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Brèves

L’actualité en bref

Au terme d’une ultime journée de négociations, et sous la pression du gouvernement, trois organisations patronales d’un côté, la CFDT et la CFTC de l’autre, ont trouvé un accord. pour « réduire la facture de l’assurance chômage » et économiser 400 millions d’euros. Si le texte est validé par les instances des organisations signataires puis adopté par le Parlement, alors les salariés quittant leur entreprise via une rupture conventionnelle verront leurs droits réduits. Ces ruptures conventionnelles, que le gouvernement juge trop coûteuses, permettent à un salarié et à son employeur de mettre fin à un CDI à l’amiable, tout en ouvrant droit aux allocations chômage. Le projet d’accord prévoit de réduire la durée maximale d’indemnisation qui passerait de 18 à 15 mois pour les moins de 55 ans et de 22,5 à 20,5 mois pour les plus de 55 ans. Encore une fois, les salariés seront perdants. Selon la CGT, les droits des chômeurs ont déjà baissé de 25 % depuis 2017. Lutter contre le chômage en tapant sur les chômeurs est la seule ligne de conduite du gouvernement.

Le ministère de la Santé a annoncé que les forfaits hospitaliers payés par les patients allaient augmenter à partir du 1er mars. Ceux qui n’ont pas de complémentaire santé vont être percutés de plein fouet. Le forfait journalier hospitalier, reste à charge pour les patients hospitalisés au titre des frais d’hébergement et d’entretien, augmentera ainsi de 20 à 23 euros par jour. Certains patients en sont exonérés (les femmes enceintes en fin de grossesse, les nouveau-nés ou les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire) et ceux disposant d’une mutuelle seront dans la plupart des cas remboursés. Mais ce ne sera pas le cas des 2,5 millions de personnes ne disposant pas d’une mutuelle. Ils devront donc sortir cet argent de leur poche et payer plein pot alors que ce sont justement les plus fragiles sur le plan économique. But de l’opération : renflouer les caisses de la Sécurité sociale de 450 millions d’euros… en s’en prenant aux plus modestes. Comme d’habitude…

Le dernier numéro du Canard enchaîné nous apprend que le très droitier sénateur Laurent Duplomb, auteur de la loi sur la réintroduction de certains pesticides en agriculture, aime à se présenter comme « un petit paysan ». Tout est relatif. Le monsieur est en effet à la tête d’une ferme de 180 hectares dans l’Eure alors que la taille moyenne d’une exploitation dans l’Hexagone est inférieure à 70 hectares. On y trouve 300 bovins, dont 130 vaches laitières, ce qui le place dans les 10 % des plus gros éleveurs. En outre, il a empoché plus d’un million d’euros d’aides publiques en cinq ans venant notamment… des fonds européens qu’il voue officiellement aux gémonies. Et l’an dernier, il a affiché son mépris pour tous les agriculteurs dont le chiffre d’affaires est inférieur à 25 000 euros par an (soit le tiers d’entre eux) les qualifiant d’« assistés »… Avec un tel défenseur, le monde paysan n’a vraiment pas besoin d’ennemis.

Déclenchée le 24 février 2022 avec l’attaque de l’armée russe décidée par Vladimir Poutine, la guerre d’Ukraine vient d’entrer dans sa cinquième année. Et le bilan est déjà effroyable puisqu’on estime qu’elle a fait entre 500 000 et 600 000 victimes, le pire bain de sang qu’a connu l’Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elles sont bien loin les fanfaronnades d’un Poutine, prétendant régler le conflit en quatre jours, ou celles d’un Trump se vantant de pouvoir faire la paix en 48 heures. Cette guerre est aussi le prétexte pour les nations impérialistes, notamment européennes, de se réarmer à tour de bras et de se livrer à une propagande militariste et belliciste pour préparer leurs populations au pire. Nul ne peut savoir si le conflit ukrainien sera le prélude à un nouveau conflit mondial. Mais les capitalistes s’y préparent. À nous de contrer leurs plans et à aider les classes laborieuses à s’y opposer par tous les moyens. Guerre à la guerre !

civiques pour dix ans. De plus le texte prévoit de punir « toute personne » accusée, y compris « sans preuve ». Les peines prévues passeront d’un à cinq ans actuellement à cinq à dix ans dans le projet de loi. En plus de condamner tout acte pouvant être qualifié de sexuel entre deux personnes de même sexe, le projet de loi envisage de sanctionner désormais « toute personne qui aura fait [son] apologie » d’une peine d’« emprisonnement de trois à sept ans ». L’association islamique Jamraa a apporté son plein soutien au Premier ministre et a menacé de rendre publique une liste de 650 noms de personnes présumées homosexuelles. Le Sénégal rejoint un mouvement continental où plusieurs pays africains (Burkina Faso, Mali, Ghana, Kenya, Ouganda) ont durci leurs lois homophobes ces dernières années.

