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Brèves

L’actualité en bref

Emmanuel Macron avait annoncé la semaine dernière la tenue d’une « conférence humanitaire » sur Gaza. Elle se déroule aujourd’hui à l’Élysée. Officiellement cette conférence vise à estimer « les réponses en termes d’aide humanitaire, dans les secteurs de la santé, de l’eau, de l’énergie et de l’alimentation ». Parmi les 80 invités des représentants des pays du Maghreb, de la Jordanie, de l’Égypte mais aussi des États membres et des institutions de l’Union européenne, ainsi que la Norvège ou encore la Suisse. Petit problème : selon le Quai d’Orsay elle ne durera que trois heures, de 10 à 13 heures, le temps pour chaque participant d’intervenir au mieux quelques minutes. Ce qui n’empêchera pas Macron de plastronner en affirmant que sa position est « équilibrée » entre bourreaux et victimes et que la voix de Paris compte dans le concert des nations. Mais c’est bien le seul à le croire.

Le Conseil d’État a validé l’expulsion de la militante palestinienne Mariam Abou Daqqa, 72 ans, décidée par le ministère de l’Intérieur dans le contexte de la répression généralisée à l’encontre des soutiens à la cause palestinienne. Le Conseil d’État a ainsi infirmé une décision du tribunal administratif de Paris qui avait suspendu l’arrêté d’expulsion pris mi-octobre par Darmanin. Membre du Front populaire de libération de la Palestine, elle était arrivée en France fin septembre pour participer à des conférences sur la situation au Moyen-Orient. Tout en reconnaissant qu’ « aucun trouble matériel à l’ordre public n’a été constaté » à l’occasion des interventions publiques de Mariam Abou Daqqa sur le sol français, le Conseil d’État l’expulse malgré tout, en niant au passage ses droits élémentaires à la liberté d’expression et à celle de circuler librement. En fait son seul tort est d’être Palestinienne et de le revendiquer fièrement.

« La République est en danger. » C’est par ces mots ronflants que la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, et son homologue au Sénat, Gérard Larcher, appellent à une marche, dimanche, contre l’antisémitisme entre les palais Bourbon et du Luxembourg. Élisabeth Borne, ainsi qu’une brochette de ministres, ont fait savoir qu’ils seraient présents ainsi que les leaders de la droite. Mais aussi ceux du Rassemblement national, héritiers d’une formation cofondée par un ancien de la Waffen SS, Léon Gaultier, et dont le leader historique, Jean-Marie Le Pen, a été condamné à de nombreuses reprises pour négationnisme et antisémitisme. Il faut se rappeler, en plus, qu’au cours de ces derniers mois – et encore à l’heure actuelle à l’occasion du projet de loi sur l’immigration – nombre de ceux qui appellent à manifester dimanche ont rivalisé dans leurs attaques contre les migrants, les Arabes, les musulmans, les sans-papiers et bien d’autres. Alors aujourd’hui leur condamnation de l’antisémitisme se confond en fait avec leur soutien inconditionnel au gouvernement israélien dans sa sale guerre contre les Palestiniens et n’a donc pas grand-chose à voir avec la lutte contre le racisme. De plus leur obstination à vouloir identifier, peu ou prou, tous les Juifs au sionisme ne fait qu’alimenter l’antisémitisme ambiant.

L’ancien président de la République est de nouveau devant la justice pour l’affaire Bygmalion qui porte sur le financement présumé illégal de sa campagne présidentielle de 2012. En première instance, en septembre 2021, Nicolas Sarkozy avait été condamné à un an de prison ferme pour avoir dépassé le plafond légal de dépenses de sa campagne. Douze anciens cadres de sa campagne ou de la société Bygmalion, qui organisait la communication et l’évènementiel, seront eux aussi rejugés pour complicité de « financement illégal de campagne, faux, escroquerie, abus de confiance ou complicité de ces infractions ». Et ce n’est là qu’un des nombreux procès qui attendent Sarkozy dont l’avocat était à l’époque un certain… Dupond-Moretti. Entre délinquants…

Seizième recours à l’article 49.3 depuis l’arrivée à Matignon d’Élisabeth Borne. La Première ministre a une nouvelle fois utilisé le 49.3 pour faire adopter sans débat le budget pour 2024. « Nous ne pouvons pas priver la France de budget » et « nous le pouvons d’autant moins que nous savons bien qu’il n’existe aucune majorité alternative capable de s’entendre autour d’un budget », a justifié la Première ministre lors d’une courte déclaration à la tribune de l’Assemblée, où elle a été huée à son arrivée. Et, une nouvelle fois, La France insoumise a répliqué par le dépôt d’une motion de censure. Comme d’hab… Le cirque parlementaire continue dans l’indifférence générale.

