Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Interrogé par l’Agence France-Presse, Pascal Brice, le président de la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), qui regroupe plusieurs centaines d’associations du secteur, souligne la fragilisation du public précaire et un basculement vers la pauvreté de personnes qui étaient jusqu’à présent « sur le fil ». Il explique : « Il y a deux phénomènes : il y a des personnes qui étaient déjà dans une situation de pauvreté pour lesquelles ça s’enracine, essentiellement des femmes seules avec enfants, des étudiants ou des étrangers. Cela devient compliqué pour elles, soit parce qu’elles sont expulsées de leur logement pour hausse de loyer, soit parce que la hausse des prix de l’énergie et de l’alimentation sont telles qu’elles ne peuvent plus faire face, soit parce qu’elles sont dans des hébergements d’urgence alors que le gouvernement est en train d’en fermer. » Et d’ajouter : « Il y a également les personnes qui étaient à la limite et qui basculent, le plus souvent des travailleurs pauvres, des actifs, salariés ou indépendants, des auto-entrepreneurs qui sont rattrapés par les coûts du logement. » Selon l’Insee, quelque 9,2 millions de personnes, soit 14,6 % de la population, vivent en dessous de ce seuil en métropole, auxquelles il faut ajouter quelques centaines de milliers dans les départements et territoires d’outre-mer.

L’opposant principal au président Omar Bongo, Ondo Ossa, a affirmé que la prise de pouvoir par les militaires dans son pays était une « révolution de palais » qui maintient en place le système Bongo. Il a déclaré sur TV5 Monde : « Il faut situer les choses dans leur contexte. D’abord ce n’est pas un coup d’État, c’est une révolution de palais. Oligui Nguema est le cousin (germain) d’Ali Bongo […] Les Bongo ont trouvé qu’il fallait mettre Ali Bongo de côté pour poursuivre effectivement le système Bongo… ils ont mis en avant Oligui Nguema mais derrière lui, nous savons qui est là. C’est toujours le système Bongo qui continue. Oligui Nguema est un sous-fifre. » Le général Brice Oligui Nguema, ancien chef de la garde présidentielle et nouvel homme fort du pays, a été nommé « président de la transition ». La corruption de la famille Bongo, qui lui a permis d’acquérir un empire immobilier luxueux à Paris, sur la Côte d’Azur mais aussi à Washington et en Floride, est bien connue et dénoncée de longue date. Mais Oligui Nguema n’est pas blanc comme neige. Selon l’association anti-corruption américaine Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) il possèderait trois villas dans le Maryland qu’il aurait payées cash un million de dollars entre 2015 et 2018. Interrogé sur ses acquisitions il s’est retranché derrière « le respect de la vie privée ». Le peuple gabonais est peut-être débarrassé d’Omar Bongo mais certainement pas de la corruption.

À 30 ans, Mitra Hejazipour, est devenue championne de France d’échecs lors du 96e championnat qui se tenait à l’Alpe d’Huez à la fin du mois dernier. D’origine iranienne elle avait été exclue de son équipe nationale pour avoir refusé de porter le hidjab, le voile islamique, lors des championnats du monde de Moscou en 2019. La Fédération iranienne d’échecs, après avoir vu, sur les réseaux sociaux, une photo d’elle cheveux attachés en queue-de-cheval, avait d’abord annoncé que Mitra Hejazipour ne faisait pas partie de l’équipe iranienne. Puis elle l’avait officiellement exclue pour « non-respect des lois » le 2 janvier 2020. La joueuse avait aussi posté un message sur Instagram dénonçant le voile en écrivant : « Il crée de nombreuses limitations pour les femmes et les prive de leurs droits fondamentaux. S’agit-il d’une protection ? Je réponds que non, qu’il s’agit uniquement et simplement d’une limitation. » Elle a toujours refusé de renier ses positions et s’est finalement exilée à Brest avant d’obtenir la nationalité française en mars dernier. Elle est la deuxième joueuse à avoir dû quitter l’équipe nationale iranienne pour avoir refusé de porter le hidjab, deux ans après Dorsa Derakhshani, qui elle réside depuis 2017 aux États-Unis.

