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Brèves

L’actualité en bref

La Coupe du monde de rugby vient de débuter et comme de coutume, des cortèges de supporters se regroupent dans des bars ou à domicile pour regarder les matchs. En prévision de la compétition, la direction générale de la Santé (l’une des directions du ministère du même nom) avait donc demandé en novembre 2022 à Santé publique France (l’agence nationale de santé publique) de travailler sur une campagne de prévention sur le thème « alcool et rugby ». Elle aurait dû être diffusée début septembre. Or, selon les informations de la cellule investigation de Radio France, elle a tout simplement été annulée. Tout était pourtant prêt. En février, une autre campagne a connu le même sort, comme le révélait Le Canard enchaîné. Et qui est derrière ces annulations ? Le Président lui-même, selon le docteur Bernard Basset, président de l’association France Addictions. Et de rappeler qu’en 2019, l’exécutif avait déjà refusé de soutenir le Dry January (janvier sec, c’est-à-dire sans alcool). La proximité de Macron et des lobbies pinardiers et autres alcooliers est un secret de Polichinelle. Ce qui avait d’ailleurs conduit la Revue du vin de France de faire de lui sa personnalité de l’année.

Benjamin Flohic, le président de l’association Cop1-Solidarités étudiantes, qui vient en aide aux étudiants précaires, observe un nombre de bénéficiaires qui ne cesse d’augmenter et un public « de plus en plus différent ». L’association publie, en partenariat avec l’institut Ifop, une étude qui révèle que près d’un étudiant sur deux (46 %) a déjà sauté un repas à cause de l’inflation. Flohic explique à Franceinfo : « Le chiffre qui me marque le plus, c’est qu’on a la moitié des étudiants qui se retrouvent avec 100 euros de reste à vivre après avoir payé le loyer et les charges. Simplement pour les courses alimentaires, 100 euros ce n’est vraiment rien du tout. » Il poursuit : « Pendant un temps, on avait des étudiants qui tombaient dans la précarité à cause de la chute de leurs parents dans la précarité après le Covid. Maintenant, on a des étudiants qui avaient des situations financières plutôt stables avant l’inflation et qui nous disent aujourd’hui, “à partir du 10 du mois, je n’ai plus d’argent”. » Face à cela le gouvernement a revalorisé en mars dernier les bourses de 37 euros par mois. À l’évidence le compte n’y est pas.

Depuis trois semaines, les provinces de Soueïda et de Daraa, dans le sud du pays, sont le théâtre de manifestations massives contre le président Bachar el-Assad. En théorie sous le contrôle du régime de Damas, ces provinces, fiefs de la minorité religieuse druze (également présente au Liban et en Israël), voit enfler la contestation au fil des jours, nourrie principalement par l’effondrement économique et la hausse vertigineuse coût de la vie. À cela s’ajoutent des revendications politiques comme le départ du président, des élections libres, la rédaction d’une nouvelle Constitution et le retour des réfugiés. Ils dénoncent ironiquement « la république de Captagon », en référence à la drogue de synthèse produite localement par des proches du pouvoir qui ont trouvé là un moyen de s’enrichir. Rappelons que le confit syrien, déclenché en 2011 par des manifestations massives contre le régime, a fait près d’un d’un demi-million de morts, des millions de personnes déplacées dans le pays et des millions d’autres contraintes de s’exiler au-delà des frontières. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, une ONG basée au Royaume-Uni, au moins 223 personnes ont été arrêtées au cours du mois d’août.

