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Brèves

L’actualité en bref

Constat édifiant fait par Le Figaro : en 70 ans, le continent a connu 219 coups d’États (réussis ou non), soit plus de trois par an. Les années 60-70 ont été les plus instables, avec les luttes entre factions dans les régimes post-coloniaux. Le calme relatif des années 2000-2010 n’a pas empêché le retour des révolutions de palais depuis 2020 : déjà 14 coups d’États dont 9 « réussis ». Les grandes puissances impérialistes ne sont jamais loin, elles qui ont assis le maintien de leurs intérêts sur la collaboration avec les régimes militaires, dont elles ont souvent même formé les officiers, quitte à chaque crise de soutenir l’un ou l’autre camp, ou simplement, d’attendre de voir qui serait le vainqueur pour tirer les marrons du feu. Les peuples, eux, sont toujours perdants.

Le gouvernement a fait l’annonce « fracassante » de débloquer 1,1 milliard d’euros pour augmenter les rémunérations des soignants. Concrètement, à compter du 1er janvier 2024, les heures de nuit seront rémunérées 25 % de plus qu’en journée et les dimanches et jours fériés 20 % de plus. Quand on fait le calcul, on se rend compte que le gouvernement promet à ceux qui acceptent de s’épuiser à travailler de nuit de gagner… à peine plus que l’inflation !

Les Restos du cœur, créés en 1985 par Coluche, vont peut-être devoir réduire de 150 000 le nombre de repas servis cet hiver. L’association, est en difficulté financière alors que le nombre de bénéficiaires a grimpé en un an de 1,1 à 1,3 million. Voilà que le patron de LVMH, Bernard Arnault, est venu voler à leur secours avec un don de 10 millions d’euros. Un véritable effort pour lui ! Rendez-vous compte : avec sa fortune totale estimée à 200 milliards, c’est comme si avec 2 000 euros sur votre compte, vous donniez… 10 centimes !

À l’occasion de la tenue du G20 dans la capitale indienne, le Premier ministre, Narendra Modi, a fait effectuer un lifting de masse des rues de la capitale. Mais il ne s’est pas contenté de les faire nettoyer et de les fleurir. Il a fait interdire la circulation et les marchés dans les principales avenues de la ville en érigeant, un peu partout, des bâches géantes à son effigie pour cacher les bidonvilles. De plus les habitants de ces derniers ont interdiction de sortir de chez eux pendant les trois jours du sommet, la police étant mobilisée pour faire respecter ces consignes. La pauvreté est toujours là mais mieux vaut la cacher pour ne pas ternir la réputation de l’Inde comme « grande puissance émergente ».

Le Théâtre de la liberté (Freedom Theatre) est, en Palestine, un des phares de l’expression culturelle palestinienne. Situé au sein du camp de réfugiés de Jénine, il accueille des intellectuels et des artistes venus de toute la Palestine mais aussi de l’étranger. Il se veut également le sanctuaire de la libre expression pour enfants et adultes. À ce titre, il est régulièrement pointé du doigt par l’armée israélienne qui arrête ses collaborateurs, confisque des documents et entrave l’activité de ce lieu de création. Il avait été déjà la cible de l’occupant en juillet et l’a été de nouveau le 6 septembre. Ce qui n’a nullement empêché les dirigeants du Théâtre de déclarer : « Au cœur de l’adversité, l’esprit de résilience et la détermination brillent de tous leurs feux parmi les réfugiés du camp de Jénine, en particulier entre les murs du Freedom Theatre. La poursuite de l’expression artistique et la lutte pour la justice continuent, puisque nous refusons d’être réduits au silence par les défis qui nous cernent. »

Il y a cinquante ans, le 11 septembre 1973, le chef de l’armée, le général Augusto Pinochet, renversait le régime du président Salvador Allende qui gouvernait le pays à la tête d’un gouvernement de gauche d’Unité populaire, une alliance entre son propre Parti socialiste, le Parti communiste et d’autres petites formations de gauche. Allende se suicida dans le palais présidentiel pour ne pas tomber aux mains des insurgés. Commença alors la chasse aux militants de gauche et aux syndicalistes dont des milliers furent tués ou disparurent sans laisser trace alors qu’un nombre encore plus important fut emprisonné. Le régime de terreur militaire dura pendant 17 ans. Réalisé avec l’appui de la CIA américaine, informée depuis le début des intentions des militaires, le coup d’État était dirigé contre les masses populaires qui soutenaient Allende mais avaient commencé à s’auto-organiser dans les entreprises et les quartiers populaires dans des « cordons industriels ». La droite, l’armée et les États-Unis voyaient d’un très mauvais œil ces mobilisations et les timides pas en avant d’Allende dans la voie des nationalisations et de la réforme agraire. Et malgré un premier coup d’État manqué en juillet 1973, la gauche du gouvernement continua de dresser des couronnes à l’armée. Le secrétaire général du Parti communiste, Luis Corvalan, déclara peu après : « Nous continuons de soutenir sans réserve le caractère professionnel des institutions militaires » garantissant même le « légalisme » de Pinochet. On connait la suite. En répandant ses propres illusions sur l’armée, la police et les autres corps de répression, la gauche réformiste chilienne signa non seulement son propre arrêt de mort mais livra pieds et poings liés les masses populaires à la soldatesque.

