Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

La branche énergie du conglomérat Siemens fait face à de graves difficultés financières, notamment dans son activité éolienne. Elle a donc demandé le soutien des pouvoirs publics qui ont aussitôt répondu présent. Elle va bénéficier d’un plan de sauvetage de 15 milliards d’euros de garanties bancaires, financé principalement par l’État. Le gouvernement allemand a mis en avant le rôle stratégique du groupe dans la transition énergétique pour justifier le fait de venir à sa rescousse, expliquant que Siemens Energy rencontrait « actuellement des difficultés à obtenir les garanties requises sur le marché financier ». Encore une fois se trouve illustrée la vieille maxime qui veut qu’en système capitaliste on privatise les bénéfices, mais on socialise les pertes.

Le policier qui avait tué par balle Nahel, 17 ans, un jeune d’origine algérienne le 27 juin dernier à Nanterre, près de Paris, lors d’un contrôle routier, a été remis en liberté sous contrôle judiciaire. Sa mort avait provoqué six nuits d’émeutes un peu partout en France. Les juges du parquet de Nanterre, en charge de l’enquête, ont décidé de « faire droit » à la demande de remise en liberté déposée par le policier, estimant que « les critères légaux » de sa détention provisoire « n’apparaissaient plus remplis à ce stade de l’instruction ». Le syndicat de policiers Unité SGP Police s’est dit « soulagé » de cette remise en liberté dans un communiqué. Le contraire eut été étonnant. Par contre on peut se demander si face à un jeune des banlieues qui aurait tué, même accidentellement, un policier, les juges l’auraient remis aussi rapidement en liberté. On peut fortement en douter. Car la justice n’est pas aveugle, elle est borgne.

Plus de 550 000 personnes supplémentaires ont basculé en 2021 sous le seuil de pauvreté monétaire,(1 158 euros pour une personne seule et 60 % du revenu médian) portant à 9,1 millions le nombre de pauvres dans le pays, selon la dernière étude de l’Insee publiée le 14 novembre. Cela représente 14,5 % de la population et une augmentation de 0,9 % par rapport à 2020. Ce rapport vient ainsi étayer, par les chiffres, une réalité déjà sensible pour une large partie des familles et qu’ont dénoncée nombre d’organisations humanitaires. Cet appauvrissement a par ailleurs entraîné mécaniquement un creusement des inégalités en touchant principalement la partie de la population la plus vulnérable, qui a vu son niveau de vie reculer, mais en épargnant les plus aisés. Selon l’Insee, les 20 % les plus pauvres sont encore plus pauvres, tandis que les 20 % les plus riches ont perçu des revenus 4,45 fois supérieurs aux premiers. Si on ne veut pas que les choses empirent il n’y a qu’une seule voie : la lutte.

En Martinique, un gendarme adjoint volontaire a été suspendu le 13 novembre en raison de propos tenus à l’égard de militants indépendantistes lors d’une manifestation sur un terrain agricole. Dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, on l’entend proclamer : « C’est grâce à nous que vous avez la CAF et le RSA. » Le préfet de Martinique a dû condamner ces propos. L’imprudent sera renvoyé en France… le temps que l’affaire se tasse.

Un racisme et un mépris très courant dans la gendarmerie outre-mer. Cet élève gendarme a été bien formé, mais n’avait pas compris qu’il ne fallait pas être enregistré… avant d’être titulaire !

Les passagers de deux trains à destination de Toulouse ont passé leur nuit de dimanche à lundi dans le train. Pour le premier, arrêté à Éguzon-Chantôme, la boîte indique « un problème d’adhérence dû aux chutes massives de feuilles suite à la tempête ». Les locomotives sont pourtant équipées de sable pour permettre cette adhérence. Mais il n’y en avait plus dans celle du train en panne. Et avec la diminution des dépôts de locomotives et du personnel, il a fallu sept heures pour régler un problème qui aurait pu l’être en une il y a quelques années.

… d’après le bulletin d’entreprise SNCF Paris Sud-Ouest

Suite à des travaux sur différentes lignes, les trains de nuit sont détournés par la LGV. Problème : la vidange des toilettes ne peut pas se faire car cela risquerait d’endommager des installations. Pas bien grave pour la direction, qui propose de fermer les toilettes pendant ce parcours de trois ou quatre heures. Le feront-ils vraiment ? Attention, les dirigeants d’Intercités ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît.

… d’après le bulletin d’entreprise SNCF Paris Sud-Ouest

Les autorités iraniennes ont lancé une nouvelle vague d’arrestations visant la minorité religieuse bahá’íe qui pratique un culte monothéiste né au 19e siècle. La république islamique, dans laquelle le chiisme est la religion d’État, considère les bahá’ís non seulement comme des hérétiques mais aussi des « espions sionistes ». En effet un des dirigeants de ce culte a eu la mauvaise idée, au début du 20e siècle, de mourir à Haïfa, aujourd’hui en Israël, où se trouve son mausolée. Au moins 19 d’entre eux ont été arrêtés la semaine dernière à leur domicile dans les villes de Hamedan, à l’ouest de Téhéran, et à Karaj, près de la capitale. À Hamedan, cinq femmes âgées de 70 à 90 ans, dont une souffrant de la maladie d’Alzheimer, figuraient parmi les personnes arrêtées. Deux d’entre elles sont les veuves de bahá’ís exécutés peu après la révolution islamique en 1979. Dix autres bahá’ís, toutes des femmes, ont été arrêtées le mois dernier dans la ville d’Ispahan. On recense 32 arrestations au total depuis le mois dernier.

C’est Mediapart qui le révèle. Une enquête judiciaire met en cause deux membres du Raid dans l’incident survenu le 30 juin dernier dans la cité phocéenne dans lequel un jeune algérien de 22 ans, Abdelkarim Y., a été touché à l’œil gauche par un tir de lanceur de balles de défense. L’enquête montre que deux policiers ont fait feu simultanément, à une cinquantaine de mètres de la victime. Et le lendemain, le Raid blessait mortellement son cousin, Mohamed Bendriss, avec le même type d’arme. Mais, comme dirait Darmanin, « la violence policière n’existe pas ».

Le projet de loi immigration de Gérald Darmanin sur les droits des migrants, déjà liberticide dans nombre de ses mesures, a encore été considérablement aggravé par la majorité sénatoriale de droite. Expulsions facilitées, Aide médicale d’État supprimée, droit du sol mis en cause, aides conditionnées, régularisation a minima, pleins pouvoirs donnés aux préfets… Le texte envisage aussi de rétablir le délit de séjour irrégulier, supprimé en 2012 sous François Hollande. Bref, entre le gouvernement, la droite et l’extrême droite, c’est la course à l’échalote dans la campagne contre les demandeurs d’asile, les migrants, les sans-abris et autres, c’est-à-dire la guerre aux plus pauvres.