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Brèves

L’actualité en bref

La psychose des punaises de lit, qui s’était répandue à l’automne dernier, a été manipulée par la Russie, a affirmé le ministre français délégué à l’Europe, Jean-Noël Barrot. Interrogé sur TF1 à propos des tentatives de déstabilisation qui seraient conduites par la Russie, le ministre est revenu sur cette affaire. « La polémique des punaises de lit […] a été artificiellement amplifiée sur les réseaux sociaux par des comptes dont il a été établi qu’ils sont d’inspiration ou d’origine russe, avec même un lien faux créé entre l’arrivée de réfugiés ukrainiens et la diffusion des punaises », a-t-il déclaré. Sept établissements scolaires et des classes avaient été fermés et des cas signalés dans les cinémas, des trains et chez des particuliers, tous n’étant pas avérés. Et si quelques crétins d’extrême droite avaient fait le lien, sur les réseaux sociaux, entre ces insectes nuisibles et les migrants – notamment Ukrainiens – de là à y voir la main du Kremlin il y a un grand pas… que Barrot franchit allègrement. Sauf à vouloir prouver que Poutine, inquiet de la pseudo-stature internationale d’homme d’État de Macron, serait prêt à tout pour lui chercher sinon des poux dans la tête, du moins des punaises dans le lit !

À propos d’une éventuelle grève pendant les Jeux olympiques, le ministre des Transports, Patrice Vergriete, a déclaré : « Je ne crois pas un seul instant que les ouvriers, que les salariés, que les syndicats mettront en péril l’image de la France ou l’image de leur entreprise aux yeux du monde entier. Ce n’est pas du tout dans la culture ouvrière, on est attaché à l’image de son entreprise et de son pays quand on est un ouvrier ou un syndicaliste. » Le ministre se trompe. JO ou pas, la culture ouvrière, c’est la lutte collective, comme lors des grandes grèves de juin 1936 ou de mai 1968. N’en déplaise à l’image de la France et des entreprises !

L’Association des universitaires pour le respect du droit international en Palestine a publié une interview de Sofia Orr, objectrice de conscience de 18 ans, qui explique pourquoi elle s’en est toujours tenue à sa décision, malgré la répression exercée en Israël contre ceux qui s’opposent à la guerre. Elle s’était présentée fin février au centre de recrutement de Tel Hashomer, près de Tel Aviv, entourée de supporters venus lui manifester son soutien. Elle y a déclaré son refus d’effectuer son service militaire, afin de protester contre la guerre menée par Israël à Gaza et l’occupation permanente de la Cisjordanie. « Les gens disent que je suis naïve et antisémite – que je suis une traître », déclare-t-elle, bien décidé malgré tout à continuer son combat. « L’atmosphère actuelle est beaucoup plus violente contre mes convictions, donc évidemment j’ai encore plus peur, mais je pense qu’exprimer une voix de résistance est en ce moment ce qu’il y a de plus important » avait-elle confié. Elle a été condamnée à une peine initiale de 20 jours de détention dans la prison militaire de Neve Tzedek, qui sera prolongée si elle persiste dans son refus de s’enrôler. Sofia Orr est la seconde jeune israélienne à refuser publiquement la conscription pour des raisons politiques, après Tal Mitnick en décembre dernier.

Le journaliste Souleimane Raissouni, détenu depuis 2020, est à nouveau en grève de la faim. L’ex-rédacteur en chef du quotidien Akbar Al-Yaoum, très critique du pouvoir, conteste la saisie par l’administration pénitentiaire de sa correspondance avec le romancier ukrainien Andreï Kourkov. Il avait été condamné à cinq ans de prison pour une pseudo « agression sexuelle », fait qu’il a toujours réfuté et qui, pour ses soutiens, n’était qu’un prétexte pour le faire taire. En 2021, il avait déjà cessé de s’alimenter durant 122 jours pour protester contre ses conditions de sa détention. Le Comité pour la protection des journalistes, basé à New York, s’est dit « choqué » par le « harcèlement » dont il fait l’objet « privé du droit légitime d’envoyer des lettres » et a demandé sa libération.

Selon les ONG Iran Human Rights et Ensemble contre la peine de mort, l’Iran a exécuté au moins 834 personnes en 2023, soit une augmentation de 43 % par rapport à 2022 et le chiffre le plus haut enregistré depuis 2015. « C’est la seconde fois en 20 ans que le nombre d’exécutions dépasse le seuil de 800 par an », font valoir ces organisations, qui dénoncent un bilan « effroyable ». Ces statistiques n’incluent pas les personnes « tuées lors des manifestations » ou dans « d’autres exécutions extrajudiciaires à l’intérieur et à l’extérieur des prisons ». Une dictature sanguinaire dans ses œuvres.