Au cri de « On veut de l’eau, on veut de l’eau », des manifestants se sont réunis ce samedi devant les locaux du syndicat des eaux en brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Sans eau, on coule », « À l’eau citoyens », « Ouvrez les vannes, Mayotte a soif et veut des explications ».
Ils protestaient contre le fait que les habitants du petit archipel sont depuis lundi privés d’eau deux jours sur trois. Mais, depuis plusieurs mois déjà, l’eau est distribuée au compte-goutte aux quelque 310 000 résidents du territoire. Nombre de participants sont issus des professions médicales et s’inquiètent des risques que le manque d’eau fait courir à leurs patients alors que nombre d’entre eux n’ont pas les moyens de s’offrir quotidiennement des bouteilles d’eau dont le prix est compris entre trois et huit euros le pack de huit. En queue de cortège, une enseignante, Marianne Petit, se fait du souci pour les 500 élèves de son école, à Tsoundzou, au sud de Mamoudzou, le chef-lieu de l’île : « La semaine prochaine, ma classe ne viendra que mardi et vendredi matin, les seuls jours où il y a de l’eau. Le reste du temps, nous ne pouvons pas ouvrir, nous ne sommes pas sur le chemin de l’eau et nous n’avons pas de cuve. On sait que le niveau scolaire est bas à Mayotte, là ils vont finir l’année en ne sachant toujours pas lire… » Triste héritage pour ce 101e département français dont le statut masque mal la réalité coloniale.

À l’appel de l’Intersyndicale nationale VTC, plusieurs dizaines de chauffeurs de VTC (voiture de transport avec chauffeur) se sont rassemblés dans les rues de la capitale pour « sauver leur avenir ». Ils avaient prévu une opération escargot jusqu’aux abords du Stade de France qui a finalement été interdite par la préfecture de police. Ils entendaient notamment protester contre leur « exclusion » des Jeux olympiques l’an prochain dans la capitale. Brahim Ben Ali, un des responsables de l’Intersyndicale, estime qu’ « aujourd’hui, on fait tout pour mettre des bâtons dans les roues des VTC », devenus « les gueux du transport ». Et il ajoute que lors des JO de 2024 « 185 km de voies seront réservés en Île-de-France aux chauffeurs accrédités pour les JO, aux taxis, mais pas aux chauffeurs de VTC ». Et de conclure : « On est exclus et on va forcer les clients à prendre un autre mode de transport. » Au-delà de leurs revendications purement corporatistes (comme le report de deux ans de la date d’interdiction de véhicules polluants dans Paris), beaucoup de chauffeurs de VTC, ex-salariés ou ex-chômeurs, vivent sur l’illusion d’être de soi-disant « auto-entrepreneurs » alors même que leurs revenus avoisinent souvent le Smic. Ils font partie des damnés de la terre, même s’ils n’ont pas forcément conscience de l’être.

102 personnes ont été exécutées depuis le début de l’année selon un décompte de l’Agence France-Presse, fondé sur des données officielles. Certaines personnes ont été condamnées à la peine capitale « pour tout et n’importe quoi, allant de quelques tweets à des délits liés à la drogue, à l’issue de procès grossièrement inéquitables », a fustigé Heba Morayef., responsable du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord à Amnesty International. En ajoutant : « En contradiction flagrante avec leurs promesses de limiter le recours à la peine de mort, les autorités saoudiennes ont déjà exécuté cent personnes cette année, révélant leur mépris glaçant pour le droit à la vie. » Selon plusieurs organisations, ces exécutions ont largement augmenté depuis l’arrivée au pouvoir en 2015 du roi Salmane, qui a depuis donné à son fils, Mohammed ben Salmane (MBS), les commandes du pouvoir. Ce dernier s’était déjà tristement illustré en faisant assassiner et découper en morceaux un journaliste oppositionnel, Jamal Khashoggi, le 2 octobre 2018 au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul. Sanguinaire un jour, sanguinaire toujours !