Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

En juillet dernier, la députée socialiste du Puy-de-Dôme, Christine Pirès-Beaune, avait demandé à la Première ministre combien coûtaient aux contribuables les anciens présidents de la République toujours en vie, en l’occurrence François Hollande et Nicolas Sarkozy. Elle vient d’obtenir une réponse. Outre une retraite brute de 6 000 euros par mois (qu’ils cumulent avec celles d’anciens élus locaux ou parlementaires), les deux hommes bénéficient de trois collaborateurs chacun, dont le salaire est pris en charge par Matignon, d’une voiture de fonction avec deux chauffeurs alors que leurs voyages en train, en bateau ou en avion (et pas en classe éco) sont intégralement couverts. On leur rembourse aussi les frais de location de leurs bureaux (169 646 euros pour Hollande et 153 903 euros pour Sarkozy) ainsi que les « frais liés aux anciennes fonctions », soit 67 171 euros pour le premier et 27 335 pour le second. Enfin leur sécurité est intégralement payée par le ministère de l’Intérieur pour un coût global d’environ 2,5 millions d’euros. On arrive donc à un total qui frise les 3 millions d’euros par an. Merci pour eux…

L’attaque au couteau, qui a coûté la vie à un professeur de lycée d’Arras et fait trois blessés, permet au gouvernement de continuer les fanfaronnades sur la sécurité en général et l’immigration en particulier. Macron a demandé à l’État et à ses ministres d’être « impitoyables », poussant le ministre de l’Intérieur à surenchérir sur la question des « délinquants étrangers » et de leur expulsion. Gérald Darmanin a annoncé avoir accéléré l’expulsion de 193 personnes inscrites au fichier des personnes radicalisées… avant d’admettre que sur ce nombre 85 n’étaient sans doute déjà plus sur le territoire français. Mais l’important c’est l’effet d’annonce ! De son côté, pour ne pas être en reste, Xavier Bertrand, le patron LR de la région Hauts-de-France (où se trouve Arras), a estimé qu’il fallait se débarrasser « des étrangers dangereux » et les placer « tous en détention administrative ». Au passage il a défendu Darmanin dont Marine Le Pen demande la démission, le trouvant trop laxiste. C’est la course à l’échalote sécuritaire de la droite et de l’extrême droite.

L’hôpital manque de personnel ? Solution Hublo ! Un agent manque d’argent pour finir le mois ? Hublo pour bosser en intérim sur ses repos ! La vie est bien faite… pour les directions hospitalières. Car si pour les salariés c’est une histoire de manque à gagner, pour cette plateforme de gestion qui permet aux agents de s’inscrire directement pour effectuer des remplacements en heures supplémentaires dans les hostos, c’est surtout une affaire de gros sous. Hublo a largement profité du contexte de pénurie de main-d’œuvre et de la crise sanitaire pour devenir indispensable aux établissements de santé et vise à conquérir l’Europe. Puisque c’est la m… partout, il n’y a pas de frontière pour les bonnes affaires ! Dans les hôpitaux, bien des agents complètent leur salaire en passant par cette plateforme. Mais ce qui pousse beaucoup à le faire, c’est précisément le trop faible niveau des salaires ! Comme liberté, on fait mieux. C’est des hausses de salaire qu’il faut !

Les élections de ce week-end ont vu le parti d’extrême droite PiS (Droit et justice) défait au profit d’une hétéroclite coalition autour de Donald Tusk, ancien Premier ministre de droite et ex-dirigeant européen. Même si ce dernier a promis de revenir sur les attaques du PiS contre le droit à l’avortement (il ne pouvait de toute façon pas faire autrement vu le mouvement massif de protestation ces dernières années), il n’y a rien à attendre de son gouvernement. Pour rappel, en dépit de ses promesses d’alors, Tusk avait, lors de son dernier passage au pouvoir, augmenté l’âge de départ à la retraite de cinq ans !

Selon un audit conduit par une société savante, les conditions de soins en néonatalogie sont très dégradées. Il manque un pédiatre dans trois quarts des services et le taux d’occupation des lits y dépasse parfois les 100 %. Cela met en danger les nourrissons malades ainsi que les adultes qui s’en occupent : nombreux sont les professionnels à faire des semaines de 50 heures et plus pour compenser le manque de moyens !

France 2 a diffusé un reportage, visible en replay, sous forme d’hommage aux ouvrières et ouvriers d’hier et d’aujourd’hui. Il résume 150 ans d’histoire qui ont vu se transformer le travail, avec l’introduction des machines, le travail à la chaîne, les 3×8, mais aussi les contremaîtres, le chronomètre et les cadences infernales… Ce sont les douleurs de machines qui usent les corps. Le reportage n’oublie pas les luttes qui ont marqué l’histoire ouvrière, car rien n’a été donné aux ouvriers : ce sont les grèves qui ont permis de réduire le temps de travail, d’améliorer les salaires. Il témoigne aussi du rôle des immigrés sans qui rien n’aurait été possible.

À travers des images d’archive et actuelles, c’est l’histoire, mais aussi l’actualité de l’exploitation qui est montrée. Avec toujours cinq millions d’ouvriers aujourd’hui en France et deux morts chaque jour dans des accidents du travail. De quoi être fier des luttes et en colère contre cette société capitaliste qui détruit les travailleuses et les travailleurs pour qu’une minorité amasse les profits.

Dans son prochain budget de la Sécurité sociale pour 2024, le gouvernement prévoit de permettre aux employeurs de faire suspendre les indemnités journalières des travailleurs en arrêt maladie. L’employeur pourrait non seulement envoyer un médecin à sa solde contrôler les malades, ce qui existe déjà, mais aussi stopper tout paiement des indemnités si ce dernier estime l’arrêt injustifié. Aux malades de faire des recours, un vrai casse-tête pour avoir gain de cause. Le principal syndicat des médecins généralistes demande la suppression de cette mesure qu’il qualifie de « casse sociale » et il a bien raison. Les patrons auraient donc la liberté de nous détruire la santé au travail et ensuite ce serait à nous de payer ? Cette mesure scélérate du gouvernement ne doit pas passer !

Alors que quatre millions de personnes sont mal logées, dont un million qui n’ont pas de logement personnel, la construction de logements ne cesse de ralentir. Pas étonnant que des étudiants se retrouvent à dormir dans leur voiture ou que les bidonvilles explosent. Une crise aggravée par la multiplication des logements vacants, qui dépassent les trois millions en 2023. Si le gouvernement appliquait la loi de réquisition, il serait largement possible de faire en sorte que plus personne ne dorme dans la rue. Mais dans la société capitaliste, un titre de propriété vaut plus qu’une vie.

La Commission européenne propose la prolongation pour encore dix ans de l’autorisation du glyphosate. Les effets néfastes de cette substance chimique sont pourtant connus, mais les intérêts des géants de l’agro-alimentaire passent avant tout. Alors même qu’un tribunal français vient de reconnaître la responsabilité du glyphosate dans les malformations et maladies d’un jeune de 16 ans, les gouvernements tergiversent sur son interdiction, à commencer par le gouvernement français qui s’est abstenu lors du vote. Un nouveau vote aura lieu en novembre pour décider si les industriels pourront continuer à nous empoisonner.