L’ONG Reporters sans frontières (RSF) a annoncé à Bruxelles l’aboutissement de son projet de bouquet satellitaire offrant à la population russe « une information indépendante », produite en grande partie par des journalistes russes qui ont dû s’exiler après l’invasion de l’Ukraine. Baptisée « Svoboda » (« liberté » en russe), ce bouquet se veut « une preuve que les démocraties peuvent exporter un journalisme indépendant et inverser la logique de la propagande », qui « abreuve » les citoyens russes via les médias contrôlés par l’État. Il s’agit de pouvoir « parler de guerre et de crimes de guerre » à propos de l’Ukraine et non d’« une opération militaire spéciale » (l’expression de Vladimir Poutine). L’offre de Svoboda est destinée aux téléspectateurs de Russie, ainsi qu’au public russophone des pays limitrophes, comme le Belarus, ou des territoires d’Ukraine occupés par les troupes russes. Elle est constituée dans un premier temps de neuf chaînes de radio et télévision. L’objectif, à terme, est d’en accueillir jusqu’à 25. Le projet, financé par l’ONG, bénéficie des capacités de diffusion du groupe Eutelsat, avec sa constellation de satellites « Hotbird ». Si offrir aux téléspectateurs russes un pluralisme d’informations est, en soi, une bonne chose, il reste à savoir qui sera garant du sérieux de l’information diffusée par ces chaînes qui risquent fort d’être, peu ou prou, des portes-voix du capitalisme occidental.

France Info a enquêté, deux mois après son installation, sur le préfabriqué du parking du Nouvel Hôpital civil de la ville, supposé être une réponse ponctuelle à la crise des services des urgences. Et de constater, sans surprise, que si la nouvelle structure, qui peut accueillir huit patients, fluidifie la circulation des véhicules de secours – ambulances et pompiers – elle ne permet pas une prise en charge médicale plus rapide. Car, comme il n’y a pas suffisamment de lits disponibles aux urgences, les patients attendent toujours plus de 12 heures sur des brancards. Le professeur Ferhat Meziani, chef du service des urgences, n’y va pas par quatre chemins. Il estime : « C’est la qualité de la prise en charge des patients qui questionne. La prise en charge est complètement dégradée. » Et de conclure : « C’est une rustine. » Bien dit !

Le salaire du PDG de Stellantis Carlos Tavares a été augmenté de 56 % pour atteindre 36,5 millions par an. Il touche donc 100 000 euros par jour, samedis et dimanches compris. À l’usine, beaucoup de salariés ont cru que c’était par mois tellement la somme paraît hors-sol. Mais il y a plus : les grands actionnaires de Stellantis ont touché 18,6 milliards en 2023, soit +11 % par rapport à 2022, de quoi combler bien des déficits publics. Les familles milliardaires Peugeot et Agnelli, qui n’ont jamais fabriqué une seule voiture de leur vie, se gavent. Le groupe Stellantis fait d’année en année des records de profits, issus de notre exploitation, de l’augmentation des cadences, de l’aggravation des conditions de travail, de nos fiches de paye gelées et des suppressions massives de postes.

Nous avons besoin d’au moins 400 euros net d’augmentation par mois et pas de salaires sous 2000 euros net. Nous ne l’obtiendrons que par la lutte collective.

Dans son dernier rapport, la Banque de France indique que le patrimoine net de tous les ménages s’est envolé ces 15 dernières années, passant de 8 712 milliards d’euros en 2009 à 14 041 milliards lors du deuxième trimestre 2023. Les 10 % des plus fortunés ont ainsi vu leur patrimoine passer de 4 593 milliards d’euros en 2009 à 7 609 milliards fin 2023. Autrement dit, ils détenaient 52,7 % des richesses de l’ensemble des ménages il y a 15 ans, aujourd’hui, c’est 54,2 % du total. En moyenne, un ménage ultra-aisé dispose de 2 418 000 euros, constitués « de biens immobiliers (43 %), d’un peu plus d’actifs financiers (34 %), mais surtout de beaucoup plus de patrimoine professionnel (24 %) », note le rapport. Ce dernier souligne que 60 % des ménages les plus fortunés détiennent 99 % du total de l’immobilier net d’emprunts. En bas de l’échelle, les 50 % les moins aisés disposent d’un patrimoine moyen de 47 000 euros, à base de dépôts sur des livrets d’épargne (46 %) ou d’assurance-vie (10 %) d’un côté, de la propriété d’un bien immobilier (54 %) de l’autre. L’écart entre les uns et les autres continue de se creuser, au profit des plus riches bien sûr.