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Brèves

L’actualité en bref

Le procès pour corruption du Premier ministre israélien a repris à Jérusalem, environ deux mois après sa suspension due à l’attaque sanglante du Hamas du 7 octobre dernier. Il doit répondre des accusations de corruption, fraude et abus de confiance dans trois affaires distinctes allant des faveurs gouvernementales à un grand groupe de communication, l’acceptation de pots-de-vin d’un montant de 176 00 euros et enfin de cadeaux fiscaux à quelques-uns de ses riches amis. Son procès s’est ouvert en 2020 mais depuis lors ses avocats font traîner les choses. Et il espère bien que la guerre de Gaza lui donnera un nouveau répit. Au prix de dizaines de milliers de morts.

Un drone lancé par l’armée en direction de groupes armés a tué au moins 85 civils dans le village de Tudun Biri dans l’État de Kaduna, dans le nord-ouest du pays, alors qu’ils célébraient une fête musulmane. 65 autres ont été blessés. Le président Bola Ahmed Tinubu a décidé l’ouverture d’une enquête. Cet évènement tragique vient rappeler que depuis 14 ans le pays le plus peuplé d’Afrique (220 millions d’habitants) est en proie à des troubles sporadiques provoqués, à l’origine, par une âpre compétition pour les ressources naturelles opposant éleveurs transhumants et agriculteurs sédentaires, ces derniers accusant les premiers de saccager leurs terres avec leur bétail. Et l’aggravation des conditions climatiques n’a fait qu’empirer les choses. Les violences entre communautés ont fait place peu à peu à des affrontements armés. Aujourd’hui des groupes, que les autorités qualifient de « bandits », attaquent des villages, rançonnent et massacrent la population. L’armée répond par une répression souvent indiscriminée. Et ce sont les gens ordinaires qui trinquent.

La coalition Kick Big Polluters Out (Foutez dehors les grands pollueurs), qui regroupe 450 ONG impliquées dans la lutte pour le climat, estime que le chiffre de 2 456 lobbyistes des industries des énergies fossiles, recensés dans la liste provisoire des participants publiée par l’ONU, est probablement sous-estimé puisque son analyse se fonde uniquement sur des données publiques. Il est malgré tout quatre fois plus important que celui enregistré à la COP 27 l’an dernier. Seules les délégations du Brésil (plus de 3 000 personnes) et des Émirats (près de 4 500 sans compter leurs 4 900 invités) sont plus importantes que les lobbyistes des énergies fossiles, qui surpassent en nombre les délégations des dix pays « les plus vulnérables au changement climatique » (1 509 personnes) et les représentants des populations indigènes (316). Par exemple, la France a accrédité Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, l’Italie a emmené des cadres d’ENI, la société nationale des hydrocarbures, et l’Union européenne des employés de British Petroleum et d’ExxonMobil. Les organisations professionnelles ayant le statut d’observateur à la COP ont aussi amené leur contingent d’employés de Shell, TotalEnergies ou du norvégien Equinor. Autant dire que la sortie des énergies fossiles n’est pas pour demain.

Il y a trois semaines, la Cour suprême britannique estimait qu’un accord destiné à envoyer au Rwanda des migrants entrés clandestinement sur le territoire britannique était illégal. Qu’à cela ne tienne. Le gouvernement conservateur vient de signer un nouveau traité avec Kigali ayant exactement le même objectif. Selon le ministre de l’Intérieur, James Clerverly, le texte « répondra aux préoccupations de la Cour suprême en garantissant notamment que le Rwanda n’expulsera pas vers un autre pays les personnes transférées dans le cadre du partenariat ». Il n’y a plus qu’à y croire. Le gouvernement britannique s’efforce de sauver cette mesure phare de sa politique anti-migrants, car il est persuadé qu’elle est payante sur le plan électoral, d’autant plus que les travaillistes ne proposent rien d’autre dans ce domaine. Mais il ne se passe pas une semaine sans que des manifestants prennent la rue pour affirmer leur soutien aux migrants.