En raison de difficultés financières, les Restos du cœur vont être contraints de réduire cet hiver le nombre de leurs bénéficiaires. Patrice Douret, le président de l’association créée en 1985 par Coluche, estime qu’environ 150 000 personnes devront être éconduites alors que le nombre de bénéficiaires a grimpé en un an de 1,1 à 1,3 million. Face à cette situation, les patrons de Carrefour, d’Intermarché et de LVMH ont promis leur soutien et Aurore Bergé, la ministre des Solidarités, a annoncé une aide supplémentaire de 15 millions d’euros. On ne sait pas si cela sera suffisant mais là n’est pas la question. Il est scandaleux que dans l’un des pays les plus riches du monde, quatre millions de personnes dépendent quotidiennement pour manger de l’action d’associations comme les Restos du cœur, le Secours populaire, le Secours catholique, la Croix-Rouge, les banques alimentaires ou autres, alors que dans le même temps les grands groupes engrangent des profits record et que les nantis n’ont jamais été aussi nombreux ni aussi riches.

L’inflation a conduit de nombreuses familles à revoir à la baisse leur budget dédié aux fournitures scolaires. Par rapport à 2022, les dépenses de rentrée scolaire ont chuté de près de 13 % alors que les prix s’envolaient de 11,3 %. Des parents s’en tirent avec des commandes groupées pour faire baisser les prix, d’autres se fournissent en articles de seconde main alors que certaines communes distribuent gratuitement des kits scolaires pour les familles les plus pauvres. Mais, comme tout le monde le constate, il est de plus en plus difficile de faire face à l’inflation, dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres.

Dans une interview au Journal du dimanche, Éric Ciotti, le président des Républicains, a de nouveau rappelé qu’il était très favorable au port de l’uniforme à l’école et au collège. « Nous souhaitons lancer une expérimentation dans ce sens, dans les collèges des Alpes-Maritimes, en accord avec le président du conseil départemental » a-t-il affirmé. Ciotti, qui est député de ce département, a expliqué avoir évoqué cette idée avec Gabriel Attal, le ministre de l’Éducation nationale, qui, fin juillet, s’y était déclaré favorable… ainsi que Macron d’ailleurs. De leur côté deux maires d’extrême droite, Louis Aliot (Perpignan) et Robert Ménard (Béziers), ont indiqué vouloir suivre la même voie. En 2022, Ciotti avait déjà déposé un projet de loi dans ce sens. Avec l’appui de la droite et de l’extrême droite et pour les flatter, le gouvernement tente donc, par petites touches, d’imposer la lubie de l’uniforme aux élèves pour que les établissements d’enseignement ressemblent un peu plus à des casernes. Très peu pour nous.

Plus de 2 000 personnes ont été jugées en lien avec les émeutes qui ont suivi la mort de Nahel, tué par un policier à Nanterre le 27 juin. Parmi celles-ci, près de 1 800, soit 90 %, ont été condamnées à des peines de prison. La police matraque, gaze, mutile et tue. La justice finit le travail en envoyant en prison. Une leçon de la démocratie des riches.

Le gouvernement a décidé d’octroyer quatre milliards d’euros au patronat pour qu’il veuille bien développer une filière de production d’hydrogène bas carbone. Dans le même temps, Élisabeth Borne annonce son intention de donner une enveloppe d’un milliard aux hôpitaux, somme totalement insuffisante pour commencer à améliorer le fonctionnement du système de santé. Avec son budget issu principalement du contribuable, le gouvernement mitonne la fameuse recette du pâté d’alouettes : un cheval de cadeaux aux patrons et une alouette de promesses pour les hospitaliers.

La Première ministre a annoncé son intention de revaloriser les salaires du personnel hospitalier à hauteur d’un peu plus d’un milliard d’euros. Cette somme pourrait paraître conséquente, mais 600 millions existent déjà et seraient simplement « pérennisés » et les 500 millions restants serviront juste à augmenter, en pourcentage, les tarifs de certaines primes pour le travail de nuit et de week-end. C’est de bien autre chose que de quelques aumônes qu’aurait besoin le système de santé pour sortir la tête de l’eau : des augmentations uniformes pour tout le personnel d’au moins 400 euros et l’embauche massive de nouveaux hospitaliers.