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Brèves

L’actualité en bref

Jordan Bardella, le président du Rassemblement national, a vivement critiqué sur Franceinfo le projet de loi immigration du gouvernement, qui sera examiné à partir du début du mois de novembre au Sénat. Interrogé sur le fait de savoir s’il fallait accueillir ici les femmes fuyant l’Afghanistan il a répondu « Non ! ». Et d’expliquer « qu’au regard du droit d’asile, l’Afghanistan n’est pas un pays en guerre mais en guerre civile. » Nuance. Donc, selon lui, ces femmes fuient leur pays pour ne pas être arrêtées, battues, violées voire tuées mais cela ne leur donne aucun droit d’être accueillies ici. C’est à ce genre de déclaration que l’on reconnait un véritable humaniste…

Cinq cents mineurs sud-africains occupent la mine d’or Gold One, proche de Johannesburg, depuis deux jours en raison d’un conflit entre deux syndicats. D’un côté le syndicat officiel NUM reconnu par les patrons de la mine, de l’autre le syndicat AMCU qui demande à être reconnu. Selon un responsable de l’AMCU, l’écrasante majorité des mineurs s’est prononcée pour cette reconnaissance. En effet, le syndicat NUM a été créé en 1982 par le président actuel de l’Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa, qui défend aujourd’hui le patronat et utilise le syndicat NUM comme courroie de transmission en essayant d’écarter ceux qui veulent défendre les mineurs. L’arrivée au pouvoir de politiciens noirs n’a pas fait disparaître l’inégalité sociale et a essentiellement profité à une minorité de nouveaux riches, tandis que les capitalistes blancs conservent richesses et privilèges. La suppression de l’apartheid n’a pas mis fin à l’exploitation très dure que subissent les mineurs et l’ensemble des travailleurs sud-africains, qui ont toutes les raisons de continuer à se battre.

Macron a entrepris une tournée au Moyen-Orient, avec comme première étape Tel Aviv, où il a sorti de son chapeau un plan qui consiste à proposer une alliance de tous les grands États occidentaux pour soutenir l’État d’Israël contre le Hamas. Sans un mot pour la population palestinienne de Gaza sous les bombes, alors qu’on en est à 6000 morts dont un tiers d’enfants. Autrement dit, Macron en a fait davantage que lui en a demandé Netanyahou, le président du gouvernement d’extrême droite. Celui-ci bénéficie déjà de l’appui militaire considérable des États-Unis et n’a nul besoin de celle de Macron en dehors de servir sa propagande. Ceux qui croyaient que Macron allait plaider pour l’arrêt des bombardements sont donc déçus. Mais c’est sur la solidarité des travailleurs et des peuples qu’il faut compter, pas sur les gouvernants comme Macron ou autres.

Armita Garavand, une lycéenne de 16 ans, hospitalisée depuis plusieurs semaines dans un hôpital de Téhéran, est désormais en état de mort cérébrale. Si les médias d’État indiquent qu’elle a fait une simple chute de tension, les ONG basées à l’étranger affirment qu’elle a été prise à partie par la police des mœurs dans le métro parce qu’elle ne portait pas le voile. Les autorités redoutent que cette affaire donne lieu à de nouvelles mobilisations de rue comparables à celles qui avaient suivi la mort de Masha Amini dans les mains de la police des mœurs. Car, malgré une répression féroce, des dizaines de femmes iraniennes continuent de défier le régime en refusant de porter le voile islamique.

L’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne a mené une enquête dans treize pays sur les discriminations racistes. Celle-ci montre une progression des comportements racistes entre 2016 et 2023. Selon cette enquête près de la moitié des personnes noires vivant dans l’UE sont confrontées au racisme dans leur vie quotidienne. Le rapport, intitulé « Être noir dans l’UE », montre même que le phénomène est en augmentation. En 2016, date du précédent rapport, 39 % des personnes interrogées déclaraient « avoir été victimes de racisme au cours des cinq dernières années », contre 45 % aujourd’hui. Cette « discrimination reste invisible puisque 9 % seulement la signalent », poursuit l’étude, qui note que 30 % des sondés déclarent avoir été victimes de harcèlement raciste et 31 % de discrimination au travail. Près de 12 % des personnes interrogées affirment de plus avoir été arrêtés par la police lors de l’année précédent l’enquête. Parmi ces dernières, 58 % estiment avoir été victimes de profilage racial, une pratique fréquemment dénoncée par les associations et organisations, notamment en France pour la Défenseure des droits. Les politiques anti-immigration, mises en œuvre par nombre de députés européens, ne sont sans doute pas étrangères à ce regain de racisme.

