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Brèves

L’actualité en bref

« Le rejet par le gouvernement israélien d’une solution à deux États, avec un État palestinien indépendant aux côtés d’Israël, est inacceptable et risque de prolonger le conflit », a déclaré le secrétaire général de l’ONU devant le Conseil de sécurité. À sa suite, plusieurs États membres du Conseil ont plaidé également pour une solution à deux États, de la Russie à la France en passant par les États-Unis. Les principaux soutiens d’Israël, de Washington à Paris en passant par Londres, sont habitués aux déclarations lénifiantes et vides de tout contenu concret sur « les deux États », principalement destinées aux opinions publiques. Mais dans les faits ils se refusent à exercer la moindre pression sur l’État sioniste – qu’ils arment et soutiennent financièrement – que ce soit à Gaza, en Cisjordanie ou ailleurs. Netanyahou et ses amis peuvent donc continuer leur politique raciste, criminelle et expansionniste en toute tranquillité.

À Kangaba, dans l’ouest du pays, l’effondrement d’une galerie de mine a provoqué la mort d’au moins 70 mineurs ensevelis vivants. Le Mali, qui compte parmi les pays les plus pauvres au monde (186e sur 191), est l’un des premiers producteurs d’or en Afrique. Les sites d’orpaillage sont régulièrement le théâtre d’éboulements meurtriers, l’activité étant souvent pratiquée de façon artisanale, avec les moyens du bord, par des malheureux qui n’ont pas d’autres moyens de survivre. Et, là encore, c’est la misère qui a tué.

Pratiquement chaque jour apporte son nouveau lot de révélations sur les pratiques du groupe scolaire catholique Stanislas de Paris (sexisme, non-mixité, propagande anti-LGBT et anti-IVG, catéchisme obligatoire). Des pratiques connues depuis des mois par les différents ministres de l’Éducation nationale qui, non seulement ne sont pas intervenus, mais ont mis sous le coude les rapports accablants de leurs inspecteurs. Par contre, les choses ont été beaucoup plus expéditives pour le lycée musulman Averroès de Lille, lui aussi sous contrat. En décembre, le préfet a envoyé une lettre recommandée à la direction de l’établissement pour annuler sa convention avec l’État en mettant en avant des « manquements » et des contenus pédagogiques « hostiles à la République » comme des livres de la bibliothèque qui auraient servi de support au cours d’éthique musulmane. Une décision aussitôt attaquée par la direction de l’établissement et les parents d’élèves devant le tribunal administratif. Dans un cas, on met des gants pour s’en prendre à un établissement catholique, dans l’autre on tape sans vergogne sur un établissement musulman. C’est dans l’air du temps et c’est bien vu du pouvoir. Une façon simple de régler le problème : imposer un enseignement public, laïc et obligatoire pour tous.

Le militant écologiste Yannick Jadot en est persuadé : « Les écologistes feraient le millième de ce qu’il se passe aujourd’hui ils seraient en prison et condamnés », a-t-il affirmé sur le plateau de Public Sénat, disant tout haut ce que beaucoup pressentent depuis la montée en puissance de la colère des agriculteurs. Une mobilisation qui se traduit par des actions d’envergure, du blocage d’autoroutes aux paquets de fumiers, ou autre résidus agricoles, déversés devant les préfectures, voire à Carcassonne l’explosion d’un bâtiment de la direction régionale de l’Environnement. Et là, pas d’évacuation par les CRS, pas d’arrestations, pas de gaz lacrymogènes ni de coups de matraques, pas de condamnations des « agro-terroristes » par le gouvernement, la droite et l’extrême droite, pas d’accusation de « prendre en otage » les automobilistes, etc. Les ministres « comprennent » la détresse et la colère du monde paysan mais beaucoup moins celles des salariés lorsqu’ils manifestent pour leur salaire ou leur retraite ou celles des écologistes (les fameux « écoterroristes ») lorsqu’ils s’en prennent aux bassines ou aux pesticides. Alors un « deux poids, deux mesures » ? Bien sûr. Les principales organisations syndicales agricoles (FNSEA et Jeunes agriculteurs), qui surfent aujourd’hui sur l’angoisse des petits paysans, ont toujours été cul et chemise avec la droite et ses gouvernements auxquels ils ont fournis plusieurs ministres de l’Agriculture. C’est le même monde avec ses petites combines et sa politique en faveur de l’agro-industrie et des paysans riches.

Le 9 octobre 2023, soit deux jours après les attaques du Hamas en Israël, Perrine Olff-Rastegar, 70 ans, déposait avec deux autres personnes une déclaration de manifestation pour le 13 octobre intitulée « Information sur la Palestine » Elle est l’une des porte-parole du Collectif judéo-arabe et citoyen pour la paix (CJACP), qui existe depuis une vingtaine d’années et organise régulièrement des manifestations de soutien aux Palestiniens et Palestiniennes. La police autorisait la manifestation avant de se raviser et de l’interdire. Environ 300 personnes, non informées de l’interdiction, s’étaient rendues à proximité de la place centrale de Strasbourg, entièrement bouclée par la police. Nombre d’entre elles avaient été arrêtées, dont Perrine Olff-Rastegar qui se tenait pourtant en dehors du rassemblement. Elle avait été interpellée, menottée et placée en garde à vue quarante-huit heures, dans des conditions indignes. Le jour du jugement une trentaine de militants brandissant de grands drapeaux palestiniens se tenaient devant le Palais de justice. Finalement elle a été relaxée de l’inculpation d’organisation d’une manifestation interdite.

