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Brèves

L’actualité en bref

Dans une interview au Monde, Zelensky vient de déclarer : « Vos enfants ne vont pas mourir en Ukraine. » Il faisait référence aux récentes déclarations de Macron qui envisageait d’envoyer des troupes au sol en Ukraine, qui ont suscité une certaine inquiétude. À la veille d’un vote du Parlement français sur l’aide à l’Ukraine, Zelensky souligne ainsi qu’il ne demande pour le moment que de l’argent, des armes et des techniciens pour les faire fonctionner ou former leurs opérateurs. Du moins tant que l’armée ukrainienne tient, a-t-il aussi précisé. Dans une guerre de ce genre, tout peut en effet évoluer et basculer. On n’est pas dans un match dont les équipes en compétition observent les règles. Ce qui semblait exclu hier ne l’est plus aujourd’hui, comme la fourniture de chars lourds, d’avions F 16 et de missiles à longue portée. Voire de soldats selon Macron. Quand on met le doigt dans l’engrenage, on ne sait jusqu’où ça peut aller. Malgré sa volonté de tranquilliser les députés pour obtenir de l’aide, Zelensky n’est pas plus rassurant que Macron.

Le président de l’Argentine, Javier Milei, après avoir supprimé les aides alimentaires distribuées à des millions de personnes par le biais d’associations populaires, vient de s’augmenter lui-même de 50 %. Cette rallonge a suscité un tel scandale que Milei s’est senti obligé de prétendre que cette décision avait été prise par son ministre du Travail. Et il a viré celui-ci… à la télévision, en direct. En réalité, Milei avait signé le décret qui lui accordait cette augmentation en même temps qu’à un certain nombre de politiciens et hauts fonctionnaires.

Depuis que ce démagogue d’extrême droite est parvenu à la présidence en novembre 2023, le pourcentage d’Argentins qui vivent en dessous du seuil de pauvreté est passé de 44,7 % à 57,4 %. Il se vante d’avoir augmenté le salaire minimum de 30 %, mais c’est très loin de compenser l’inflation qui a été de 211 % en un an, de sorte que les revenus réels des travailleurs ont chuté. Selon les déclarations de Milei au forum de Davos, « le capitalisme et la libre entreprise sont les seuls outils capables de mettre fin à la pauvreté ». En fait, Milei a déclenché une véritable guerre sociale contre les classes populaires pour permettre aux capitalistes de s’enrichir sans retenue. Et il ne s’oublie pas au passage. Mais les travailleurs argentins ont montré plus d’une fois leur combativité et ils pourraient lui réserver des surprises.

Les 29 février, 1er et 7 mars, la majorité des agents du service « gestion des droits » ont débrayé pour obtenir le rétablissement de l’accueil sans rendez-vous pour répondre aux questions sur les droits à l’allocation chômage. Existant depuis des années, cette possibilité a été supprimée au fur et à mesure par la direction, renvoyant les chômeurs vers le téléphone ou internet. Ce qui ne l’empêche de demander aux employés de rendre un service de « qualité ». Les grévistes ont fait signer une pétition au public présent ces jours-là. La direction reste pour l’instant sur sa position mais accepte enfin de recevoir les agents lundi 11 mars.

Lundi 4 mars, le site de l’agence de presse publique argentine, Telam, a été désactivé, ses bâtiments clôturés et ses 700 travailleurs licenciés par décret du président d’extrême droite. Milei avait présenté dès janvier un paquet de lois et décrets d’austérité, de répression des mouvements sociaux et de reculs des droits des travailleurs. Mais sa loi « omnibus », une sorte de « loi Travail » XXL, a été contestée par des grèves et des manifestations, puis reportée faute d’une majorité au Parlement pour l’adopter en urgence. L’extrême droite n’aime la presse que lorsqu’elle est aux mains des milliardaires. Mais même lorsqu’elle est au pouvoir, les travailleurs ont les moyens de la faire reculer.

