Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Dans un appel publié conjointement par Mediapart et L’Humanité, 201 personnalités (acteurs, intellectuels, parlementaires, musiciens) venant d’horizons divers appellent à manifester dimanche 21 janvier dans tout le pays contre la loi immigration. « Cette loi ne répond pas aux causes de l’exil forcé d’hommes, de femmes, d’enfants fuyant les guerres ou le réchauffement climatique, ni aux défis de l’accueil dans la dignité, ni au défi de la définition d’une politique digne et humaine d’intégration », déplorent les signataires, dénonçant une loi « rédigée sous la dictée des marchands de haine qui rêvent d’imposer à la France leur projet de “préférence nationale”. » Il sera bien sûr légitime d’être dans la rue le plus nombreux possible ce jour-là. Mais lorsque les signataires de l’appel se réclament du « pacte républicain hérité du Conseil national de la Résistance » et demandent « au président de la République de ne pas promulguer cette loi », ils optent pour des valeurs et des objectifs qui ne sont pas les nôtres. Car notre défense des droits humains et démocratiques – notamment ceux des migrants, immigrés sans papiers ou autres – se place toute entière sur le terrain de la nécessaire solidarité de tous les travailleurs, français et immigrés. Une seule classe ouvrière, un même combat. Ouverture des frontières et régularisation pour tous.

Bruno Le Maire a encore menti en direct : selon lui, 50 % des sinistrés du Pas-de-Calais auraient été indemnisés. En réalité, les assurances ont distribué seulement 60 millions d’euros sur les 550 millions qu’a coûté la catastrophe (sans compter les dernières inondations !). On est donc loin du compte.

À cette question simple, le gouvernement a la réponse : la population. Une augmentation de deux tiers de la prime d’assurance « catastrophe naturelle » va entrer en vigueur en 2025. Avec la multiplication des évènements climatiques extrêmes, les compagnies d’assurance sont plus souvent mises à contribution. Elles sollicitent alors davantage leur propre assureur, une entreprise publique qui se retrouve en difficulté. Pour protéger les profits des compagnies, ce gouvernement est décidément une bonne assurance.

Deux mois après les premières inondations dans le Pas-de-Calais, la population s’est de nouveau retrouvée les pieds (et parfois plus) dans l’eau. Les sols détrempés depuis novembre n’ont pas eu le temps de sécher, plongeant la région dans une nouvelle catastrophe sans même que les pluies n’aient été particulièrement fortes ces dernières semaines. Les raisons de ce drame sont à chercher ailleurs. Dans cette région plate et par endroit au-dessous du niveau de la mer, les infrastructures jouent un très grand rôle. Or, elles sont défaillantes : les pompes sont hors d’âge, les canaux pas toujours entretenus faute de moyens matériels et humains… D’autant qu’une des causes les plus importantes de l’ampleur de la catastrophe, c’est, d’une part, le grand nombre de constructions qui ont été édifiées en zones inondables ; d’autre part, la disparition des zones humides qui absorbaient l’eau mais ont été en partie bétonnées. Or les zones inondables et zones humides indispensables sont connues et répertoriées depuis très longtemps. Mais les autorités préfèrent bien souvent les ignorer pour favoriser les promoteurs immobiliers. C’est toute une gestion des risques à l’économie qui prend l’eau !

Un homme de 30 ans, originaire de la Martinique, est décédé à l’hôpital parisien de la Pitié Salpêtrière où il avait été admis après avoir reçu une dizaine de décharges de pistolets à impulsion électrique lors de son interpellation par la police à Montfermeil. D’après les premiers éléments de l’enquête, six policiers de la brigade anti-criminalité ont fait usage de leurs pistolets à impulsion électrique sur cet homme qui ne semblait pas être dans un état psychologique normal. Au total 18 policiers ont pris part à cette intervention pour arrêter un suspect qui n’était pas armé. À la suite de son interpellation, l’homme a fait deux arrêts cardiaques, un alors qu’il se trouvait dans le fourgon des sapeurs-pompiers qui l’avaient pris en charge, l’autre à l’hôpital où il est décédé. Les policiers évoquent comme toujours  la « légitime défense ». La « preuve » :  l’un d’eux a été mordu à un doigt et a reçu un coup de pied. Dommage que le ridicule ne tue pas chez les policiers.  

