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Brèves

L’actualité en bref

Selon le réseau EuroMed Droits, plus de 25 000 enfants sont orphelins après avoir perdu au moins l’un de leurs parents dans l’offensive israélienne. De plus, des 18 000 personnes tuées, 11 000 seraient des femmes et 7 000 des enfants. Enfin 49 000 autres personnes auraient été blessées. Et le carnage continue…

C’est Mediapart qui l’affirme. Deux des quatre policiers de la BAC mis en examen à Marseille pour avoir tiré au LBD et fracassé le crâne de Hedi, un jeune de 22 ans, dans la nuit du 1er au 2 juillet, avaient déjà commis de graves violences couvertes par leur hiérarchie. Hedi avait été en outre roué de coups et grièvement blessé au cerveau. Il restera handicapé à vie. Il avait été agressé en marge des émeutes consécutives à la mort de Nahel à Nanterre. Pour rappel, les flics mis en cause avaient bénéficié du soutien du ministre de l’Intérieur et du préfet de police qui tous les deux continuent d’affirmer, la main sur le cœur, que les violences policières n’existent pas.

Comme chaque année à l’approche des fêtes, l’association Foodwatch dénonce des produits qui, sous couvert d’un marketing bling-bling pseudo « festif », induisent les consommateurs en erreur. Dans le viseur de l’association, notamment les groupes Bjorg, Brossard, Ciro, Labeyrie, etc. Quelques exemples : le panettone Ciro-saveurs, « pâtisserie traditionnelle italienne » de chez Auchan, ne contient pas de beurre contrairement à l’original mais 12 % d’huile de palme, un ingrédient beaucoup moins cher. Autre produit, la terrine Guyader aux noix de Saint-Jacques « produit en Bretagne » qui ne contient aucune noix mais est farci de colin et de coquillages venus d’Amérique du Sud. Quant au jus de citron bio de Bjorg il est constitué à 70 % d’eau et à 30 % seulement de jus de citron. Et tout est à l’avenant. Le 20 décembre, Foodwatch va décerner sa « Casserole d’or » au produit à la présentation la plus mensongère. La concurrence risque d’être rude.

À peine le débat sur la loi immigration annulé par un vote de l’Assemblée nationale qu’Olivier Véran, le porte-parole du gouvernement, annonçait à l’issue du Conseil des ministres que le projet sera finalement présenté en commission mixte paritaire, réunissant sept députés et sept sénateurs de groupes politiques différents. Il a ainsi douché les espoirs fantasmés de la gauche réformiste d’un retrait pur et simple du texte. Les 14 parlementaires vont donc travailler à partir du texte voté par le Sénat qui durcissait encore celui de Darmanin. Bref, sorti par la porte le projet de loi fait son retour par la fenêtre. Et le cirque parlementaire va continuer. Le seul moyen de le faire capoter est de se mobiliser en soutien aux travailleurs immigrés, avec ou sans papiers.

Pour Noël, les voyageurs reçoivent un beau cadeau : une augmentation de presque trois euros sur le prix de l’abonnement mensuel. C’est pour « améliorer le réseau » dit Bruno Bernard, le président écologiste de la métropole de Lyon et du Sytral, l’autorité organisatrice des transports lyonnais. C’était déjà son argument l’an dernier… Entre-temps, on a eu l’inauguration en fanfare du prolongement du métro B (encore en panne lundi matin). À l’heure de l’urgence écologique, alors qu’il faudrait réduire l’utilisation des transports individuels, il est bien contradictoire d’augmenter le prix des modes collectifs. Non, les travailleurs doivent pouvoir utiliser des transports de qualité, adaptés aux besoins et, surtout, gratuits !

… d’après le bulletin d’entreprise Transports en commun lyonnais (TCL)

Alors que la sortie des énergies fossiles était présentée depuis l’ouverture de la COP 28 comme l’enjeu principal du sommet, le brouillon de l’accord final, rendu public lundi par la présidence émiratie, n’aborde pas ce point. Le texte se contente de proposer de « réduire la consommation et la production de combustibles fossiles d’une manière juste, ordonnée et équitable afin d’atteindre le niveau zéro net d’ici à 2050 ou autour de cette date ». Bref des généralités et des lieux communs qui ne feront pas de peine aux États et aux trusts charbonniers, pétroliers et gaziers. Ce qui était d’ailleurs le but de l’opération.

C’est Mediapart qui l’annonce. Le Conseil d’État a définitivement débouté Julien Sanchez, le maire Rassemblement national de la ville sur la question des menus de substitution dans les cantines scolaires. Il avait supprimé en 2018 ces menus qui permettaient aux enfants qui ne mangeaient pas de porc (en majorité issus de familles musulmanes) d’opter pour un autre plat. Non seulement Sanchez a annoncé qu’il n’avait aucune intention de se plier à la loi, au nom de la laïcité, mais, de plus, il a même instauré le porc obligatoire chaque lundi. C’est le même qui en 2021 s’était fait épingler pour avoir voulu installer une crèche de Noël dans les locaux de la mairie. Comme on le voit une laïcité à géométrie valable…

Le ministre de l’Éducation, Gabriel Attal, a confirmé que serait expérimenté à partir de l’an prochain, et pendant deux ans, l’uniforme dans plusieurs établissements d’enseignement répartis un peu partout dans le pays avant sa généralisation. Chaque enfant concerné recevra cinq polos, deux pulls et deux pantalons. Un trousseau facturé 200 euros, mais les familles n’auront rien à payer. Les uniformes devraient être financés par moitié par l’État et par moitié par les mairies, départements ou régions volontaires. C’est une vieille lubie que la droite ressort régulièrement selon laquelle l’uniforme faciliterait la cohésion sociale à l’école, permettrait de renforcer la discipline, d’améliorer les résultats scolaires, etc. à défaut de recruter des professeurs et des surveillants en nombre suffisant. Les spécialistes de l’éducation, les syndicats d’enseignants et nombre d’associations de parents d’élèves sont vent debout contre une telle pratique dont l’efficacité n’a jamais été prouvée mais qui est un premier pas vers l’embrigadement des élèves.

La ministre des Solidarités et des Familles, Aurore Bergé, a annoncé dans un entretien à La Tribune dimanche la création de « travaux d’intérêt général pour les parents défaillants ». Elle souhaite aussi mettre en place « le paiement d’une contribution financière pour les parents d’enfants coupables de dégradations auprès d’une association de victimes et une amende pour les parents ne se présentant pas aux audiences qui concernent leurs enfants ». Si on ajoute à cela l’idée, lancée il y a quelques semaines, d’expulser éventuellement de leur logement social des familles dont des enfants seraient impliqués dans des troubles urbains, Bergé nous sort une panoplie complète de mesures dirigées contre les parents en difficulté, qui appartiennent le plus souvent aux couches sociales les plus modestes. Mais les protestations n’ont pas tardé. Trois membres de la Commission scientifique sur la parentalité, qu’elle venait à peine de mettre en place, ont annoncé qu’ils claquaient la porte, protestant contre le fait que « les travaux à venir soient placés sous l’égide de méthodes répressives ». On arrive à se demander à quoi peut bien correspondre le mot « Solidarités » dans l’intitulé de ce ministère.