Dans le dernier numéro du Journal du dimanche, repris en main par l’extrême droite, l’ancien ministre de l’Éducation nationale, Luc Ferry, se livre à une farouche défense de l’enseignement privé en déclarant : « La vérité, c’est que l’enseignement privé, à l’exception de quelques rares écoles élitistes, pratique déjà largement la mixité, tant sur le plan religieux que financier. » Parler de « vérité » à ce propos est un peu osé. En juin dernier, dans un rapport rendu public, la Cour des Comptes notait « un net recul de la mixité sociale depuis une vingtaine d’années » dans l’enseignement privé sous contrat. Et de poursuivre : « les élèves des familles favorisées, qui constituaient 41,5 % des effectifs du privé sous contrat en 2000 en représentent 55,5 % en 2021. » Dans le même temps le nombre d’élèves de milieux défavorisés accueillis tombait de 25 à 16 %. Cet enseignement privé est financé par l’État, c’est à dire par le contribuable, à hauteur de 55 % dans le premier degré et de 68 % dans le second. Merci pour eux.