Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Les actions pour empêcher l’approvisionnement en armes d’Israël se multiplient dans le monde : en Belgique où des travailleurs refusent de charger des avions d’armes, en Angleterre, à Rochester, où 400 syndicalistes ont bloqué une usine d’armement vendredi dernier, à Gênes où des dockers ont manifesté contre l’envoi d’armes, à Barcelone, à Oakland, à Toronto ou à Melbourne… Ces mouvements encore minoritaires nous indiquent la marche à suivre. Que les syndicats y appellent ou non, n’attendons pas pour nous mobiliser contre cette barbarie que soutiennent nos impérialismes !

Ce tag sur les murs de l’hôpital Bichat dans le 10e arrondissement de Paris, dénonçait l’apartheid de Gaza par l’État d’Israël, et le massacre en cours, et s’opposait également à l’antisémitisme en pleine résurgence. Il a pourtant été recouvert, pendant que l’AP-HP portait plainte pour antisémitisme. Selon la députée macroniste Caroline Yadan, dénoncer l’antisémitisme tout en défendant la Palestine signifierait « emmerder » ceux qui luttent contre l’antisémitisme. Et manifester auprès des héritiers de Pétain, du nazisme, et des négationnistes, ça signifie quoi ?

On commémore chaque 11 novembre l’anniversaire de l’Armistice qui mit fin en 1918 à la Première Guerre mondiale, une effroyable boucherie inter-impérialiste qui fit près de 20 millions de morts, dont la moitié de civils. Et comme on célèbre aussi cette année le 100e anniversaire de l’érection du monument au Soldat inconnu sous l’arc de triomphe à Paris, Emmanuel Macron en a profité, après avoir ranimé la flamme, pour prononcer un petit discours exaltant le patriotisme de ceux qui se firent trouer la peau au seul profit de la bourgeoisie mondiale. À cette occasion Mediapart a eu la bonne idée de rappeler que dans le village de Gentioux-Pigerolles, dans la Creuse, existait un monument pacifiste aux victimes de la Grande Guerre où l’on voit un orphelin tendre un point rageur devant un message qui proclame : « Maudite soit la guerre ». Et comme l’écrivait Anatole France dans l’Humanité il y a aussi un siècle : « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels. »

Dans un appel transmis samedi à l’AFP, 3 500 médecins salariés et libéraux opposés à la suppression de l’aide médicale de l’État aux sans-papiers, s’engagent à « désobéir » et à continuer de les soigner gratuitement. Nathan Peiffer-Smadja, un infectiologue à l’hôpital Bichat de Paris qui a signé cet appel, explique que cette mesure est contraire au serment d’Hippocrate, car « on prête serment en disant qu’on donnera nos soins à quiconque le demandera, y compris les indigents ». Cet appel à désobéir, c’est une façon pour les médecins « de rester fidèles à cette ligne ». Bravo les toubibs !

Une « Marche nationale pour la Palestine » a réuni samedi environ 300 000 personnes dans la capitale britannique. À l’appel d’un collectif d’associations et d’organisations politiques et syndicales, les manifestants arboraient des drapeaux palestiniens et brandissaient des pancartes demandant « Stoppez les bombardements de Gaza ». Parmi les slogans les plus repris « Libérez la Palestine » et « Cessez-le-feu maintenant ». À noter que le gouvernement britannique, qui depuis le début apporte un soutien sans faille du gouvernement israélien, avait jugé cette manifestation « irrespectueuse » car elle coïncidait avec les cérémonies du 11 novembre. En étant lui-même « irrespectueux »  à l’égard des victimes gazaouies.  

À l’appel de l’organisation « Travailleurs pour une Palestine libre » plus de 400 personnes ont bloqué les différentes entrées de l’usine d’armement BAE System à Chatham, dans le Kent. Cette usine fabrique des composants électroniques utilisés dans les appareils de l’armée de l’air israélienne. Plusieurs organisations syndicales avaient appelé à rejoindre les manifestants qui scandaient : « 1, 2, 3, 4 – plus d’occupation, 5, 6, 7, 8 – Israël État terroriste » et « Arrêtons BAE, plus aucune bombe ne doit être lancée ».

Le président iranien, Ebrahim Raïssi, est arrivé samedi en Arabie saoudite pour participer à un sommet d’urgence de la Ligue arabe et de l’Organisation de la coopération islamique consacré à la guerre entre Israël et le Hamas. Dans sa première prise de parole il a demandé aux pays musulmans de qualifier l’armée israélienne d’« organisation terroriste ». De son côté le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a martelé qu’Israël est responsable de « crimes » contre les Palestiniens à Gaza. Tout cela est vrai. Le problème est que ces condamnations proviennent de régimes et de dirigeants qui sont les champions de la peine de mort, pratiquent au quotidien une répression féroce d’abord contre leur propre peuple mais aussi ailleurs comme au Yémen, au Kurdistan ou au Baloutchistan. Bref des orfèvres en matière de terrorisme et de crimes de guerre.

Vingt hôpitaux sont hors service a annoncé l’Organisation mondiale de la santé, affirmant par ailleurs que ceux qui n’ont pas encore fermé manquent de médicaments et de carburant pour faire fonctionner les générateurs. En outre 13 Palestiniens ont été tués et des dizaines d’autres blessés vendredi lors d’une frappe sur le complexe de l’hôpital Al-Shifa, le plus grand du territoire, pilonné par Israël. Enfin, l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a annoncé que plus de 100 de ses employés étaient morts dans le territoire palestinien depuis le début de la guerre. Jusqu’à présent l’attaque israélienne a fait plus de 11 000 victimes dont 4 500 enfants. Le carnage continue….

Le million de visiteurs étrangers qui comptent venir en France l’an prochain à l’occasion des Jeux olympiques et paralympiques pousseront la porte de restaurants dans l’espoir de goûter notre fameuse gastronomie traditionnelle, classée par l’Unesco depuis 2010 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Mais beaucoup risquent d’être déçus. Ils auront en effet neuf chances sur dix de se voir proposer de la cuisine dite « d’assemblage » confectionnée à partir de produits industriels sous vide et surgelés. En effet seuls 7 000 restaurants, sur un total de 175 000, soit 4 %, emploient un vrai cuistot en cuisine. Les autres se contentent de remettre à température au micro-ondes ou au bain-marie des plats livrés tout prêts. Ce qui ne fait pas les affaires des vrais gastronomes mais celles du groupe américain Sysco, le leader du marché, qui propose 8 500 produits dans son catalogue et réalise un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros. Malbouffe partout, gastronomie (presque) nulle part !