Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Après le passage du cyclone Belal à la Réunion, non seulement 150 000 familles ont vécu plusieurs jours de coupure d’électricité et eau, notamment à cause des économies d’EDF sur l’entretien du réseau, mais la dévastation des cultures va aggraver la situation des agriculteurs et travailleurs les plus pauvres. Les promesses vaseuses de Darmanin venu en visite éclair n’ont pas fait grande illusion. Restés cloîtrés pendant deux jours, les travailleurs du secteur privé ont eu ensuite la mauvaise surprise d’apprendre qu’ils ne seraient pas payés. Les patrons n’en ratent pas une pour nous faire les poches !

Malgré les assurances données par les législateurs qui ont révoqué le droit à l’avortement, aux États-Unis, les femmes victimes de viol ont de plus en plus de mal à se faire avorter. Dans les États qui ont interdit l’avortement après l’annulation de l’arrêt qui l’autorisait par la Cour suprême américaine, 65 000 grossesses issues d’un viol ont été recensées. Et pour cause, beaucoup de ces États interdisent l’IVG même en cas de viol – et d’inceste ! Ce sont évidemment les femmes les plus pauvres qui en pâtissent : en premier lieu celles qui n’ont pas les moyens de se déplacer loin pour avorter. Quand les réactionnaires reviennent sur les droits des femmes, ils ne le font pas à moitié. Il n’y a rien à attendre des promesses de ces gens-là. À nous de prendre nos affaires en main !

Basil Peterkin et Saliah Mehmet, deux cheminots qui travaillaient pour British Rail, avaient été envoyés en prison pour vol en 1977. Ils avaient été accusés d’avoir pillé un entrepôt de la société ferroviaire. Leur principal accusateur était un gradé de la police des transports, Derek Ridgewell, bien connu pour son racisme et sa haine des syndicalistes. Trois ans après cette affaire, Ridgewell et trois de ses complices, eux-mêmes inspecteurs de police, étaient arrêtés et envoyés à leur tour en prison pour sept ans pour une multitude de vols d’un montant total de 426 000 millions d’euros dont ils faisaient porter le chapeau à des innocents. Mais ses victimes et leurs familles, malgré de multiples démarches, ne parvinrent pas à faire casser les jugements iniques… jusqu’à aujourd’hui. Malheureusement, ni Mahmet, ni Peterkin, ne pourront se réjouir d’avoir finalement gagné. Le premier est mort en 1991 et le second en 2021.

C’est L’Humanité qui révèle l’affaire. Ilaria Salis, une militante antifasciste italienne de 39 ans, croupit depuis près d’un an dans les prisons du régime Orbán, accusée d’avoir blessé trois néo-nazis. Ces derniers se trouvaient à Budapest le 11 février 2023 pour participer à une manifestation appelée « le jour de l’honneur », célébrant « l’héroïsme » des SS, de la Wehrmacht et des fascistes magyars dans une bataille perdue face l’Armée rouge en février 1945. Ilaria Salis, une institutrice, était présente à une contre-manifestation qui protestait contre ce rassemblant nazi. Arrêtée un peu plus tard, Ilaria est poursuivie pour violence volontaire contre les néo-nazis et appartenance à une organisation criminelle. Ce qu’elle nie. Elle risque une peine pouvant aller jusqu’à 24 ans de prison.

Après les États-Unis et la Grande-Bretagne, le Canada, l’Australie, l’Italie et la Finlande ont annoncé suspendre leurs financements à l’UNRWA, l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, dont douze membres sont soupçonnés par Israël d’avoir peut-être été impliqués dans l’attaque du Hamas le 7 octobre. Douze sur 30 000, dont 13 000 employés dans la bande de Gaza. Sous pression, l’UNRWA a licencié les douze personnes visées alors même qu’aucune enquête sérieuse n’a été menée sur les allégations israéliennes. En attendant ce sont des centaines de milliers de réfugiés qui vont pâtir de cet arrêt de financement et auront moins de nourriture, moins de médicaments et des conditions de vie encore plus précaires.

