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Brèves

L’actualité en bref

Cela fait maintenant une semaine que le porte-hélicoptères français, le Tonnerre, est positionné au large de Gaza. Le deuxième plus gros bateau de la marine de guerre après le Charles-de-Gaulle, doit participer à des opérations de secours pour les populations civiles du territoire palestinien, et plus particulièrement de servir aux évacuations sanitaires des victimes du conflit. Mais pour le moment, ce navire qu’Emmanuel Macon a présenté comme à même de « soutenir les hôpitaux de Gaza », n’accueille aucun patient. Et il ne pourrait accueillir au final que deux blessés très graves et deux blessés graves selon le commandant qui dirige le bâtiment. Et pour cause. Car si celui-ci est équipé d’une soixantaine de lits et de deux blocs opératoires, il n’a pas le personnel médical adéquat, ce qui montre l’état lamentable du service de santé des armées, dénoncé il y a quelques semaines par Le Canard enchaîné. Qu’importe. En voyage au Liban le ministre des Armées, Sénastien Lecornu, a annoncé l’envoi sur zone à la mi-novembre d’un second bâtiment, le Dixmude, qui servira de navire-hôpital… une fois qu’il sera transformé et équipé. Ce qui n’est toujours pas le cas. Macron s’agite pour faire croire qu’il est (un peu) partie prenante du conflit alors qu’il a été mis hors jeu dès le début par les différents protagonistes, et en premier lieu les États-Unis.

Le 25 octobre dernier, sous le titre Tahiti-sur-Seine, le Canard enchaîné ironisait sur l’absence d’Anne Hidalgo, la maire de Paris, à une réunion interministérielle consacrée aux Jeux olympiques. Le préfet de police de Paris, Nuñez, expliquait alors : « Elle est en déplacement à Tahiti, où elle est allée inspecter les infrastructures pour l’épreuve de surf des JO » et qu’elle serait absente jusqu’à la mi-novembre. Avant de se rendre à Tahiti elle a fait un détour par la Nouvelle-Calédonie. Plus gênant, on a appris par ailleurs que l’intéressée n’a pas visité le site de surf de Teahupoo, pourtant raison principale de son déplacement, et qu’elle a envoyé un de ses adjoints, Pierre Ramadan, pour la représenter. Or Tony Estanguet, le président du Comité d’organisation des Jeux, et la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, s’étaient déjà rendus sur place il y a deux mois. L’opposition de droite au Conseil municipal de Paris s’en donne donc à cœur joie pour attaquer ce qu’elle qualifie de visite familiale d’agrément (sa fille habite Papeete) en grande partie aux frais du contribuable. Sans doute pour faire oublier ses propres turpitudes en matière financière et autres.

Des grèves multiples et des manifestations violentes secouent actuellement l’ensemble du pays et en particulier la capitale, Dacca. Plus de 250 usines sont à l’arrêt, certaines en partie détruites ou occupées. Le Bangladesh est l’un des principaux exportateurs de vêtements mondial avec quelque 3 500 usines qui fournissent les marques occidentales. Quatre millions de personnes, surtout des femmes, travaillent dans ce secteur pour un salaire moyen mensuel de 8 300 takas… soit 70 euros. Les grévistes réclament 23 000 takas (190 euros), soit presque trois fois plus. Le réseau de défense des droits des ouvriers de l’habillement Clean Clothes Campaign a condamné la répression violente, déjà deux manifestants tués par la police, accusant la plupart des grandes marques d’avoir refusé de soutenir publiquement ce mouvement. Vive la grève des travailleuses et travailleurs du textile !

Le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, a affirmé à Tel-Aviv que « le seul moyen d’assurer » la sécurité d’Israël était de créer un État palestinien. « La meilleure voie, peut-être même la seule, est celle de deux États pour deux peuples », a déclaré le chef de la diplomatie américaine. Et de poursuivre : « C’est le seul moyen d’assurer une sécurité durable » à Israël et « la seule façon de garantir que les Palestiniens réalisent leurs aspirations légitimes à un État qui leur soit propre. » C’est ce qu’on appelle se moquer du monde. Depuis des décennies, les puissances occidentales, Washington en tête, ont toujours appuyé inconditionnellement l’État sioniste dans sa guerre contre le peuple palestinien, justifiant ou fermant les yeux sur sa colonisation sauvage de la Cisjordanie, son annexion forcée de Jérusalem-Est, son blocus de Gaza et sa répression féroce contre les populations civiles. Mais elles ressortent régulièrement la vieille antienne de deux États vivant pacifiquement côte à côte, alors même qu’Israël par sa politique expansionniste et suprémaciste, que les États impérialistes, dont la France, ont cautionné, a rendu cette solution impossible. Ce qui n’empêche pas Biden et Blinken de continuer à amuser la galerie.