Cédric Herrou, agriculteur militant pour les droits humains des migrants dans la vallée de la Roya (frontière entre la France et l’Italie) a posté une vidéo témoignant des contrôles au faciès par les militaires de l’opération Sentinelle. Samedi 9 mars, des soldats, qui pourtant n’ont pas le droit de faire des contrôles d’identité, ont arrêté sa fourgonnette pour savoir si les personnes noires dans sa voiture avaient des papiers. Petit-fils d’immigrés, Cédric Herrou lutte pour l’accueil des migrants en détresse et n’a de cesse de dénoncer cette chasse à l’homme. Il a toute notre solidarité.

La guerre de Netanyahou à Gaza déjà fait plus de 30 000 morts, des milliers de blessés et 2 millions de réfugiés qui meurent de faim, car l’armée israélienne qui a détruit toutes les infrastructures et bloque l’accès de l’aide humanitaire, notamment depuis l’Égypte. Aux USA, Biden critique le gouvernement israélien, mais il continue à l’alimenter en munitions. Après avoir largué quelques colis alimentaires qui ne sont qu’une goutte d’eau par rapport aux besoins des Gazaouis, les États-Unis évoquent à présent un « ponton provisoire » dans la Méditerranée pour amplifier l’aide humanitaire… Mais c’est la destruction causée par le soutien à Netanyahou et les armes américaines qui ont provoqué la catastrophe humanitaire à Gaza !

En panne d’inspiration, les élus de droite et d’extrême droite ont réussi à inventer une nouvelle polémique en attaquant l’affiche officielle des Jeux olympiques. Loin de critiquer l’exploitation des ouvriers sans-papiers sur les chantiers ou le coût faramineux des JO, ils ont hurlé au scandale, car il manque une croix chrétienne sur un monument et un drapeau tricolore. Peu importe que l’artiste ait dessiné sur l’affiche une Tour Eiffel rose et la mer à côté de Paris, pour les éditorialistes qui s’excitent dans les médias de Bolloré, tout est bon pour faire le buzz et ressasser leurs idées moisies.

Après avoir évoqué l’envoi de troupes en Ukraine, Macron en rajoute. Lui qui ne voulait « pas humilier » le dictateur Poutine et qui le laissait réprimer les révoltes populaires en Biélorussie et au Kazakhstan joue maintenant au chef de guerre. C’est soi-disant pour aider le peuple ukrainien qu’il pourrait y envoyer des militaires. Au Mali, en Centrafrique ou en Afghanistan, on la connaît la fameuse « aide » militaire française ! Il y a certainement des manœuvres politiciennes et électoralistes derrière les déclarations de Macron. Mais surtout des calculs impérialistes, pour le compte des marchands d’armes et des capitalistes français qui veulent défendre leurs intérêts dans la région, quoi qu’il en coûte… aux classes populaires qui serviront de chair à canon. Que Macron lance un coup de sonde ou prépare un vrai projet, cela ne change rien à la menace bien réelle de guerre qu’entretiennent les dirigeants de ce monde capitaliste. Notre réponse à ceux qui parlent de « réarmement démographique » et veulent relancer le service militaire : on ne crèvera pas pour le patronat et les politiciens à leur service !

Ce 8 mars, la population irlandaise a majoritairement rejeté par référendum un dépoussiérage de la Constitution au sujet de la famille et de la place des femmes. Pendant longtemps, le pays a été sous la coupe de l’Église catholique, imposant ses conceptions particulièrement rétrogrades. Ces dernières années, la situation a pourtant changé, avec la légalisation (déjà par référendum) du mariage entre personnes de même sexe en 2015 et de l’IVG en 2018. Cette fois, il s’agissait d’élargir la notion de famille aux « relations durables » hors mariage et d’éliminer la mention que le devoir des femmes est de prendre soin de leur foyer (pour la remplacer par une assistance mutuelle de tous les membres). Le « non » l’a emporté alors que les sondages indiquent qu’une majorité de la population serait favorable à se débarrasser des vieilleries de la Constitution. Il semble que les amendements proposés par le gouvernement aient été trop confus et ne faisant les choses qu’à moitié. Les militantes féministes reprochent par exemple au texte de déresponsabiliser l’État en laissant le poids du « care » à la famille… et donc de fait toujours aux femmes. Avec 44 % de participation, seuls les plus réacs se sont donc déplacés.

Comme pour l’IVG en France, ce changement constitutionnel était surtout symbolique et déjà en retard sur la réalité sociale. Le changement réel de la place des femmes viendra surtout de leurs luttes.