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Brèves

L’actualité en bref

Le corps d’une femme de 29 ans a été découvert à Bourail, dans le centre de l’île. À leur arrivée les pompiers ont constaté le décès de la victime qui portait des traces de coups, notamment au visage. Elle était mère de trois enfants. Une enquête pour homicide volontaire par conjoint a été ouverte et l’homme est activement recherché. Rappelons que l’an dernier le pays a dénombré 102 féminicides et 122 en 2022. En résumé une femme meurt en moyenne tous les trois jours sous les coups de son compagnon ou ex-compagnon.

En 2023, le nombre de détenus a atteint un nouveau record absolu avec 75 677 pour 61 359 places opérationnelles. Le taux d’occupation est 123,3 % en moyenne, mais 148,5 % dans les maisons d’arrêt où se trouvent les détenus en attente de jugement et ceux condamnés à de courtes peines. Il atteint ou même dépasse les 200 % dans onze établissements. En raison de cette surpopulation, 2 748 détenus sont contraints de dormir sur un matelas posé à même le sol. Face à la surpopulation carcérale chronique, qui a valu à Paris une nouvelle condamnation de la Cour européenne des droits de l’homme, le gouvernement table sur la construction de 15 000 nouvelles places de prison d’ici à 2027. Quant à changer de politique pénale pour moins enfermer, il n’en est pas question. C’est pourquoi la situation ne peut que s’aggraver.

Au 1er janvier, Pôle emploi est devenu France travail. Tout comme en décembre 2008 l’Agence nationale pour l’emploi avait pris le nom de Pôle emploi. Sans que cela ne change grand-chose à la situation des chômeurs et des demandeurs d’emplois… sauf qu’en général on profite de ces changements pour leur serrer un peu plus la vis. Ce qui est le cas aujourd’hui avec la réforme du Revenu de solidarité active (RSA) dont les allocataires ont désormais l’obligation d’être inscrits à France travail et de travailler gratis une dizaine d’heures par semaine. Quant au patronat il pourra continuer à embaucher et à virer comme bon lui semble. Et, malgré les déclarations optimistes de Macron, il est certain que le simple changement de nom naura aucun effet sur le niveau du chômage.

L’Arabie saoudite reste dans le peloton de tête – avec la Chine et l’Iran – des États qui pratiquent systématiquement les exécutions capitales. Au 31 décembre 2023, 170 personnes ont été décapitées au sabre dans le royaume saoudien contre 147 pour l’ensemble de 2022, dont 81 en une seule journée. Un record de 187 exécutions avait été enregistré en 2019. Ce qui n’empêche pas les grandes puissances – dont la France – d’entretenir d’excellentes relations avec cette monarchie sanguinaire dont la qualité principale est d’être un gros client des marchands d’armes occidentaux, notamment français.

La distribution par le Programme alimentaire mondial (PAM) de denrées a concerné jusqu’à 5,6 millions de Syriens, soit l’équivalent de 25 % de la population d’avant-guerre. Depuis 2020, ces Syriens qui bénéficiaient de cette aide ont vu la taille des colis de sucre, huile et céréales rétrécir. Depuis le 1er janvier, ils n’en reçoivent plus : le PAM met fin à son principal plan de soutien dans ce pays en lambeaux. Il avait déjà diminué cet été de presque la moitié le nombre de bénéficiaires de colis alimentaires : ceux-ci n’avaient été alloués qu’à 3,2 millions de Syriens. La catastrophe humanitaire perdure pourtant dans un pays où l’économie est exsangue : plus de 90 % des Syriens vivent sous le seuil de pauvreté et plus de 12 millions d’entre eux sont en situation d’insécurité alimentaire, selon l’ONU. Mais désormais les grandes puissances, qui sont les principaux donateurs, se font tirer l’oreille pour verser leur obole, et le PAM n’a reçu en 2023, pour la Syrie, que 33 % des fonds qu’il attendait. D’où sa décision de mettre la clé sous la porte. Encore un exemple où l’impérialisme, après avoir contribué à mettre une région à feu et à sang, se lave les mains de ses conséquences.

