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L’actualité en bref

La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a écarté une demande de levée de l’immunité parlementaire du député Les Républicains Meyer Habib (LR) formulée par 39 députés de gauche qui l’accusaient « d’apologie de crimes de guerre » israéliens à Gaza. Dans sa réponse Yaël Braun-Pivet affirme que « les propos tenus par un parlementaire dans l’hémicycle de l’Assemblée sont couverts, conformément à l’article 26 de la Constitution, par le principe d’irresponsabilité, lequel présente un caractère absolu et qu’aucune procédure ne permet de lever ». Dans un passé récent elle n’a pourtant jamais hésité à sanctionner des députés (notamment de la France insoumise) pour des propos qui lui déplaisaient. Meyer Habib, dont la circonscription des Français de l’étranger comprend Israël, est un partisan farouche du gouvernement Netanyahou dont il soutient les bombardements et les opérations militaires à Gaza. « Les soutiens inconditionnels des criminels de guerre israéliens se protègent entre eux. Un député français peut donc en toute tranquillité faire une apologie de crimes de guerre. Quelle honte ! », a réagi le député insoumis de Seine-Saint-Denis Thomas Portes. Rappelons cependant que dans le passé nombre de députés ont soutenu avec enthousiasme et « en toute tranquillité » les guerres coloniales de l’impérialisme français et les massacres qui les accompagnaient, notamment en Indochine et en Algérie. De ce point de vue, une canaille comme Habib ne détonne pas trop dans l’Hémicycle.

Dans une tribune transmise à l’Agence France-Presse, plus de 5 000 professionnels de santé et une cinquantaine d’organisations de soignants alertent sur les « conséquences sanitaires et sociales dramatiques » de la loi sur l’Immigration. Ils demandent à Macron de « retirer cette loi mortifère pour la santé publique ». Ils soulignent qu’elle aura des conséquences en particulier sur la santé « des plus vulnérables, les enfants », redoutant « une dégradation intolérable de la mortalité infantile, qui s’est déjà accrue depuis dix ans en France » du fait « des inégalités sociales notamment ». Selon eux ce texte est contraire à la Convention internationale des droits de l’enfant, citant la « limitation du regroupement familial », la « complication des démarches administratives nécessaires pour les mineurs isolés » ou la « limitation des hébergements d’urgence ». Une législation scélérate sous tous ses aspects.

L’ONU a annoncé que 7,1 millions de personnes ont été déplacées dans le pays depuis avril dernier et le début du conflit entre l’armée et des groupes paramilitaires, les Forces de soutien rapides. Parmi elles, 1,5 million se sont réfugiées dans les pays voisins. C’est, selon l’organisation internationale, « la crise de déplacement la plus importante au monde ». Le chef de l’armée, le général Abdel Fattah al-Burhane, est soutenu par l’Égypte, les États-Unis, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, contre son rival et ancien second, le général Mohamed Hamdane Daglo, soutenu par la Libye, la Russie et l’Éthiopie. Les deux camps se disputent les richesses, notamment minières, du pays et leurs soutiens espèrent profiter de la victoire de leur poulain respectif pour renforcer leur influence sur place. Selon les ONG, 90 % des victimes du conflit sont des civils qui constituent l’essentiel des 12 000 morts enregistrés jusqu’ici.

Le Pentagone a annoncé que plus de vingt pays participent désormais en mer Rouge à la coalition internationale contre les rebelles Houthis du Yémen. À l’aide de missiles et de drones, ces derniers s’en prennent aux navires qui se dirigent vers le port israélien d’Eilat, sur la mer Rouge, ou en proviennent. Ils ont indiqué que ces attaques s’arrêteraient seulement « si Israël cesse ses crimes et que la nourriture, les médicaments et le carburant parviennent à la population assiégée » de la bande de Gaza. D’où la coalition montée de toutes pièces par les États-Unis au nom de « la liberté du commerce » et « la défense du trafic maritime » qui comprend notamment la France, le Royaume-Uni, Bahreïn, le Canada, l’Italie, les Pays-Bas, la Norvège, l’Espagne, la Grèce et les Seychelles. Tous des soutiens d’Israël dans la guerre actuelle. Rappelons que pendant des décennies, l’État sioniste a organisé le blocus total des côtes de Gaza empêchant tout trafic maritime mais interdisant aussi régulièrement aux pêcheurs de sortir en mer. Et là les impérialistes occidentaux n’ont jamais défendu « la liberté du commerce » ou « la défense du trafic maritime ».

