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Brèves

L’actualité en bref

Chaudement félicité par tout ce que les médias et la classe politique comptent de va-t-en-guerre, Macron vient d’annoncer qu’il envisageait la possibilité d’envoyer des troupes françaises combattre en Ukraine, pour remédier à la pénurie de chair à canon locale. Rodomontades ou préparation de l’opinion à l’élargissement de la guerre ? L’avenir le dira.

Les grandes puissances occidentales, tout comme les petits États qui les suivent dans l’appui au régime de Zelensky, se moquent bien du sort du peuple ukrainien et de son droit à l’autodétermination. Leurs objectifs sont à la fois de contenir les ambitions de l’impérialisme russe, de mettre la main sur les richesses de l’Ukraine, notamment agricoles et minières, de booster le militarisme et de subventionner les marchands de canons. Cette politique guerrière ne peut se faire que sur le dos des classes populaires, avec le financement des engins de mort au détriment des services publics et peut-être demain par le sang.

Non à l’escalade, non à la guerre, non au militarisme !

La dernière Berlinale, le festival international du film de Berlin, a donné lieu à plusieurs manifestations de solidarité avec les Palestiniens. Ainsi, le cinéaste américain Ben Russell, primé pour le film Direct Action, coréalisé avec le Français Guillaume Cailleau, est monté sur scène en portant un keffieh palestinien et en accusant Israël de génocide. L’auteur de documentaires palestinien Basel Adra, qui s’est vu décerner, aux côtés d’un collectif de réalisateurs palestiniens et israéliens, un prix pour No Other Land, un film sur les expulsions de Palestiniens en Cisjordanie, a aussi accusé Israël de massacrer la population palestinienne et a critiqué les ventes d’armes allemandes au régime de l’apartheid. Leurs prises de position ont été très applaudies. Ce qui a provoqué, pêle-mêle, la colère du maire de Berlin, le conservateur CDU Kai Wegner, du député social-démocrate Helge Lindh et d’un autre parlementaire appartenant lui au parti Vert, Konstantion von Notz. Une union sacrée pour hurler à « l’antisémitisme », le tout venant de la part de politiciens qui, depuis le début, sont des soutiens inconditionnels à l’opération militaire israélienne contre les Gazaouis.

Le Premier ministre du gouvernement de l’Autorité palestinienne, Mohammed Shtayyeh, en poste depuis 2019, a remis sa démission au président Mahmoud Abbas. Il s’agit pour Abbas, qui a pris cette mesure sans aucune conséquence pratique dans l’immédiat, de montrer à Washington qu’il est prêt à réformer l’Autorité palestinienne pour qu’elle puisse éventuellement jouer un rôle dans « l’après-Gaza » et la gestion du territoire au lendemain de la guerre. Mais c’est mal barré. D’abord parce que Netanyahou veut imposer à l’avenir un contrôle militaire sur Gaza où l’Autorité n’aura pas son mot à dire. Ensuite parce qu’Abbas, aujourd’hui âgé de 88 ans et élu pour la dernière fois en 2005, est complètement déconsidéré auprès de la population palestinienne qui l’accuse d’incompétence, de corruption et de collaboration avec l’occupant israélien. Bref, vu le nombre de casseroles qu’il se trimballe, il aura un peu de mal à se présenter comme l’homme de la situation.

Alors que le pouvoir d’achat de nombreuses familles est en berne, une étude, publiée tous les deux ans par l’association Dons solidaires, alerte sur l’augmentation de la précarité hygiénique. Selon les chiffres de l’association, six millions de personnes renoncent à l’achat de déodorant et quatre millions se privent de shampoing. Autant de produits qui peuvent faire monter le prix des courses et qui pèsent lourd sur les budgets. Au point qu’aujourd’hui, au supermarché, une personne sur cinq doit choisir entre acheter de quoi manger ou des produits d’hygiène. Mené auprès de 1 801 personnes, le rapport veut mettre en lumière des situations alarmantes qui semblent s’aggraver à grande vitesse. En 2023, 34 % des interrogés affirmaient devoir réduire leur consommation de produits d’hygiène en raison de l’inflation. En 2024 ce pourcentage grimpe à 50 %. Cela représente six millions de personnes qui renoncent à l’achat de déodorant, quatre millions qui se privent de shampoing, ou plus de trois millions qui ne peuvent plus s’acheter de dentifrice.