Les autorités du royaume chérifien ont lancé des consultations devant durer six mois pour réformer la « Moudawana », c’est-à-dire le Code de la famille, vingt ans après une première refonte qui a été très loin d’assurer l’égalité femmes-hommes. En 2004, un nouveau code de la famille avait offert des avancées comme la responsabilité conjointe des deux époux, le droit pour la femme de demander le divorce ou encore des restrictions au mariage des mineures et à la polygamie. Mais aujourd’hui nombre de discriminations continuent d’exister notamment en matière de succession, la fille n’ayant droit qu’à la moitié de ce qu’hérite le fils. Le mariage des mineures est aussi l’une des questions les plus controversées. Si la « Moudawana » a porté à 18 ans (au lieu de 15) l’âge légal du mariage des femmes, les dérogations sont monnaies courantes. Censées être exceptionnelles, elles atteignent des niveaux très élevés puisque qu’officiellement « près de 85 % des demandes présentées entre 2011 et 2018 ont été approuvées »… généralement contre le versement de pots-de-vin par les pères ou les futurs maris. Les restrictions à la polygamie sont également facilement contournées. Enfin, le droit de tutelle des enfants, automatiquement attribué au père, est un autre écueil de la législation actuelle, notamment en cas de divorce, selon les défenseurs des droits des femmes. Une mère divorcée a ainsi besoin de demander l’accord de son ex-conjoint pour les plus simples démarches administratives concernant son enfant, comme l’inscrire à l’école, voyager avec lui ou le faire soigner. En cas de remariage, elle s’expose également au risque de perdre sa garde dès l’âge de sept ans si le père en fait la demande. Comme on le voit, les féministes ont encore du pain sur la planche pour faire entrer le pays de plain-pied dans le 21e siècle.

Lors du championnat du monde des échecs qui se déroule en Ouzbékistan, la Fédération internationale a sanctionné une joueuse néerlandaise pour avoir porté des baskets. Non seulement Anna-Maja Kazarian a dû quitter la salle et rentrer à l’hôtel pour changer de chaussures et revenir en talons mais en plus elle a récolté d’une amende. La Fédération internationale des échecs justifie son attitude destinée, selon elle, à « promouvoir une image bonne et positive des échecs ». Ce qui l’amène à interdire également tout type de jean ou de vêtement en tissu jugé « inapproprié ». Et les femmes sont les premières visées. Mais si elle n’est pas la seule à avoir été sanctionnée, Kazarian est la première à s’opposer aussi ouvertement et publiquement à la Fédération sur ce point. Cette dernière estime sans doute que pour jouer aux échecs il ne faut pas se sentir trop bien dans ses baskets.

Au nom des 75 associations et ONG du champ de la solidarité qui le composent, le collectif Le Revers de la médaille a interpellé les pouvoirs publics quant aux risques que l’organisation des Jeux olympiques fait courir aux personnes vulnérables en région parisienne. En cause notamment, la suppression de places d’hébergement réservées dans des hôtels, ceux-ci ayant préféré se tourner vers une activité touristique, plus rentable, en vue des JO. On observe également une multiplication des expulsions de bidonvilles à Paris et en Seine-Saint-Denis, qui vont encore s’intensifier avec l’arrivée des Jeux. Sans-abri, mineurs non accompagnés, habitants de bidonvilles ou malades en situation précaire ne sont manifestement pas conviés à la fête des JO 2024. Pire, tout semble à l’œuvre pour les exclure du paysage. Ce collectif, proche de la réalité du terrain, s’est déjà fait connaître via des messages parodiant ceux des JO tels que « Plus vite, pour vider l’Île-de-France des populations précarisées », « Plus haut, vers l’exploitation des travailleurs sans papiers » ou encore « Plus fort, dans la réponse sécuritaire contre les personnes à la rue ». Bien vu.

Dans une enquête qu’il vient de publier, le quotidien économique américain The Wall Street Journal, peu suspect de sympathies pro-palestiniennes, estime que 70 % des 439 000 habitations et environ la moitié des bâtiments de la bande de Gaza ont été endommagés ou rasés. Le quotidien indique que les structures détruites incluent des églises byzantines, des mosquées anciennes, des usines, des immeubles résidentiels, des centres commerciaux, des hôtels de luxe, des théâtres et des écoles. De plus, les infrastructures essentielles telles que l’eau, l’électricité et la santé sont « irréparables ». Sur les 36 hôpitaux en activité avant la guerre, seuls huit sont désormais opérationnels et accueillent des patients. Plus des deux tiers des écoles ont été endommagées, et de nombreuses zones agricoles, telles que les vergers et les serres, ont été « complètement détruites ». Par ailleurs, selon une estimation d’organisations humanitaires, il faudra au moins un an après la guerre pour déblayer les décombres, et entre sept et dix ans pour reconstruire les habitations détruites. Autant dire que pour les Gazaouis, qui comptent déjà plus de 21 000 morts et 56 000 blessés, la fin du cauchemar n’est pas pour demain.