Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Il y a un an, la Cour suprême américaine a supprimé l’arrêt fédéral qui légalisait l’avortement sur tout le territoire. Dans certains pays d’Amérique latine, comme au Salvador, les femmes écopent de plusieurs dizaines d’années de prison pour avoir avorté. En Europe, le droit à l’interruption volontaire de grossesse recule, de la Pologne à la Hongrie. En Espagne ou en Italie, les médecins sont tellement nombreux à invoquer la « clause de conscience » pour refuser de pratiquer l’avortement, que les femmes sont très souvent obligées d’avorter à l’étranger. Et même en France, nombreuses sont celles qui se trouvent obligées d’aller avorter en Hollande, où l’IVG est possible jusqu’à 22 semaines, tant les délais sont longs pour obtenir un rendez-vous avec un praticien.

Quand ce ne sont pas les lois qui empêchent les femmes de disposer librement de leur corps, c’est le manque de personnel et de moyens à l’hôpital public qui s’en charge. Le 28 septembre, nous serons dans la rue pour défendre le droit à l’IVG, et les moyens pour toutes de l’exercer.

Le ministre de la Santé, Aurélien Rousseau, n’en démord pas. Il veut aller vers le doublement de la franchise sur les médicaments et les consultations médicales. Il en coutera alors aux patients un euro par boite de médicaments et deux euros par consultation. Le gouvernement, qui hésite encore tellement c’est gros, espère ainsi gratter 800 millions d’euros sur le dos des malades. À l’heure où l’inflation alimentaire annuelle dépasse les 20 %, cette mesure plongerait encore un peu plus dans la gêne, voire la misère, les plus démunis, en particulier les seniors aux petites retraites.

Le pape a donc terminé son voyage à Marseille après une messe-spectacle entouré de divers mitrés habillés de robes (mais pas d’abayas !) devant plusieurs milliers de personnes. Durant son séjour, il a tenu un discours favorable à l’accueil des migrants. Très bien. À ses côtés, Macron opine gravement du bonnet, mais se garde bien de changer de politique. Ça rappelle la tactique bien connue du gentil et du méchant flic dans les interrogatoires policiers : la compréhension et les paroles lénifiantes d’un côté, la brutalité et les coups de l’autre. Et au final, ce sont toujours les mêmes qui meurent en Méditerranée.

Selon une étude tout juste publiée, 98 % des habitants de l’Europe respirent un air pollué, notamment par les particules fines cancérigènes, en concentration supérieure aux recommandations de l’OMS. Les pays de l’est du continent sont plus pollués que ceux de l’ouest, mais tous sont frappés. Merci aux grands groupes capitalistes de la chimie et de l’énergie qui en sont parmi les principaux responsables, et aux gouvernements qui les laissent faire.

La Commission européenne se propose de prolonger l’autorisation du glyphosate pour les dix années à venir. Ce produit est le principe actif du Roundup, le pesticide fabriqué par Bayer-Monsanto. L’Organisation mondiale de la santé le tient pour « probable cancérigène » depuis 2015. Mais qu’importe, les profits rentrent dans les caisses, c’est bien le principal pour les politiciens européens. La santé des habitants, et en premier lieu des agriculteurs, passe loin derrière.

À Mayotte, les habitants manquent toujours d’eau potable, malgré les 600 000 litres envoyés en grandes pompes par le gouvernement. Un jour sur trois, rien ne sort des robinets sur l’île. Une situation qui risque de se prolonger : les infrastructures pour acheminer l’eau n’ont jamais été rénovées et Mayotte ne possède même pas d’Office de l’eau, susceptible de recenser les besoins en eau et les ressources disponibles sur place. Encore un témoignage, s’il en fallait un, du mépris de l’État français vis-à-vis de ce qu’il considère comme les restes de son empire colonial.

Pour avoir rendu public le soutien de la France au régime égyptien d’al-Sissi et les juteuses ventes d’armes qui vont avec, la journaliste Ariane Lavrilleux a été arrêtée par le renseignement intérieur français. Faisant peu de cas du secret des sources invoqué par la journaliste et ses collègues, la DGSI l’a maintenue pendant 39 heures en garde à vue en essayant de lui faire révéler d’où venaient ses informations. La République française et la dictature d’al-Sissi ont finalement beaucoup de choses en commun.

Mercredi 20 septembre, un doux fumet se propageait dans la galerie des glaces du château de Versailles. À l’occasion de la visite du roi Charles III, 160 convives étaient invités à déguster homard et champagne, grands crus et macarons. Cette profusion de luxe donne plutôt envie de vomir quand on se rappelle l’appel à l’aide lancé par la fondation des restos du cœur il y a quelques jours, témoin de l’insécurité alimentaire qui touche de plus en plus de foyers. Qu’ils s’appellent rois ou présidents, ces parasites vivent à nos crochets, il est grand temps de purger tout ça.

Toujours au rendez-vous quand il s’agit de faire du vent sous prétexte de défendre notre pouvoir d’achat, Bruno Le Maire a malheureusement encore une fois échoué. Sa demande aux distributeurs d’essence de vendre à prix coûtant n’a pas su séduire les milliardaires à la tête de Total, Intermarché, Leclerc… Bien essayé Bruno ! Entre les milliards qui tombent chaque année dans la poche des capitalistes du pétrole sous forme de profit, et ceux qui tombent dans les caisses de l’État sous forme de taxes, pas étonnant que tous ces voleurs préfèrent se renvoyer – mollement – la balle les uns les autres plutôt que d’augmenter nos salaires.