La Cour nationale du droit d’asile a ordonné la récusation d’un magistrat administratif, Jean-Marie Argoud, qui relayait des publications anti-immigration, islamophobes et pro-Algérie française sur Facebook, alors qu’il était chargé de statuer sur le sort des demandeurs d’asile. C’était effectivement un peu gênant ! La Cour, qui statue en appel sur les demandes d’asile rejetées en première instance par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides, s’est penchée sur trois demandes de récusation, déposées par des avocats qui visaient le magistrat, président vacataire de la Cour depuis octobre 2021. Finalement ces demandes ont été acceptées, a fait savoir Christine Massé-Degois, magistrate et porte-parole de la Cour. Mais Argoud n’est que la partie visible de l’iceberg dans un système judiciaire qui n’est pas épargné par le racisme et la xénophobie.

Alors que le ministère de la Santé de Palestine annonce qu’au moins 5 087 personnes, en majorité des civils incluant 2 055 enfants, ont été tués à Gaza depuis le début de l’offensive israélienne, des manifestants ont bloqué l’entrée de la Cour pénale internationale à La Haye. À l’appel du mouvement Extinction-Rébellion ils ont déployé une banderole qui proclamait : « Netanyahou est un criminel de guerre ». 19 personnes ont été arrêtées plus relâchées. La manifestation s’est déroulée alors que le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, arrivait en Israël pour rencontrer Netanyahou.

Quelques dizaines de milliers de femmes et de personnes non-binaires vont cesser leur activité aujourd’hui dans le but de protester contre les inégalités salariales et les violences sexistes et sexuelles. Et parmi elles… la Première ministre du pays, Katrín Jakobsdóttir. Elle a déclaré : « Avant tout, je fais preuve de solidarité avec les femmes islandaises. Comme vous le savez, nous n’avons pas encore atteint notre objectif d’égalité totale entre les hommes et les femmes et nous nous battrons toujours contre cet écart salarial, qui est inacceptable en 2023. » Au moins 25 000 personnes sont attendues dans le centre de Reykjavik, la capitale, et dix autres manifestations auront lieu dans ce petit pays de moins de 400 000 habitants. Les femmes et personnes non-binaires exerçant une activité non rémunérée – comme les tâches ménagères – sont aussi appelées à manifester. Les organisateurs de la grève souhaitent paralyser la société, à l’image du précédent mouvement de ce type en 1975, lorsque 90 % des Islandaises avaient refusé de travailler. Cinq ans plus tard, en 1980, Vigdís Finnbogadóttir, devenait l’une des premières femmes élue présidente d’un pays dans le monde. Elle, qui avait participé à la grève, reconnaît l’influence de ce mouvement sur son élection. Mais cette avancée symbolique n’empêche pas que les inégalités salariales restent encore criantes près d’un demi-siècle plus tard. Car si le Forum économique mondial a classé l’Islande comme la meilleure élève au palmarès de l’égalité des sexes, il n’empêche qu’il existe encore des écarts salariaux de 21 % entre les hommes et les femmes et 40 % de ces dernières ont déjà été victimes de violences sexistes ou sexuelles.

L’Observatoire européen de la fiscalité vient de publier son rapport sur l’évasion fiscale mondiale en 2022. La centaine de chercheurs qui y a travaillé estime à 1 000 milliards de dollars (soit près de 950 milliards d’euros) la somme que les entreprises transfèrent dans les paradis fiscaux sur leurs bénéfices. Quant aux milliardaires, ils ne paient que 0 à 0,5 % d’impôt sur leur fortune alors qu’une taxe à 2 % rapporterait 250 milliards de dollars chaque année. Selon l’économiste Gabriel Zucman, qui a participé à la rédaction de ce rapport, « cette grande évasion se passe avant tout en Europe : Microsoft et Apple enregistrent des dizaines de milliards d’euros de bénéfices en Irlande ». Sur les 2 800 milliards de dollars de bénéfices réalisés à l’étranger par les entreprises, 1 000 milliards ont été transférés dans des paradis fiscaux, soit 35 %. Destinations favorites de ces transferts dont les multinationales américaines sont les championnes (avec près de la moitié de leurs profits réalisés à l’étranger concernés) : l’Irlande, les Pays-Bas, les îles Vierges ou encore les îles Caïman. Et les timides mesures prises pour taxer les bénéfices sont été incapables d’enrayer le mouvement. Les milliardaires peuvent dormir tranquilles.