Pour avoir arboré des drapeaux palestiniens et des banderoles « Free Palestine » en tribune, des supporters du Celtic Glasgow ont vu leur abonnement suspendu. Le Celtic, c’est le club de football historique des ouvriers irlandais immigrés dans la très industrielle ville de Glasgow. Tandis qu’au pays, ils subissaient l’oppression de Sa Majesté (l’Irlande était une colonie), à Glasgow, ils se faisaient exploiter pour les profits du patronat britannique. Pas étonnant qu’ils éprouvent une certaine solidarité à l’égard des peuples qui subissent encore aujourd’hui les conséquences de l’impérialisme du Royaume-Uni. Cela rend les sanctions dont ils font l’objet encore plus révoltantes.

Remarquons au passage qu’en matière de colonialisme, la Palestine n’est pas la seule à souffrir du « diviser pour mieux régner ». Au fossé de sang creusé entre juifs et musulmans par l’armée britannique dans les années 1920-1930 (alors que les deux communautés vivaient en paix depuis des années) répond la séparation fratricide entre Irlande et Irlande du Nord au nom de la différence entre catholiques et protestants. La religion a de tout temps été instrumentalisée pour les intérêts des possédants et des impérialismes.

Des manifestants anti-monarchistes ont hué le roi Charles III à sa sortie du palais de Westminster alors qu’il venait de prononcer son premier discours du Trône. Arrivé en grande pompe à bord du carrosse d’or de la famille royale, le monarque, comme le veut la tradition, n’a fait que lire devant les parlementaires le texte rédigé par le Premier ministre conservateur, Rishi Sunak. Il a ainsi confirmé « l’octroi de licences pour exploiter de nouveaux gisements de pétrole et de gaz afin d’aider le pays à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 sans ajouter de charges excessives aux ménages ». Une mesure qui, lors de son adoption il y a quelques mois, avait fait hurler les mouvements écologistes et les autres défenseurs de l’environnement. Pour un roi qui, depuis des décennies, a voulu se peaufiner l’image de « l’écolo de la famille royale » cela la fiche un peu mal. De plus, les jeunes étant de moins en moins monarchistes, cela explique aussi sans doute pourquoi des centaines d’entre eux se sont retrouvés devant le Parlement en scandant des slogans tels que « Pas mon roi » et « Quel gâchis ! ». Un crime de lèse-majesté qui a été largement relayé par les médias. Tout fout le camp !

Le 1er août dernier, la Première ministre, Giorgia Meloni, décidait de supprimer le « revenu de citoyenneté », l’équivalent dans la Péninsule du revenu de solidarité active (RSA) ici, alors que des centaines de milliers de familles le touchaient. Il s’agissait d’une prestation sociale destinée aux plus démunis d’un montant moyen de 550 euros par foyer, créée en mars 2019 par le Mouvement 5 étoiles. Les rares familles qui continuaient à le percevoir en seront privées définitivement à partir du 1er janvier prochain. Les plus pauvres n’auront qu’à se débrouiller et faire appel aux organisations caritatives. Un exemple dont s’inspirent sans doute Macron et Borne qui ont commencé ici à s’en prendre au RSA par la bande.

La 28e conférence des Nations unies sur le climat (COP 28) se tiendra du 30 novembre au 12 décembre à Dubaï, aux Émirats arabes unis. Elle sera présidée par le sultan Al Jaber, ministre émirati de l’Économie et président de la compagnie pétrogazière Adnoc. Lors d’une conférence de presse il a annoncé la couleur : il va inviter à cette conférence les plus grandes banques et les plus grandes compagnies pétrolières et gazières de la planète « dans des proportions encore jamais vues » pour apporter les milliards de dollars qui manquent « afin de réussir la transition énergétique mondiale ». Et de déclarer fièrement : « Les décideurs du secteur financier seront avec nous… les personnalités du secteur technologique seront avec nous… les dirigeants de tous les secteurs industriels importants de l’économie mondiale seront avec nous. » Et, de plus, une gigantesque foire commerciale sera organisée en marge de la conférence. Bref, les principaux pollueurs de la planète seront au rendez-vous… pour sauver le climat. Une farce…