La ministre des Sports, Amélie Oudéa Castera, a fait savoir au Comité de suivi des JO 2024 qu’elle envisageait de prendre un décret qui modifierait le Code du travail afin de permettre aux entreprises impliquées de faire travailler leurs salariés non-stop pendant les Jeux en dérogeant au repos hebdomadaire obligatoire. Ce qui lui a valu cette réponse de Denis Gravouil, le secrétaire général de la CGT-Spectacle : « Aucun évènement ne peut justifier de suspendre le repos hebdomadaire au détriment de la santé des travailleurs. Même pendant la Coupe du monde de rugby ou le Tour de France il est maintenu. Le gouvernement veut faire des JO un laboratoire pour détricoter le droit du Travail. » Bien dit !

Le ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, sera jugé pour prise illégale d’intérêts devant la Cour de justice de la République du 6 au 17 novembre. Il lui est notamment reproché d’avoir lancé une enquête administrative contre trois magistrats du parquet national financier, qui avaient épluché ses relevés téléphoniques lorsqu’il était l’avocat de Nicolas Sarkozy en lien avec l’affaire Bismuth. Il restera à son poste durant son procès devant la Cour de justice de la République. En règle générale un ministre mis en examen se met en retrait de sa charge le temps de son procès pour préserver « la bonne administration de la justice ». Mais là Macron a décidé de maintenir Dupond-Moretti en poste pour le remercier sans doute de couvrir sans sourciller les décisions les plus douteuses de l’Exécutif. Les copains et les coquins…

Triple champion d’Europe, triple champion du monde et triple champion olympique de canoë slalom, Tony Estanguet est aujourd’hui président du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojo) de Paris 2024. Il vient de se faire épingler par Le Canard enchaîné pour le revenu annuel de 270 000 euros brut (primes non comprises) qu’il perçoit. Non pas au titre de président du Cojo, un poste bénévole, mais par le biais d’une société de service qu’il a créée et qui facture des prestations « non commerciales » au Cojo. Les factures sont d’abord établies par Tony Estanguet puis validées pour paiement par Estanguet Tony. Un vrai spécialiste du slalom financier. Avant même le début des compétitions, grâce à lui et à son équipe, les futurs JO ont d’ores et déjà décroché plusieurs médailles : celles du travail au noir sur les chantiers olympiques, du « nettoyage social » des rues de la capitale, d’expulsion d’étudiants de leur logement universitaire et du dépassement du budget primitif donc personne n’est plus capable de prédire à combien s’élèvera la note finale. Bravo, le champion !

L’animateur Cyril Hanouna, qui sévit sur les médias du très droitier groupe Bolloré – et plus particulièrement sur la chaîne de télévision C8 – a suscité nombre de protestations, de plaintes, et de propos incendiaires pour ses dérapages racistes, populistes, vulgaires et xénophobes. Et il vient soudainement de s’apercevoir que les appels au boycott, dont son émission phare Touche pas à mon poste est l’objet, étaient en fait « des actes antisémites » puisqu’il a tenu à rappeler qu’il est lui-même d’origine juive. Un faux nez très à la mode remis au goût du jour par le conflit du Moyen-Orient.

Si les actes antisémites sont largement rapportés dans les médias, voire amplifiés intentionnellement par le gouvernement pour justifier son appui inconditionnel à Netanyahou, le racisme anti-arabe et anti-musulman est systématiquement minoré, voire carrément passé sous silence. Ainsi, évoquant la hausse des actes antisémites en France sur LCI, le journaliste Pascal Perri, qui anime une émission quotidienne économique sur la même chaine, a dénoncé un « antisémitisme couscous ». Ou encore l’avocat Arno Klarsfeld a expliqué sur CNews que « les musulmans, beaucoup, travaillent sur les chantiers, ont accès à des explosifs et peuvent avoir accès à des armes à feu ». Tous des terroristes en puissance on vous dit… Dans ce climat délétère, des soutiens à la cause palestinienne, des personnes d’origine maghrébine et des musulmans ont aussi été victimes de plusieurs agressions et insultes ces dernières semaines. Mediapart a évoqué le témoignage d’un retraité tunisien, frappé et traité de « sale Arabe », avec des références au Hamas. À Roanne (Loire), le local de l’association culturelle franco-turque a été tagué de « Mort à l’Islam ». Et ce ne sont que quelques exemples parmi d’autres que Darmanin, Borne et Macron se gardent bien de commenter.