Trois députés Rassemblement nationale de l’Aude – Christophe Barthes, Julien Rancoule et Frédéric Falcon – ont posé à Narbonne à un barrage organisé par des agriculteurs en colère, devant une pancarte qui affichait : « Va faire la soupe, salope ! » Deux d’entre eux ont ensuite publié ce « souvenir » sur leurs réseaux sociaux. Outre la teneur misogyne révoltante du message, il s’agit en réalité d’une insulte visant les écologistes Sandrine Rousseau (députée de Paris) et Marine Tondelier (secrétaire nationale du parti écologiste). La référence est issue d’un échange mouvementé entre les deux intéressées et des viticulteurs de l’Aude au mois de juin. « Va faire la soupe, salope ! », leur avait lancé un vigneron alors qu’elles tentaient d’instaurer le dialogue. Des agriculteurs bas de plafond ont trouvé malin de ressortir cette insulte qui a comblé d’aise les députés RN. Misogynes un jour, misogynes toujours.

L’évènement est largement passé sous les radars et a été ignoré du grand public. Pourtant le 27 janvier était « La journée de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l’humanité ». Chaque année, à cette date, qui commémore la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau en 1945, le ministère de l’Éducation nationale invite la communauté éducative à engager une réflexion avec les élèves sur la Shoah et les autres génocides, passés ou en cours. On aura pu s’attendre cette année à un éclairage sur les crimes contre l’humanité commis à Gaza. Pas un mot sur le site du ministère, ni dans les directives envoyées aux enseignants. Selon les intérêts diplomatiques du moment, on condamne certains crimes de masse et on en laisse d’autres prospérer sans rien dire. C’est toute l’hypocrisie de telles commémorations.

Le cardinal canadien Gérald Cyprien Lacroix, proche conseiller du pape, est accusé d’agressions sexuelles dans son pays dans le cadre d’une action collective qui vise plus d’une centaine de membres du diocèse de Québec… dont il est l’archevêque. Avec ces nouvelles accusations, l’action collective regroupe désormais les témoignages de 147 personnes disant avoir été « agressées sexuellement par plus d’une centaine de prêtres ou membres du personnel du diocèse, dont certains ont fait plusieurs victimes ou ont fait partie du haut-clergé de Québec », selon leurs avocats. D’autres victimes devraient se joindre à cette action collective qui a été lancée en 2022. Après la France, l’Espagne, la Belgique, les États-Unis et bien d’autres, l’Église catholique canadienne, qui se dit « sous le choc », est rattrapée par les scandales sexuels après avoir été éclaboussée par la façon dont elle a maltraité dans le passé les enfants inuits et amérindiens qui avaient eu le malheur de passer par ses pensionnats. Comme ne le dit pas la Bible : « Ne laissez pas venir à elle les petits enfants ».

La Cour de justice internationale, la plus haute juridiction de l’ONU, a ordonné à Israël de « prévenir et punir » l’incitation au « génocide », suite à la saisie de la juridiction par l’Afrique du Sud. Mais alors que ce pays exigeait l’arrêt immédiat de la campagne de l’armée israélienne dans la bande de Gaza, où plus de 26 000 personnes ont déjà été tuées depuis le début du conflit, la Cour n’a rien dit à ce sujet. Mais, quelles que soient les résolutions de l’ONU, Israël continue son carnage affirmant, contre toute évidence, que son armée fait tout pour épargner les victimes civiles. De son côté Josep Borrell, le chef de la diplomatie européenne, et la Commission européenne ont indiqué dans un communiqué commun, qu’ils attendaient d’Israël « la mise en œuvre complète, immédiate et effective » des décisions de la Cour. Et que fera l’Union européenne si l’État sioniste ne s’exécute pas, comme c’est probable ? Rien, comme d’habitude !