Trois représentants du Parti républicain dans l’État du Tennessee ont présenté un texte pour que les femmes ayant eu recours à l’IVG puissent être condamnées à une peine d’emprisonnement à vie ou à la peine de mort. Un amendement a été déposé, en fin de semaine dernière, à l’Assemblée législative locale en vue d’une mise en place dès juillet prochain. L’un des signataires, le sénateur Jody Barrett, souhaite que soient appliquées les mêmes peines pour les femmes « impliquées dans l’homicide de leur propre enfant à naître » que pour les accusés inculpés d’homicide. Un exemple parmi d’autres de l’offensive masculiniste et réactionnaire qui secoue le pays depuis le retour au pouvoir de Trump.

Malgré la répression féroce qui a frappé des milliers de manifestants ces dernières semaines, la mobilisation se poursuit dans le pays notamment dans les universités. Lundi dernier, des vidéos ont montré plusieurs centaines d’étudiantes participant à un rassemblement antigouvernemental à l’université féminine Alzahra, à Téhéran. D’autres rassemblements ont eu lieu dans plusieurs universités, notamment dans la capitale, depuis la reprise des cours samedi. Les médias locaux ont diffusé des images montrant des étudiants en train de brûler le drapeau de la République islamique. Ces rassemblements, qui pour certains ont donné lieu à des affrontements, s’inscrivent dans la continuité du vaste mouvement qui a débuté en décembre avec des revendications initialement économiques mais a pris début janvier une tournure anti-pouvoir sans précédent. Ce regain de mobilisation a été reconnu par le gouvernement lui-même dont la porte-parole, Fatemeh Mohajerani, a déclaré que les étudiants « ont naturellement le droit de manifester » mais ne doivent pas franchir des « lignes rouges ». Mais ce n’est pas ce genre d’avertissements qui va les intimider.

La fondation pour le Logement des défavorisés révèle qu’il existe deux fois plus de discriminations envers les personnes en situation de handicap qui recherchent un logement. Des discriminations qui visent des personnes atteintes de handicaps moteurs, vis-à-vis de l’adaptation des logements pour les fauteuils roulant par exemple, mais aussi envers les personnes dont les handicaps sont moins visibles : les malentendants, non-voyants ou ayant des troubles psychiques ou intellectuels. Les personnes âgées qui ont du mal à accomplir les gestes du quotidien sont également concernées. En 2005, il y a plus de vingt ans, avait été adoptée une « grande loi » sur le handicap supposée améliorer les choses. Mais, depuis lors, pas grand-chose a changé. Dans les faits il y a deux fois plus de déclarations de discriminations subies déposées par des personnes en situation de handicap (8,5 %) que par l’ensemble de la population (4,2 %). Quant à l’offre de logements sociaux adaptés, elle est insuffisante puisque seuls 18 % des logements sont considérés comme accessibles aux handicapés. Tant que le logement sera considéré comme une marchandise comme une autre, les plus faibles seront toujours les perdants.

Selon une enquête menée en janvier-février auprès de 5 644 étudiants par la Fédération des associations générales étudiantes (Fage), 22,3 % d’entre eux déclarent vivre avec moins de 100 euros par mois et 52,2 % avec moins de 200 euros. Leur loyer atteint en moyenne 491 euros – 712 euros à Paris – absorbant généralement la moitié de leur budget. Parmi les boursiers, 61 % se trouvent dans cette situation et 5 % démarrent le mois à zéro ou à découvert. Beaucoup se voient dans l’obligation de « faire des coupures énormes » sur l’alimentation ou la santé. Par ailleurs, un étudiant sur deux déclare travailler en parallèle, souvent au détriment des études. À cette fragilité financière s’ajoute un habitat souvent dégradé. Un étudiant sur trois dit vivre en situation de mal‑logement, confronté à l’une de ces situations : des moisissures (18,3 %), des dégâts des eaux (16,5 %), la présence de nuisibles (13,3 %) ou des matériaux dangereux (1,2 %). À cela s’ajoutent des difficultés plus structurelles : plus de quatre étudiants sur dix occupent un logement mal isolé et près d’un tiers ne disposent pas d’une connexion internet stable, un manque qui complique l’accès aux cours en ligne et accentue les inégalités. Il est bien loin le temps où la vie étudiante était supposée être synonyme d’insouciance.