Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Fin mars les franchises sur les médicaments, les consultations et les transports sanitaires vont doubler. Macron préfère nous faire les poches plutôt que de taxer les géants de l’industrie pharmaceutique qui se gavent d’argent public. Pourtant les 600 millions d’euros que ça coûterait en moins à la sécu, c’est une paille à côté des profits de Big Pharma.

Des spécialistes de l’économie sociale ont étudié les conséquences de cette loi, et ont transmis leurs conclusions au Conseil constitutionnel. Par l’arrêt des aides ou allocations, certains foyers perdraient plus de la moitié de leurs revenus, les plongeant dans la pauvreté ! Ils cotisent pourtant, payent des impôts, sont essentiels à la société. Ils sont surtout nos collègues ou camarades de lutte. Si cette loi passe, c’est un appauvrissement général qui pourrait plonger jusqu’à 700 000 personnes déjà précaires dans la misère, pour la seule raison d’être étrangers à l’Union européenne.

À partir de septembre prochain, plusieurs établissements scolaires vont expérimenter la mise en place de l’uniforme à l’école : un nouveau pas pour le gouvernement dans sa volonté d’embrigader la jeunesse. Certains défenseurs de la mesure mettent en avant « la lutte contre les inégalités »… comme si un bout de vêtement pourrait résoudre le manque de professeurs ou les classes surchargées !

La scène se passe il y a quelques mois mais la vidéo n’est parvenue à l’Ouest que très récemment. Têtes baissées au centre de l’image, deux adolescents sont condamnés devant leurs camarades à douze ans de travaux forcés pour avoir regardé des séries de divertissement sud-coréennes, formellement interdites dans le pays. Depuis 2020, Kim Jong-un, « grand leader » d’un régime dictatorial impitoyable, a durci les règles pour lutter contre ce qu’il appelle la « culture réactionnaire ». En clair, le style vestimentaire à l’occidentale est banni, la coloration des cheveux interdite, les musiques et films produits à l’étranger totalement proscrits. Malgré tout, selon les observateurs, les jeunes parviennent à contourner partiellement ces interdictions, en partie grâce à des clés USB qui circulent sous le manteau et contiennent des séries sud-coréennes. Car entre « la culture réactionnaire » et le vide culturel abyssal du régime, le choix est vite fait.

Le ministère de la Santé palestinien a indiqué dimanche que l’offensive aérienne et terrestre menée par Israël pour « anéantir » le Hamas, a tué 25 105 personnes, en grande majorité des civils, et blessé 62 681 autres. D’autre part, selon l’ONU, au moins 1,7 des quelque 2,4 millions d’habitants du petit territoire assiégé ont dû quitter leur foyer, et la population manque de tout, exposée au risque de famine et aux épidémies. Enfin l’Autorité palestinienne a annoncé de son côté que, depuis le 7 octobre, au moins 364 Palestiniens ont été tués par des soldats ou des colons israéliens en Cisjordanie. Les massacres continuent…

Le Haut Conseil à l’Égalité vient de publier son apport sur l’état des lieux du sexisme dans le pays. Et le constat est inquiétant : via l’école, la famille et Internet, le sexisme progresse et semble s’ancrer dans la société malgré les combats menés par les féministes. À l’école, près de la moitié des femmes de 25-34 ans pensent ne pas avoir reçu le même traitement que les hommes (38 % pour toutes les tranches d’âge). Les assignations genrées persistent par la suite : 74 % des femmes n’ont jamais envisagé de carrière dans les domaines scientifiques ou techniques. Cette éducation genrée n’est pas sans conséquence sur la suite de la vie des personnes concernées. Les stéréotypes de genre sur la famille stagnent et le repli masculiniste gagne plutôt du terrain dans la pensée des hommes. Ainsi, ils sont 37 % à considérer que le féminisme menace leur place, un chiffre en hausse de 3 % par rapport à l’année dernière. Parmi les clichés qui persistent, on retrouve ceux qui concernent la famille. Par exemple, celui selon lequel un homme doit entretenir financièrement sa famille pour être respecté dans la société a plutôt bonne presse : 70 % des hommes interrogés le pensent. Et plus d’un homme sur cinq de 25-34 ans estime qu’il est normal d’avoir un salaire plus élevé. Chez les femmes également, certains stéréotypes perdurent. L’idée « qu’il est normal que les femmes s’arrêtent de travailler pour s’occuper de leurs enfants » gagne sept points (34 %) chez les intéressées. Selon l’étude, « plus de la moitié de la population [homme comme femme] trouve encore normal ou positif qu’une femme cuisine tous les jours pour toute la famille ». Enfin neuf femmes sur dix déclarent avoir personnellement subi une situation sexiste. Autant dire qu’il y a encore du grain à moudre pour combattre ces préjugés.

Il ne se passe pas un seul jour sans qu’un nouveau scandale n’éclabousse le groupe scolaire Stanislas, un des fleurons de l’enseignement privé catholique de la Capitale. Cette fois c’est le ministère de l’Enseignement supérieur qui vient de rappeler à l’ordre la direction de l’établissement qui a mis sur pied un système de « contournement » de Parcoursup qui est supposé faciliter l’égalité des chances des lycéens en vue de leur entrée dans l’enseignement supérieur. Le fils aîné de 17 ans de la ministre de l’Éducation, Oudéa-Castéra, a bénéficié l’an dernier d’un piston lui assurant d’office une place en classe préparatoire. Plus d’une trentaine d’autres élèves du même établissement seraient dans le même cas. Et Stanislas étant un établissement sous contrat, toutes ces combines sont financées en grande partie avec l’argent des contribuables. Quant à « l’égalité des chances », c’est une vue de l’esprit…

Le Premier ministre Gabriel Attal a affirmé fièrement à l’Assemblée nationale que « 550 000 » sans-abri avaient trouvé en cinq ans un hébergement grâce à l’action du gouvernement. Il faisait référence au bilan du plan gouvernemental « Logement d’abord », mis en place en 2018. Selon lui, ce plan a permis à près de 440 000 personnes de sortir de la rue et d’accéder à un logement, entre 2018 et 2022 et à une centaine de milliers d’autres l’an dernier. Sauf que selon la fondation Abbé-Pierre il y avait 142 000 SDF à la rue en 2015 et 330 000 en 2023. Cette population (dont le chiffre est sans doute sous-estimé) aurait donc plus que doublé en l’espace de huit ans. Explication : le gouvernement a sans doute sorti des milliers de personnes de la rue mais, du fait du système, des milliers d’autres s’y sont retrouvées et leur nombre ne cesse d’augmenter. Un bilan dont Attal n’a vraiment pas de quoi se vanter.

Rassurez-vous, dit Bruno Le Maire, si j’augmente au 1er février l’électricité entre 8,6 % et 9,8 % selon les heures, en augmentant les taxes, promis juré la hausse suivante ne sera que dans un an. Et c’est pour votre bien ajoute Macron : « Une partie des prix de l’énergie sert à financer notre programme nucléaire. » Une perspective rayonnante… Et les salaires, eux ? Un coup de grisou de grèves dans tout le pays pour 20 % d’augmentation et pas de salaire inférieur à 2 000 euros net, pour que patrons et gouvernement pètent les plombs et soient obligés de craquer devient de plus en plus urgent. On commence à tous y penser.