Quelques heures après avoir été nommée à son poste en remplacement d’Aurélien Rousseau, Agnès Firmin Le Bodo, la nouvelle ministre de la Santé par intérim, a été épinglée par Mediapart. Elle est soupçonnée d’avoir reçu, en tant que pharmacienne et « sans les déclarer », des cadeaux de la part des laboratoires Urgo. Les investigations ont été ouvertes pour « perception non autorisée par un professionnel de santé d’avantages procurés par une personne produisant ou commercialisant des produits sanitaires », dans le prolongement d’une affaire qui a abouti à la condamnation à une amende de 1,125 million d’euros des laboratoires Urgo en janvier 2023 par le tribunal correctionnel de Dijon. Pharmacienne de profession, Agnès Firmin Le Bodo, qui dirige une officine au Havre, « est soupçonnée de s’être fait livrer à 21 reprises, de 2015 à 2020, des produits de luxe – des montres, bouteilles de vin et magnums de champagne, coffrets pour des week-ends… – pour un montant total évalué à 20 000 euros, de la part des laboratoires Urgo », développe Mediapart. La ministre a confirmé l’enquête dont elle fait l’objet. Peut-être va-t-elle affirmer, comme Dupond-Moretti, qu’elle avait enfreint la loi à l’insu de son plein gré. Et dans le cas du ministre de la Justice, ça a marché.

Depuis 2013, dans le cadre de leur mission de protection de l’enfance, les départements ont la responsabilité de l’accueil, l’évaluation, l’hébergement et la prise en charge des mineurs étrangers isolés. Mais, le 30 novembre dernier, le président Les Républicains du conseil départemental, Jean Deguerry, annonçait que l’hébergement des jeunes migrants n’était plus possible dans son département faute de « capacités d’accueil et d’encadrement » suffisants. Et donc de ne plus les accueillir dans les prochains mois. Le tribunal administratif de Lyon, saisi en référé par cinq associations d’aide aux migrants dont la Ligue des droits de l’homme, a suspendu la décision. « Cet accueil est une mission de service public obligatoire », a commenté Lionel Crusoé, l’un des avocats des associations, dénonçant une mesure « illégale ». D’autres départements tenus par la droite – notamment le Vaucluse et le Territoire de Belfort – ont adopté une attitude identique. Avec la même explication qui fleure bon son racisme et sa « préférence nationale » : les mineurs étrangers isolés coûtent trop cher à la collectivité. Ils n’ont qu’à crever dans la rue.

Trente-neuf députés des groupes écologiste, socialiste et de la France insoumise ont adressé un courrier à la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, pour demander la levée de l’immunité parlementaire de leur collègue Meyer Habib qu’ils accusent d’apologie de crimes contre l’humanité. Ce dernier, membre des Républicains et représentant des Français de l’étranger (dont ceux d’Israël), est un proche et un thuriféraire du Premier ministre israélien. Lors des questions au gouvernement sur la guerre au Moyen-Orient, il a lancé hilare à deux reprises « Et ce n’est pas fini ! » lorsque des députés dénonçaient les massacres de Gaza. Un peu plus tard, il twittait la même formule à quatre reprises et concluait : « Tsahal l’armée la plus morale du monde continuera son action pour la libération de tous les otages. » On ne sait pas si Habib verra lever son immunité parlementaire, mais c’est peu probable. Car Yaël Braun-Pivet et au-dessus d’elle Macron sont fondamentalement sur la même ligne que lui.

Alors que les massacres se poursuivent à Gaza avec plus de 20 000 morts et de 52 000 blessés – majoritairement des femmes et des enfants – l’armée israélienne continue dans le même temps sa répression systématique en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. 4 605 Palestiniens ont été arrêtés et plus de 300 tués depuis le début de la guerre. Les autorités sionistes les présentent tous comme des « terroristes » et des « membres du Hamas » mais en fait nombre d’entre eux sont des militants de diverses organisations et des membres d’ONG qui apportent leur soutien à la population palestinienne et s’opposent à l’occupation. Parmi ces personnes arrêtées se trouve par exemple Munther Amira, qui préside le Conseil d’administration du Centre des jeunes du camp de réfugiés d’Aïda, près de Bethléem. Également placée sous les verrous l’équipe du Théâtre de la liberté, du camp de réfugiés de Jénine, un des hauts lieux de la culture palestinienne. Et la plupart des prisonniers sont en détention administrative, sans inculpation et pour une durée indéterminée. C’est ce qu’on appelle la « justice israélienne ».

Afin de protéger les « racines culturelles » de l’Italie, le gouvernement d’extrême droite du parti Frères d’Italie envisage de sanctionner les chefs d’établissement qui n’organisent pas des crèches de Noël dans leur école. Si cette législation est adoptée, les chefs d’établissement qui continueraient à supprimer ou à refuser les crèches s’exposeraient à des mesures disciplinaires. Ce n’est pas la première fois que Frères d’Italie proposent une loi de ce genre. L’été dernier, le parti avait préparé un projet qui visait à interdire les espaces de prière musulmane en dehors des mosquées, ainsi que l’utilisation de garages et d’entrepôts à cet usage. Mais il est possible d’aller plus loin. Pour préserver « les traditions chrétiennes » on pourrait demander un certificat de baptême pour entrer au musée, rendre obligatoire la récitation du « Notre Père » avant chaque séance de cinéma et une attestation du curé pour prendre les transports en commun ou aller au restaurant. Les culs-bénis de Meloni feraient presque passer le pape François pour un dangereux gauchiste.