Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Les 14 et 15 novembre dernier se tenait à Varsovie (Pologne), un forum international, « Rebuild Ukraine » (« reconstruire l’Ukraine »). S’y sont donnés rendez-vous tous les rapaces du monde entier, qui voient déjà dans les villes détruites par l’armée de Poutine de prochaines opportunités de profits. Selon un rapport conjoint du gouvernement ukrainien, de la Banque mondiale, de la Commission européenne et des Nations unies datant de mars 2023, le coût total de la reconstruction de l’Ukraine est aujourd’hui estimé 400 milliards d’euros, et se déroulera sur dix ans. Qui paiera la note ? Certainement pas les bourgeois ukrainiens planqués à l’arrière mais ceux qui ne sont pas morts au front.

Alors que l’on vient de célébrer le centième anniversaire de la fondation de la République par le très laïc Mustafa Kemal Atatürk, le président Erdoğan vient de décider l’envoi d’urgence de près de 1000 imams à Izmir et sa région. Troisième ville et deuxième port du pays, Izmir est connu pour être un fief du principal parti laïc d’opposition, le Parti républicain du peuple. Ce qui défrise profondément Erdoğan et son parti islamiste au pouvoir. Les imams, envoyés dans les écoles publiques du primaire et du secondaire et qui ne dépendront pas du ministère de l’Éducation nationale, seront chargés de « l’éducation morale et religieuse des élèves ». Cela a donné lieu à une levée de boucliers des enseignants et des parents d’élèves. Jusqu’ici sans résultat.

Le Parti de la liberté (PVV) d’extrême droite est arrivé en tête des élections législatives, remportant 37 sièges sur 150 au Parlement, loin devant les 25 sièges attribués à l’alliance travailliste-écologiste et des 24 remportés par le Parti libéral. Une autre formation d’extrême droite, le Nouveau contrat social (NSC), un parti créé récemment qui adopte également une ligne dure sur l’immigration, a remporté 20 sièges. Le PVV de Geert Wilders, violemment islamophobe, a doublé son nombre de sièges d’une élection à l’autre. Et s’il n’est pas certain qu’il arrive à devenir Premier ministre et a formé une coalition, sa victoire – saluée par Marine Le Pen – est due essentiellement à la désillusion d’une partie de l’électorat par rapport à la classe politique dans une situation économique morose. Mais ce n’est pas une bonne nouvelle pour l’ensemble de la classe ouvrière, et pas seulement pour les migrants.

Un poster et une vidéo pour SUV (véhicules utilitaires sportifs) du constructeur automobile japonais Toyota viennent d’être interdits parce que jugés « irresponsables » pour l’environnement. En effet les pubs en question montrent des dizaines de 4 × 4 vagabondant hors des routes, en pleine montagne, ou en traversant des rivières comme des animaux sauvages. Avec comme légende « un spectacle de la nature » alors que ce type de véhicule est considéré comme particulièrement polluant. Cela dit, l’ASA, l’organisme britannique qui surveille les publicités, a mis plus de deux ans à réagir et ne l’a fait qu’après que l’association écologiste Adfree Cities (villes sans publicité) a déposé plainte estimant que ce genre de promotion est « dangereux pour l’environnement ».

Le Parlement européen a rejeté une législation visant à réduire de moitié l’usage des pesticides dans l’Union européenne, enterrant de facto ce texte environnemental auquel s’opposaient les élus conservateurs à quelques mois des élections de juin 2024. Élément central du Pacte vert européen, ce projet législatif, proposé en juin 2022 par la Commission, prévoyait de réduire de moitié d’ici 2030 (par rapport à la période 2015-2017) l’utilisation et les risques des produits phytosanitaires chimiques. Première force du Parlement, le groupe Parti populaire européen (droite) a fait passer des amendements visant à affaiblir considérablement le texte. Celui-ci a en retour été rejeté lors d’un vote final par 299 voix (207 pour, 121 abstentions) par les euro-députés réunis en plénière, les élus de gauche (socialistes, Verts, gauche radicale) refusant d’endosser un résultat trop édulcoré, à l’unisson d’une partie d’élus de Renew (libéraux). Au final c’est, encore une fois, un (modeste) projet de défense de l’environnement qui est enterré.

Khaled Abou Samra, chef de service à hôpital al-Shifa, le plus grand du territoire, a annoncé l’arrestation du directeur de l’établissement, le docteur Mohammed Abou Salmiya, avec plusieurs autres cadres soignants. Le 18 novembre le Dr Salmiya s’était opposé pour la seconde fois à l’ordre donné par les Israéliens d’évacuer complètement l’établissement. Rappelons que, depuis le début de la guerre, les hôpitaux ont été, ainsi que les centres de soin et les ambulances, des cibles privilégiées de l’occupant. Devant le Conseil de sécurité de l’ONU, le chef de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a souligné que le système de santé de la bande de Gaza était « à genoux ». De plus, selon l’Agence onusienne chargée de la coordination humanitaire, 20 des 36 hôpitaux du territoire ne sont plus opérationnels.

Sur le terrain de la transition énergétique, les lignes scolaires de Bourgoin-Jallieu vont accueillir une petite nouveauté : le rétrofit, soit la conversion d’un car diesel à l’électrique en remplaçant le moteur et les batteries. Bien sûr, l’annonce fracassante du patron de la société qui commercialise cette solution, promettant « 50 ans de durée de vie sans maintenance », démontre un certain sens de l’humour. On verra à l’usage, même si le rétrofit semble avoir quelques arguments à faire valoir. Cela dit, lutter contre le réchauffement climatique ne se fera pas seulement en changeant la motorisation des bus et des cars. Il faudra aussi augmenter l’offre de transport et la rendre gratuite pour proposer à la population une vraie alternative à la voiture individuelle. Et pour ça, on a une solution complémentaire : embaucher des conducteurs et des mécanos !

… d’après le bulletin d’entreprise Interurbain Isère

Bien que les bénéfices de la Banque postale aient encore flambé (+ 44 % au 1er semestre 2023), Philippe Wahl, PDG de La Poste, voit l’avenir plutôt morose. Il a donc décidé d’un plan d’économie de 100 millions d’euros. Résultat : aucun remplacement des départs dans les centres financiers. En conséquence, la direction entend bloquer les mutations vers d’autres services de La Poste. En réalité, les mutations sont minimes par rapport aux départs en retraite, et comme La Poste n’a pas encore inventé l’élixir de jouvence, si nous ne voulons pas voir encore empirer les conditions de travail, il va falloir l’obliger à ranger ses plans au fond de son coffre-fort.

… d’après le bulletin d’entreprise La Poste Paris 15e

Parmi les fonctionnaires, certains ont eu le droit ce mois-ci à la prime dite Gipa (garantie individuelle du pouvoir d’achat). Cette prime est versée si l’évolution du salaire est inférieure, sur quatre ans, à la hausse de l’indice des prix à la consommation. Quand on monte d’un échelon, bien sûr, ladite prime saute… Avec un tel système, on reste au Smic toute sa vie. Ce qu’il faut, pour tous, ce sont des augmentations générales et l’indexation de tous les revenus sur le coût de la vie !