est loin d’être le seul établissement religieux éclaboussé par des scandales de ce genre.
Ces violences sont les conséquences des mœurs rétrogrades, du fonctionnement de secte et de l’idéologie obscurantiste de l’Église, qui ne s’est « modernisée » et « libéralisée » qu’en apparence.

Dans une interview au Monde, Zelensky vient de déclarer : « Vos enfants ne vont pas mourir en Ukraine. » Il faisait référence aux récentes déclarations de Macron qui envisageait d’envoyer des troupes au sol en Ukraine, qui ont suscité une certaine inquiétude. À la veille d’un vote du Parlement français sur l’aide à l’Ukraine, Zelensky souligne ainsi qu’il ne demande pour le moment que de l’argent, des armes et des techniciens pour les faire fonctionner ou former leurs opérateurs. Du moins tant que l’armée ukrainienne tient, a-t-il aussi précisé. Dans une guerre de ce genre, tout peut en effet évoluer et basculer. On n’est pas dans un match dont les équipes en compétition observent les règles. Ce qui semblait exclu hier ne l’est plus aujourd’hui, comme la fourniture de chars lourds, d’avions F 16 et de missiles à longue portée. Voire de soldats selon Macron. Quand on met le doigt dans l’engrenage, on ne sait jusqu’où ça peut aller. Malgré sa volonté de tranquilliser les députés pour obtenir de l’aide, Zelensky n’est pas plus rassurant que Macron.

Le président de l’Argentine, Javier Milei, après avoir supprimé les aides alimentaires distribuées à des millions de personnes par le biais d’associations populaires, vient de s’augmenter lui-même de 50 %. Cette rallonge a suscité un tel scandale que Milei s’est senti obligé de prétendre que cette décision avait été prise par son ministre du Travail. Et il a viré celui-ci… à la télévision, en direct. En réalité, Milei avait signé le décret qui lui accordait cette augmentation en même temps qu’à un certain nombre de politiciens et hauts fonctionnaires.

Depuis que ce démagogue d’extrême droite est parvenu à la présidence en novembre 2023, le pourcentage d’Argentins qui vivent en dessous du seuil de pauvreté est passé de 44,7 % à 57,4 %. Il se vante d’avoir augmenté le salaire minimum de 30 %, mais c’est très loin de compenser l’inflation qui a été de 211 % en un an, de sorte que les revenus réels des travailleurs ont chuté. Selon les déclarations de Milei au forum de Davos, « le capitalisme et la libre entreprise sont les seuls outils capables de mettre fin à la pauvreté ». En fait, Milei a déclenché une véritable guerre sociale contre les classes populaires pour permettre aux capitalistes de s’enrichir sans retenue. Et il ne s’oublie pas au passage. Mais les travailleurs argentins ont montré plus d’une fois leur combativité et ils pourraient lui réserver des surprises.

Les 29 février, 1er et 7 mars, la majorité des agents du service « gestion des droits » ont débrayé pour obtenir le rétablissement de l’accueil sans rendez-vous pour répondre aux questions sur les droits à l’allocation chômage. Existant depuis des années, cette possibilité a été supprimée au fur et à mesure par la direction, renvoyant les chômeurs vers le téléphone ou internet. Ce qui ne l’empêche de demander aux employés de rendre un service de « qualité ». Les grévistes ont fait signer une pétition au public présent ces jours-là. La direction reste pour l’instant sur sa position mais accepte enfin de recevoir les agents lundi 11 mars.

Lundi 4 mars, le site de l’agence de presse publique argentine, Telam, a été désactivé, ses bâtiments clôturés et ses 700 travailleurs licenciés par décret du président d’extrême droite. Milei avait présenté dès janvier un paquet de lois et décrets d’austérité, de répression des mouvements sociaux et de reculs des droits des travailleurs. Mais sa loi « omnibus », une sorte de « loi Travail » XXL, a été contestée par des grèves et des manifestations, puis reportée faute d’une majorité au Parlement pour l’adopter en urgence. L’extrême droite n’aime la presse que lorsqu’elle est aux mains des milliardaires. Mais même lorsqu’elle est au pouvoir, les travailleurs ont les moyens de la faire reculer.

Cédric Herrou, agriculteur militant pour les droits humains des migrants dans la vallée de la Roya (frontière entre la France et l’Italie) a posté une vidéo témoignant des contrôles au faciès par les militaires de l’opération Sentinelle. Samedi 9 mars, des soldats, qui pourtant n’ont pas le droit de faire des contrôles d’identité, ont arrêté sa fourgonnette pour savoir si les personnes noires dans sa voiture avaient des papiers. Petit-fils d’immigrés, Cédric Herrou lutte pour l’accueil des migrants en détresse et n’a de cesse de dénoncer cette chasse à l’homme. Il a toute notre solidarité.