La chaîne Cnews suscite une nouvelle polémique pour avoir assimilé l’interruption volontaire de grossesse (IVG) à une cause de mortalité, au même titre que le cancer ou le tabac, au cours d’une émission intitulée En quête d’esprit, un programme diffusé en partenariat avec La France catholique, hebdomadaire détenu, tout comme CNews, par le groupe du financier d’extrême droite Vincent Bolloré. L’émission, présentée par Aymeric Pourbaix, était liée au vote du Sénat cette semaine concernant l’inscription de l’IVG dans la Constitution. « En 2022, il y avait 234 300 avortements enregistrés en France. C’est aussi la première cause de mortalité dans le monde, selon l’institut Worldometer : 73 millions en 2022, soit 52 % des décès », avait déclaré Pourbaix, visuel à l’appui. Cette attaque, à peine masquée, contre l’IVG a soulevé une vague de protestations qui a contraint Laurence Ferrari, une des présentatrices vedettes de CNews, à présenter les excuses de la chaîne. Mais ce n’est que partie remise avant que CNews, connue par ses sorties racistes, sexistes, homophobes et anti-LGBT ne remette ça, quitte à ce que l’Arcom, le gendarme de l’audiovisuel et du numérique, lui fasse les gros yeux. Bolloré en a vu d’autres.

Le maire d’extrême droite de la ville, Robert Ménard, a posé fièrement pour la photo en compagnie d’une poignée d’élèves en uniforme. En effet 700 d’entre eux, scolarisés dans quatre écoles locales, essuient les plâtres de cette mesure dénoncée à juste raison par les syndicats comme « une vieille lubie réactionnaire ». L’expérimentation de l’uniforme scolaire, voulue par Gabriel Attal à l’été 2023 lors de son éphémère passage à la tête du ministère de l’Éducation nationale, a enthousiasmé les réacs de tout poil dont Ménard est un digne représentant. « Le port de l’uniforme ne rencontre pas de succès parce que ça ne répond à aucun besoin particulier », a analysé Grégoire Ensel, le président national de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), qui dénonce un écran de fumée sur le manque de moyens et les conditions de travail dégradées. Quant à la CGT Éduc’action elle estime que l’uniforme scolaire viserait principalement les élèves des quartiers populaires, suspectés de ne pas avoir de « sentiment d’appartenance à la communauté nationale » et de ne pas « respecter les valeurs de la République ». Et le syndicat de conclure : « Croire que l’uniforme va lutter contre les inégalités sociales est tout simplement ridicule. » On ne lui fait pas dire…

Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, a annulé 10 milliards d’euros sur les attributions budgétaires. La « transition écologique », les aides à l’acquisition de logement, la PrimRénov sont touchées. Mais c’est surtout l’Éducation nationale (700 millions), l’Enseignement supérieur et la recherche (900 millions) qui sont les plus atteints. Il paraît qu’il faudrait faire des économies ? Que le gouvernement commence par supprimer les 75 milliards d’euros que coûtent au budget les exonérations de cotisations sociales faites aux patrons. Et qu’il puise dans les 97 milliards versés aux actionnaires du CAC 40. De l’argent, il y en a : dans les caisses du patronat !

Accueilli par des huées et des bousculades, Macron a inauguré avec plusieurs heures de retard un Salon de l’agriculture investi par les CRS : accepter les demandes des capitalistes qui dirigent la FNSEA n’a pas calmé la colère des petits paysans qui, eux, ne sont pas des capitalistes.

Le même jour, la Une du journal La Marseillaise citait Macron lors d’une rencontre à l’Élysée : « Les smicards préfèrent téléphones et abonnements VOD plutôt qu’une alimentation saine. » On ne sait pas de qui ressort le plus dans ces propos : la morgue ou la bêtise…Un certain nombre de « smicards » sont obligés de sauter un repas sur deux : sûr que ce n’est pas une façon très saine de s’alimenter ! Et donc, ce que « préfèreraient les smicards », c’est ne pas se demander dès le 10 comment finir le mois ; c’est un Smic à 2 000 euros net, entre autres pour pouvoir se nourrir « sainement ».

De bonnes raisons de joindre nos colères à celle des petits paysans !

À l’occasion du Salon de l’agriculture, et face à la grogne persistance du monde agricole, Macron avait voulu lancer une nouvelle initiative de communication dont il est friand : un grand débat réunissant syndicats agricoles, organisations écologiques, élus locaux et administrations etc… et dont, bien sûr, il serait la vedette. Mais son opération a tourné court. Vendredi, déjà, suite aux refus des uns et des autres d’y participer, ce débat a été annulé.

Et à l’ouverture du Salon samedi, rien n’a tourné comme prévu par Macron. Des dizaines d’agriculteurs ont investi un hall du Salon, intervention des CRS, l’ouverture au public retardée d’une heure et demie, une inauguration et la visite présidentielle qui se sont faites sous les huées. Sans oublier le fumier déversé sur le stand de Lactalis.

Les petits et moyens agriculteurs sont victimes, d’une part des centrales d’achat et géants agro-alimentaires qui comme Lactalis fixent les prix, d’autre part de la concurrence capitaliste qui entraîne depuis des décennies l’élimination des exploitations les moins rentables. Les nouvelles mesures annoncées par Macron, qui consistent à sacrifier l’écologie au profit d’un productivisme dangereux pour la planète et la santé ne pourront rien y changer.