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Brèves

L’actualité en bref

La cour d’assises de Seine-Saint-Denis a condamné à 12 mois de prison avec sursis l’un des trois policiers à l’origine des blessures de Théodore Luhaka, un jeune Noir âgé de 22 ans, lors d’un contrôle d’identité en 2017 à la Cité des 3 000 d’Aulnay-sous-Bois. Les deux autres gardiens de la paix ont écopé de trois mois de prison avec sursis pour « violences volontaires ». À la sortie de la cour d’assises, de nombreux militants ont dénoncé « des mascarades ». « À quand du ferme pour la police ? », ont-ils scandé avec colère, tenant en main des affiches montrant les visages de personnes décédées à la suite d’interventions policières. « Le message envoyé à la police, c’est : vous pouvez mutiler, tuer, vous aurez du sursis », a tancé Amal Bentounsi, fondatrice du collectif Urgence la police assassine. Ce message de clémence à l’encontre des policiers confirme une multitude de jugements.

L’Otan a annoncé le lancement dès la semaine prochaine d’un vaste exercice militaire, le plus important « depuis des décennies », qui s’étalera sur plusieurs mois et impliquera quelque 90 000 soldats. « Ce sera une démonstration claire de notre unité, de notre force et de notre détermination à nous protéger les uns les autres », a déclaré devant la presse le commandant suprême des forces alliées en Europe, le général américain Christopher Cavoli. Il s’exprimait à l’issue d’une réunion de deux jours à Bruxelles du Comité militaire de l’Otan. Cet exercice, baptisé Steadfast Defender (Défenseur inébranlable), verra la participation des armées de 31 pays et se déroulera dans les pays baltes, aux frontières de la Russie. Le scénario sera une attaque surprise russe contre un membre de l’Otan. Près de deux ans après le début de la guerre en Ukraine, les États-Unis continuent de profiter de l’ambiance délétère suscitée par ce conflit pour poursuivre leur politique d’armement et la mobilisation de leurs alliés dans la perspective de l’extension de la guerre. Comme le disait Jaurès : « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage. »

La nouvelle loi sur l’immigration, qui prévoit notamment la déportation vers le Rwanda des immigrés en situation irrégulière, a été adoptée en première lecture à la Chambre des communes par 320 voix contre 276. Le Premier ministre conservateur, Rishi Sunak, a fait face, dans ses propres rangs, à une fronde de soixante parlementaires qui, derrière son prédécesseur, Boris Johnson, exigeaient une législation encore plus sévère et plus inhumaine. Quant à Keir Starmer, le leader du Parti travailliste qui a de bonnes chances de remporter les élections législatives prévues au second semestre de cette année, il a qualifié le projet conservateur de « farce » tout en promettant qu’un futur gouvernement travailliste se montrera encore plus impitoyable à l’égard des réfugiés qui tenteront de mettre pied au Royaume-Uni. Une attitude tout aussi raciste que celle des conservateurs.

En prétextant une baisse historique du nombre des naissances, Emmanuel Macron a ravivé le débat nataliste, dont ont toujours fait leur miel les politiciens les plus réactionnaires, au détriment de l’autonomie des femmes et d’une fécondité contrôlée. Une régression digne de l’entre-deux-guerres. À l’époque, alors que la contraception et l’IVG étaient interdits, on exhortait les femmes à faire des enfants pour résister face à l’ennemi héréditaire, l’Allemagne, dont la population était plus importante, pour donner des soldats à la France et des prolétaires aux usines afin de se passer de la main-d’œuvre immigrée. Pendant la Seconde Guerre mondiale, c’est le gouvernement Pétain qui en remit une couche en se prononçant même pour la peine de mort pour les « avorteuses ». En fait, dans l’histoire de ce pays, le natalisme a toujours été associé au nationalisme, au chauvinisme, à l’hostilité à l’égard des homosexuels et le plus souvent défendu par la droite réactionnaire et l’extrême droite. Une pente glissante sur laquelle s’engage Macron.