L’Arménie et les États-Unis viennent d’entreprendre des exercices militaires conjoints. Baptisés Eagle Partner (Partenaire de l’Aigle) ils visent officiellement à « augmenter le niveau inter-opérationnel » des forces américaines et arméniennes. 85 soldats américains vont s’entraîner aux côtés de 175 soldats arméniens dans les centres de formation Zar et Armavir situés près de la capitale. Si les effectifs concernés sont modestes, c’est plutôt le symbole qui est important. Washington profite de la frustration grandissante de l’Arménie à l’égard de son allié traditionnel russe pour prendre pied dans la région. Le gouvernement arménien dénonce en effet l’incapacité de la Russie de le soutenir face à l’Azerbaïdjan, notamment le manque d’engagement des forces de maintien de la paix russes dans le conflit opposant les deux voisins, et plus particulièrement leur refus d’obliger les soldats azéris à débloquer le corridor de Larchine, unique route reliant l’Arménie au territoire du Nagorny-Karabakh, enclave arménienne au sein de l’Azerbaïdjan. Moscou a protesté contre ces exercices militaires et le Kremlin a convoqué l’ambassadeur arménien. Mais, enlisé dans sa guerre en Ukraine, Poutine ne peut émettre que des protestations symboliques. Et pendant ce temps l’impérialisme américain avance ses pions… et pas seulement en Europe.

Après s’être accroché bec et ongles à son poste de président de la Fédération royale espagnole de football, Luis Rubiales a finalement été contraint de démissionner. Dans la tourmente pour avoir embrassé de force l’internationale espagnole Jenni Hermoso, le soir de la finale de la Coupe mondiale féminine de football, Rubiales avait d’abord parlé d’un geste consenti, puis insulté ses critiques avant de tenter de minimiser les choses. Il avait été suspendu par la Fédération nationale et faisait l’objet de plusieurs plaintes. Il a finalement cédé aux pressions nationales et internationales. On ne sait pas si cette affaire fera reculer le machisme dans les milieux sportifs (et pas seulement dans le football), mais il est certain qu’à l’avenir un comportement ouvertement sexiste sera de moins en moins toléré en public… et pas seulement par les femmes.

Emmanuel Macron, suivi par son ministre de l’Éducation nationale, Gabriel Attal, avait affirmé à plusieurs reprises qu’à la rentrée : « Il y aura bien un professeur devant chaque élève. » Or, selon une enquête du principal syndicat d’enseignants Snes-FSU des lycées et collèges, il manque au moins un professeur dans près de la moitié (48 %) des établissements secondaires hors outre-mer. Toutes les régions ne sont pas touchées de la même manière. Les trous dans les emplois du temps sont plus nombreux dans l’académie de Créteil notamment, qui regroupe trois départements dans l’est de l’Île-de-France. Le syndicat relève aussi des manques importants dans l’académie d’Orléans-Tours, dans celle de Normandie ou encore dans certaines villes comme Nantes. Les matières les plus touchées par ces pénuries sont les mathématiques, mais il manque aussi pas mal de professeurs de sciences de l’ingénieur (une spécialité portant sur les sciences et la technologie dans les domaines de la mécanique ou encore de l’informatique), ou d’anglais. Le bluff du président de la République n’a pas tenu plus que quelques jours.

Dans l’émission Quelle époque, sur France 2, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, qui se vante de déjouer un attentat tous les deux mois, a fait part de son inquiétude face à la menace terroriste venue de l’étranger. Une telle menace « se reconstitue parce que les Américains, les Français, sont moins présents au Sahel, au Levant et en Afghanistan ». Comme le chantait Michel Sardou c’était mieux avant au « temps béni des colonies ».

Les supporters de rugby ont saisi l’occasion de faire entendre aux oreilles du monde entier la haine qu’éprouvent à l’égard du président des riches tous ceux qui ne le sont pas. Copieusement sifflé à la fin de la cérémonie d’ouverture le président a continué son discours comme un automate, inaudible, mais cette fois-ci c’est parce que sa voix était recouverte par le bruit de la protestation.

Le nouveau ministre de l’Éducation, Gabriel Attal, a voulu faire sa rentrée avec la polémique sur le prétendu déferlement des abayas dans les écoles de la République (un de ses prédécesseurs, Blanquer, préférait s’en prendre aux crop tops). En tout et pour tout, 300 élèves ont été recensées, vêtues de cet habit que nombre de personnes ne connaissait pas avant que le ministre n’en fasse la publicité. Rapporté aux 12 millions d’élèves qui ont fait leur rentrée mardi dernier, ça fait une élève sur 40 000. Suffisant pour donner un os à ronger à un Zemmour, mais pas assez pour dissimuler les 3400 postes de profs non pourvus !