Filiale du géant américain de la distribution en ligne, Amazon France emploie dans le pays plus de 20 000 salariés en CDI, dont une partie travaille pour Amazon France Logistique (AFL), qui gère les entrepôts de grande taille dont huit centres de distribution. C’est cette dernière qui, après quatre ans d’enquête, vient d’être condamnée à une amende record de 32 millions d’euros par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) pour avoir mis sur pied un flicage informatique systématique de l’ensemble de ses salariés. Mais cette amende, aussi élevée soit-elle, ne représente que 3 % du chiffre d’affaires de l’AFL qui, bon an mal an, est supérieur à un milliard d’euros. Parions qu’elle va continuer à espionner ses salariés… mais de manière plus discrète.

La précarité renforce l’isolement social. C’est un des enseignements confirmés par le rapport sur « Les solitudes en France » publié le 23 janvier par la Fondation de France. Cette étude, basée sur une enquête statistique menée en janvier et juillet 2023 par le Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), complétée par une enquête ethnographique auprès de personnes seules et isolées, révèle qu’un Français sur dix est en situation d’isolement et qu’un sur cinq se sent seul. Ces personnes sont « beaucoup plus nombreuses » dans les zones rurales et les quartiers pauvres. Parmi elles, les chômeurs (20 %) et les ouvriers (18 %) sont par ailleurs surreprésentés. Difficile en effet de tisser des liens, ni d’envisager la moindre sortie en société quand les prix s’envolent dans tous les domaines, particulièrement ceux de la restauration et des loisirs. L’inflation, qui grève les budgets depuis plusieurs mois, apparaît, selon la Fondation, comme un facteur aggravant de l’isolement. Là encore ce sont les plus pauvres qui trinquent.

C’est une étude du Monde qui l’affirme. En deux ans, le nombre de personnes payées au salaire minimum a bondi de près de 50 %. Près d’une personne sur cinq (17,3 %) dans le secteur privé non agricole est aujourd’hui payée au salaire minimum, contre 12 % seulement début 2021. En deux ans, entre le 1er janvier 2021 et le 1er janvier 2023 (selon les derniers chiffres de la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques, Dares), leur nombre s’est accru d’un million de personnes. Sur les près de 17,6 millions de salariés, 3,1 millions gagnent ainsi 1 398,69 euros net par mois. Une misère. Depuis le 1er janvier 2021, le salaire minimum a été revalorisé à huit reprises, son montant brut horaire passant de 10,25 euros à 11,65 euros (+ 13,6 %). Sur la même période, le salaire de base des employés et des ouvriers n’a augmenté que de 9 %, celui des cadres et des professions intermédiaires de 7 % environ. En allant plus vite que l’ensemble des salaires, le smic a donc rattrapé des millions de salariés dont la paie était légèrement au-dessus, et qui sont devenus ou redevenus smicards. Cela prouve que plus que jamais il faut demander : une augmentation mensuelle d’au moins 400 euros pour tous, pas de salaires inférieurs à 2 000 euros et l’indexation automatique sur les prix des salaires, des retraites et des diverses allocations sociales.

Nombre d’enseignants et d’organisations syndicales du secteur se sont saisis du scandale de la sélection en classe prépa pratiquée à l’école privée catholique Stanislas pour dénoncer le fonctionnement opaque de la plateforme Parcoursup. Le Huffpost leur a donné la parole : « Il y a un discours d’affichage, qui peut paraître acceptable et partagé, mais la réalité est tout autre. Et nous savons depuis le départ que Parcoursup a été conçu comme un outil de tri social », dénonce Éric Nicollet, inspecteur de l’Éducation nationale et secrétaire général du SUI-FSU. Autre écueil : certains établissements, comme le montre l’exemple de Stanislas, ne jouent pas le jeu de Parcoursup. « C’était censé créer l’anonymat, l’égalité des chances, diminuer l’élitisme à la française, tout ça est complètement bidon », assène Arnaud Fabre, professeur de lettres classiques et administrateur national du mouvement des Stylos rouges. De plus, « une bonne partie des écoles privées attirent des parents et des élèves en disant : nous, on est hors Parcoursup. Ce qui renforce l’élitisme par l’argent. » Pour les professionnels interrogés, supprimer Parcoursup serait un premier pas mais ne suffirait pas à garantir une réelle égalité des chances. « Le cas de Stanislas est juste un exemple de plus, qui n’est pas surprenant. Depuis que Parcoursup existe, nous demandons que la plateforme soit supprimée – ou considérablement améliorée – et que le fonctionnement de ses algorithmes et les critères de sélection des différents établissements soient rendus publics », réclame Éric Nicollet. Pour ces enseignants il est surtout urgent que les pouvoirs publics investissent massivement dans l’enseignement supérieur public et gratuit et cessent de dérouler le tapis rouge aux formations privées.