Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Macron a réuni les chefs des partis politiques pour des discussions sur la situation internationale, les institutions et la « cohésion de la nation » après les émeutes du début de l’été. Pour les écologistes « rien de nouveau sous le soleil », pour La France insoumise « l’impression de vivre douze heures sur la planète Mars » et pour le Parti socialiste « on est loin du grand soir ». Fabien Roussel, le leader du PCF, lui, était plutôt satisfait et confiait « je ne peux pas dire maintenant que ça n’a servi à rien… On s’est parlé, et se parler c’est déjà une bonne chose ». Et tous ces politiciens ont accepté de remettre le couvert à la prochaine occasion. La gauche de gouvernement adore discutailler avec Macron ou au Parlement. Pourtant, seules nos mobilisations pourront changer notre sort.

La journaliste iranienne de 23 ans qui avait bravé les autorités de la république islamique d’Iran lors de sa sortie de prison en publiant des photos d’elle tête nue sur les réseaux sociaux vient d’être à nouveau arrêtée pour ne pas avoir porté de voile en public. Elle venait d’être libérée sous caution alors qu’elle avait été condamnée à deux ans de prison pour avoir interviewé le père de Masha Amini, dont la mort en détention en septembre 2022 avait déclenché une vaste mobilisation dans tout le pays. C’est la quatrième fois en un an que Nazila Maroufian est interpelée alors que l’oppression des femmes par les autorités iraniennes continue de frapper dans le pays.

En ce mois de septembre 2023, ce sont les étudiants, et notamment les moins favorisés, qui font les frais de la crise du logement. Sur les 700 000 boursiers recensés, seulement 174 000 auront une place dans un logement étudiant. Pour ceux qui restent, la recherche d’une chambre dans le parc privé relève du parcours du combattant, car là aussi il y a beaucoup de demandes et peu d’élus. Dans les grandes villes, il faudra envoyer des dizaines de dossiers pour espérer visiter des studios dont les prix ont augmenté d’environ 6 % à Paris, Bordeaux ou Brest. Résultat : les jeunes renoncent à des formations dans lesquelles ils ont été acceptés, ou bien enchaînent les petits boulots pour pouvoir faire face à l’inflation immobilière. De quoi rire au nez du gouvernement quand il nous joue l’air de pipeau de « l’égalité des chances ».

Deux-mille enfants dorment dans la rue en cette rentrée scolaire, selon l’Unicef. C’est 20 % de plus que l’an dernier. Mais plutôt que de remettre les moyens rabotés pour l’hébergement d’urgence, les préfets édictent de nouveaux critères de tri. Le gouvernement ne cesse de réduire la construction de logement sociaux et se préoccupe surtout de faciliter les expulsions locatives, tandis que le montant des loyers explose : une politique anti-pauvres dont les enfants sont les premières victimes.

Non content de condamner à la pelle les jeunes qui se sont révoltés à la suite de la mort de Nahel, Darmanin demande maintenant leur expulsion systématique et celle de leur famille de leur logement social. Comme s’il n’y avait pas déjà assez de monde à la rue ! Double peine et punition collective : cette politique répressive du gouvernement est le reflet de la haine de classe d’une bourgeoisie qui n’a que la terreur pour imposer sa politique désastreuse pour les classes populaires.

Cet été, Élisabeth Borne a envoyé ses instructions aux organisations patronales et syndicats gestionnaires de l’Unédic : il faudra encore durcir les règles pour toucher l’allocation-chômage. Et si les « partenaires sociaux » ne s’exécutent pas, le gouvernement reprendra la main !
Borne voudrait ainsi économiser jusqu’à 4 milliards d’euros par an d’ici 2026, qui basculeraient vers France travail. Les cotisations chômage ne serviraient donc plus à être indemnisé quand on est au chômage, mais à payer les formations à la place des patrons. Et tant pis si les futurs formés n’ont plus de quoi vivre pendant ce temps.

Vendredi, le policier à l’origine de l’amputation du crâne du jeune Hedi pendant les émeutes du début de l’été était remis en liberté. Le même jour, les trois gendarmes responsables de la mort d’Adama Traoré bénéficiaient d’un non-lieu. La justice est tendre avec ses flics.

Après douze heures de réunion, Macron, les partis politiques et les syndicats ont enfin pris une décision concernant les salaires : se revoir, pour une nouvelle réunion ! La leçon donnée pendant les négociations sur la réforme des retraites n’a pas suffi, et tout ce beau monde, partis de gauche et organisations syndicales, va donc retourner à la table des négociations pour quémander quelques miettes. Le grand blabla fait sa rentrée, mais on compte bien la perturber par la nôtre, celle des luttes !

Inflation record, hausse des prix, salaires… Dans les hautes sphères, tout le monde fait mine de s’inquiéter, les médias tournent en boucle mais nos comptes en banque sont toujours autant dans le rouge. Ils cherchent des solutions ? Quelle blague ! Quand on voit les 81 milliards de profits du CAC40 au premier semestre 2023, les élucubrations de Bruno Le Maire et ses amis les industriels ressemblent surtout à du foutage de gueule…