Les bénéficiaires de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) sont-ils contrôlés sur la base d’un algorithme qui discrimine les plus précaires ? C’est ce qu’affirme La Quadrature du Net, une association de défense des libertés numériques qui explique : « Les dirigeants de la Cnaf profitent de l’opacité entourant l’algorithme pour nier son fonctionnement délibérément discriminatoire. » Dans sa lutte contre la fraude aux aides sociales, la Cnaf, qui gère les caisses d’allocations familiales, utilise depuis le début des années 2010 un algorithme pour identifier des bénéficiaires à risque et récupérer des « indus », c’est-à-dire des trop-perçus. Or, après avoir bataillé plusieurs années avant d’obtenir le feu vert de la Commission d’accès aux documents administratifs, La Quadrature du Net a publié deux versions de l’algorithme, celle utilisée entre 2010 et 2014 et celle utilisée entre 2014 et 2018, qui prouvent noir sur blanc que la Cnaf utilise des critères qui sont ouvertement discriminatoires envers les personnes touchant de faibles revenus, celles au chômage, les bénéficiaires d’aides sociales, celles résidant dans des quartiers défavorisés, et les familles monoparentales. Face à cette réalité, défense plutôt faiblarde du directeur général de la Cnaf, Nicolas Grivel, qui affirme que l’algorithme ne cible « pas forcément les personnes les plus pauvres mais celles dont les revenus varient »… Mais, dans les faits, ces deux catégories recouvrent souvent les mêmes personnes : les précaires.

Selon les données officielles qui viennent d’être publiées, l’inflation a atteint près de 62 % sur un an en novembre. Quoique élevés, les chiffres officiels sont contestés par les économistes indépendants du Groupe de recherche sur l’inflation, qui estiment la hausse des prix à la consommation à 129,27 % sur la même période, soit plus du double. Pour la faire baisser, la Banque centrale a fait remonter son taux directeur de 8,5 % à 40 % dans le but avoué de faire ralentir la consommation. Et il devrait encore progresser de 5 % le 21 décembre prochain. Une mesure qui touche en priorité les plus pauvres, incapables désormais de se procurer les produits de première nécessité devenus hors de prix. Conséquence : on estime que désormais plus du tiers des 89 millions d’habitants vivent sous le seuil de pauvreté.

Alors que la Conférence des Nations unies sur le climat bat son plein, le quotidien britannique The Guardian a diffusé une vidéo dans laquelle le président émirati de la COP 28 estime qu’il n’existe « aucune étude scientifique » montrant qu’une élimination progressive des énergies fossiles permettrait de limiter le réchauffement à 1,5 °C et qu’une telle élimination pourrait « renvoyer le monde à l’âge des cavernes ». Ces propos ont été tenus le mois dernier lors d’un échange avec l’ex-présidente irlandaise et ancienne Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Mary Robinson, à l’occasion d’un forum en ligne sur le changement climatique. Des scientifiques interrogés par The Guardian ont dénoncé des commentaires « incroyablement inquiétants » et « à la limite du déni climatique ». Avec de tels défenseurs du climat la planète est mal barrée.

Israël « fait des efforts » pour minimiser les pertes civiles à Gaza, pour preuve, l’État sioniste a publié en ligne une carte des lieux où les civils pouvaient se rendre pour trouver refuge et fuir les combats. « Il n’y a pas beaucoup d’armées modernes qui feraient ça », a indiqué sur la chaine américaine ABC John Kirby, porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche qui a ajouté : « Nous pensons qu’ils ont été réceptifs à nos messages sur le fait d’essayer de minimiser les pertes civiles. » En termes de cynisme et de foutage de gueule Kirby fait fort. D’abord, l’armée israélienne bombarde le sud de la zone, la même où elle avait demandé à la population civile de se réfugier lorsqu’elle a attaqué au nord la ville de Gaza. Ensuite, la publication en ligne des lieux de bombardement est du bluff car, privés d’électricité, les Gazaouis n’ont plus Internet et donc ne peuvent pas lire cette carte. Et vu que le carnage (près de 16 000 morts et 40 000 blessés à ce jour) continue, chaque jour plus sanglant, on se demande ce qui serait arrivé si les dirigeants israéliens n’avaient pas été réceptifs aux messages de Washington.

Après le rejet de la proposition des parlementaires du groupe Les Républicains de supprimer l’Aide médicale de l’État (AME) (la couverture santé des personnes en situation irrégulière), Élisabeth Borne avait annoncé la création d’une mission confiée au républicain Patrick Stefanini et à l’ancien ministre socialiste Claude Evin et chargée de déterminer si « des adaptations » de l’AME sont nécessaires. Ils viennent de répondre par l’affirmative en remettant leur rapport. Un de plus. Car depuis sa création en juillet 1999 l’AME a déjà fait l’objet de modifications en 2002, 2005, 2007, 2008, 2011, 2012 et 2019. D’où le surnom ironique que lui ont donné les ONG du secteur « de milliard le plus scruté de la dépense publique ». En effet si ce milliard d’euros représente moins de 0,5 % du budget de l’Assurance maladie, il est régulièrement attaqué et remis en cause par la droite, notamment dans le cadre de ses campagnes anti-migrants. Et il n’y a aucune raison que cela s’arrête.