Des perquisitions ont été menées au ministère de l’Économie et des Finances dans le cadre de l’enquête sur des faveurs fiscales qu’a obtenues le PSG lors du transfert du joueur brésilien Neymar depuis Barcelone en 2017. Ce transfert se montait à 222 millions d’euros, le plus cher de l’histoire du football. L’ex-vice-président macroniste de l’Assemblée nationale, Hugues Renson, aurait tenté d’obtenir du gouvernement des « avantages fiscaux » pour le club professionnel en intervenant notamment auprès d’un certain… Gérald Darmanin, à l’époque ministre de l’Action et des Comptes publics. Les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et la fraude fiscale ont effectué ces perquisitions qui s’inscrivent dans une instruction menée depuis septembre 2022. L’enquête n’est pas terminée, mais ce qui est certain c’est que les riches propriétaires qataris du PSG, qui avaient leurs entrées à l’Élysée, ont bénéficié de privilèges fiscaux ahurissants qui mettent un peu plus à mal le mythe de l’égalité devant l’impôt.

Depuis le 1er janvier 2024, Pôle emploi s’appelle France Travail. Mais si le nom change, les pratiques restent les mêmes. Depuis 2016 la CGT-chômeurs épluche systématiquement les offres d’emplois mises en ligne par l’organisme public et souligne toutes les anomalies qu’elles contiennent. Sa dernière enquête, qui vient d’être rendue publique, montre que 61,1 % de ces offres seraient non-conformes à la législation. On trouve pêle-mêle des indications de volumes horaires fallacieux sans rapport avec la réalité, dans le seul but d’appâter les candidats et de récupérer des CV, des mentions discriminatoires ou susceptibles d’induire le demandeur en erreur, des engagements d’embauche limitée… à une semaine, des durées des contrats travail à la tête du candidat, etc. « C’est un problème politique », assure Pierre Garnodier, secrétaire général du syndicat, cité par L’Humanité. « Le gouvernement s’appuie sur le nombre soi-disant élevé d’offres proposées pour justifier la pression mise sur les privés d’emploi qui ne trouvent pas de travail. Mais, ce que nous montrons, c’est que la majorité de ces offres sont illégales. »

L’Autorité britannique du pétrole et du gaz a donné son accord à Shell pour l’ouverture d’un nouveau champ gazier, celui de Victory, situé au nord-ouest des îles Shetland. Il devrait entrer en service au milieu de la décennie. Londres a annoncé ces derniers mois une pléthore de nouveaux permis d’exploration pétrolière et gazière en ne tenant aucun compte des recommandations, pourtant bien timides, prises par les COP. « Cette décision d’investissement est une preuve supplémentaire que Shell ne prend tout simplement pas au sérieux la prévention d’un changement climatique catastrophique », a réagi Charlie Kronick, conseiller climat de Greenpeace. Ni plus ni moins d’ailleurs que les autres compagnies pétrolières et gazières qui toutes ont reçu le soutien de leurs gouvernements respectifs pour développer à tout-va les énergies fossiles.

Le gouvernement s’est refusé à soutenir les accusations de génocide contre le peuple palestinien à Gaza, portées par l’Afrique du Sud contre Israël devant la Cour internationale de justice. « Accuser l’État juif de génocide, c’est franchir un seuil moral. On ne peut exploiter la notion de génocide à des fins politiques », a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné, lors des questions au gouvernement de l’Assemblée nationale. Par contre, Séjourné ne s’est pas étendu sur le « seuil moral » qui permet à Paris de justifier le massacre de près de 25 000 civils gazaouis par l’armée israélienne, ni sur la notion de « droit de se défendre » accordée sans sourciller à l’État sioniste pour justifier sa répression féroce contre les Palestiniens de Cisjordanie et de Jérusalem qui dure depuis des décennies.

L’établissement privé catholique Stanislas, dans le sixième arrondissement de Paris, où la ministre de l’Éducation nationale scolarise ses trois enfants, est décrit dans un rapport de l’Inspection générale de l’administration comme sexiste, homophobe, anti-IVG et autoritaire. De plus il impose le catéchisme obligatoire à tous ses élèves – catholiques, athées ou d’autres religions – en violation de la législation. Ce texte de 30 pages, remis le 1er août de l’an dernier au ministère de l’Éducation nationale de l’époque, un certain Gabriel Attal, n’avait jamais été rendu public. C’est Mediapart qui l’a fait connaître. Le site parle à ce propos d’un document « caché ». Rappelons que ce type d’établissement privé sous contrat avec l’État est financé à hauteur de 75 % par l’argent des contribuables. Au nom de « l’école républicaine » ?