On les appelle les « refuzniks ». Ce néologisme venu de l’ex-URSS, désigne les jeunes qui, le plus souvent par conviction pacifiste, refusent de faire leur service militaire obligatoire. Ce choix est devenu encore plus difficile depuis le début de la guerre avec le Hamas, car l’environnement politique s’est considérablement durci, avec un glissement vers la droite de l’opinion publique, le renforcement des sentiments xénophobes. et une augmentation de la violence et de l’agressivité. Malgré ces défis, nombre de refuzniks restent fermes dans leurs convictions. France 24 s’est entretenue avec l’une d’entre elles, Sofia Orr, une jeune femme de 18 ans rencontrée à Pardes Hanna-Karkur, une municipalité du district de Haïfa. Elle déclare : « Le 25 février, date à laquelle est prévu mon enrôlement, je refuserai de m’engager dans l’armée israélienne et j’irai en prison militaire pour cela. Je refuse de prendre part aux politiques violentes d’oppression et d’apartheid qu’Israël a promulguées à l’encontre du peuple palestinien, et plus particulièrement maintenant avec la guerre. Je veux me battre pour faire passer le message qu’il n’y a pas de solution militaire à un problème politique. Cela est plus évident que jamais aujourd’hui. Je veux faire partie de la solution et non du problème ». Un discours mûrement réfléchi qui fait écho à celui de son ami, Tal Mitnick, un jeune homme de 18 ans, premier objecteur de conscience condamné et emprisonné depuis le début de l’opération à Gaza. En refusant de participer à l’oppression des Palestiniens, les refuzniks israéliens font preuve de courage et de détermination. Ils ont tout notre soutien.

Le ministre azerbaïdjanais de l’Écologie, Mukhtar Babayev, a été désigné pour présider la COP 29 à Bakou du 11 au 22 novembre prochain. Cet homme politique est un vétéran de l’industrie pétrolière. Il suit ainsi les traces de son prédécesseur, Sultan al-Jaber, qui avait présidé la conférence sur le climat à Dubaï tout en étant patron de la principale compagnie pétrolière émiratie, Adnoc. Babayev a été un des piliers de la compagnie pétrolière nationale de la république d’Azerbaïdjan, pays qui reste aujourd’hui très dépendant des hydrocarbures qui représentent un peu moins de 50 % de son PIB, un peu plus de 50 % de ses recettes budgétaires et un peu plus de 90 % de ses recettes d’exportation. Avec lui, la pollution aux hydrocarbures a peu de chances de reculer.

Une crème anti-âge révolutionnaire, « née de la science quantique ». C’est la promesse faite pour le nouveau produit de la marque de cosmétique Guerlain. Ce produit, baptisé « Crème Orchidée Impériale Gold Nobile », reproduirait les qualités d’une orchidée endémique de l’Himalaya. Plutôt exotique. Mais ce n’est pas tout : cette crème « aide à restaurer la lumière quantique d’une cellule jeune à l’échelle de l’infiniment petit … (car) les cellules de la peau émettent de la lumière à l’échelle quantique ». Guerlain aurait fait cette découverte grâce à une collaboration avec des biophysiciens de l’université tchèque Palacky. Contactée par des journalistes du Huffpost, la faculté des Sciences de cette université affirme « que le nom commercial du produit est totalement dénué de sens d’un point de scientifique » et d’ajouter qu’« en tant qu’institution de recherche sérieuse, nous ne voulons pas de ce genre de publicité ». Ce qui n’empêche pas Guerlain d’aller de l’avant et de vendre sa crème de perlimpinpin au prix prohibitif de 650 euros les 50 mililitres. 

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) vient de publier une étude sur les inégalités de santé chez les jeunes enfants en lien avec la pollution de l’air. 10 % des enfants concentrent l’essentiel des effets néfastes pour la santé observables dus à la pollution. Plus souvent dans un moins bon état de santé à la naissance, le dixième issu des ménages les plus modestes est 1,6 fois plus représenté chez les malades que le dixième le plus aisé. Concernant les hospitalisations en urgence pour bronchiolite et la délivrance de médicaments contre l’asthme, les effets néfastes importants seraient concentrés dans un groupe représentant 10 % des enfants, toujours les mêmes plus pauvres. Conclusion : un enfant a plus de chance d’être en bonne santé dans un milieu aisé que dans un milieu pauvre. On s’en doutait un peu.