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Brèves

L’actualité en bref

Les autorités ont décidé d’inscrire Dmitri Mouratov, le rédacteur en chef du journal indépendant Novaïa Gazeta, colauréat du prix Nobel de la paix 2021, sur sa liste des « agents de l’étranger », étiquette infamante utilisée pour étouffer les critiques. Le ministère de la Justice a déclaré que Mouratov avait « utilisé des plateformes étrangères pour diffuser des opinions visant à former une attitude négative à l’égard de la politique étrangère et intérieure de la fédération de Russie ». Ce statut, qui rappelle le qualificatif d’ « ennemi du peuple » de l’époque stalinienne, impose aux personnes visées des contraintes administratives dont un contrôle régulier de leurs sources de financement. Il oblige également d’accompagner toute publication, y compris sur les réseaux sociaux, du label « agent de l’étranger ». Novaïa Gazeta a vu, depuis 2000, six de ses journalistes ou collaborateurs tués, dont la journaliste d’investigation Anna Politkovskaïa, assassinée dans le hall de son immeuble le jour de l’anniversaire de Vladimir Poutine. Une autre de ses journalistes, Elena Milachina, a été hospitalisée en juillet après avoir été passée à tabac. Enfin il y a presque un an jour pour jour, Novaïa Gazeta avait déjà vu, coup sur coup, la licence de la version papier du journal, puis l’autorisation de diffusion sur Internet, révoquées. Malgré tout, Mouratov et son équipe continuent de se battre.

À partir de lundi, des restrictions drastiques vont être imposées aux Mahorais, privés d’eau les deux tiers du temps dans la quasi-totalité du territoire. « L’eau sera coupée à 16 heures puis remise à la même heure 48 heures plus tard », a écrit la préfecture dans un communiqué.

Si le manque de pluie y est bien sûr pour quelque chose, il n’explique pas tout. Depuis des années les autorités ont laissé les infrastructures à l’abandon. Par exemple les chantiers annoncés après la sécheresse catastrophique de 2016 ont pris du retard. La remise à niveau de l’usine de dessalement de Petite-Terre devait être terminée pour une mise en service à l’été 2022. Cela n’a pas été le cas et la date repoussée à la fin de cette année. Pour les habitants, la situation est d’autant plus insupportable que les coupures surviennent aussi en dehors des horaires imposés par la préfecture. Certains s’en tirent en achetant de l’eau minérale mais tous ne peuvent pas le faire, faute de moyens financiers, 77 % des Mahorais vivant sous le seuil de pauvreté. De plus l’Agence régionale de santé recommande de faire bouillir l’eau du robinet avant de la consommer, car elle peut être polluée

Comme le fait remarquer un enseignant de Mamoudzou interviewé par France info : « On a été capable d’envoyer 1 800 gendarmes et policiers dans le cadre de l’opération Wuambushu (contre les migrants) on aurait mieux fait de trouver une solution aux coupures d’eau. » Preuve que là-bas aussi, pour nos gouvernants, la chasse aux clandestins passe largement avant le bien être de la population.

Le président de la République avait affirmé le mois dernier, dans une interview accordée au magazine Le Point, que « plus un enseignant ne sera payé moins de 2 000 euros net à partir de cette rentrée ». Pieux mensonge. Cette affirmation ne concerne que les professeurs titulaires. En effet le tableau de rémunération publiée par le ministère de l’Éducations nationale montre que le salaire d’un enseignant stagiaire, la première année après le concours, restera inférieur à 2 000 euros et sera de 1 842 euros net pour un « temps plein devant des élèves ». Quant aux contractuels, leur rémunération minimale dépassera à peine le smic et sera en moyenne de 1 790 euros nets par mois. On est loin du compte. Au total, la rémunération des enseignants augmentera de 5,5 % à la rentrée, une augmentation en deçà de la promesse initiale de 10 % faite par Emmanuel Macron lors de sa campagne présidentielle et qui ne compense même pas l’inflation.

Un policier a été mis en examen pour des violences aggravées sur un homme de 36 ans, Otman, présentant sept fractures au visage. C’est la quatrième affaire de ce type qui implique la police marseillaise depuis les violences urbaines survenus fin juin-début juillet. Le policier impliqué est accusé de violences aggravées, menaces ou actes d’intimidation pour déterminer une victime à ne pas déposer plainte et abus d’autorité par personne dépositaire de l’ordre public pour faire échec à l’exécution de la loi. Il a en outre été placé sous contrôle judiciaire. Avant lui, tous atteints par des tirs de lanceurs de balles de défense (LBD), Hedi avait dû être amputé d’une partie du crâne, Mohamed avait été victime d’une crise cardiaque mortelle et Abdelkarim avait perdu l’usage d’un œil. Mais, comme dirait Darmanin, les violences policières n’existent pas.

Une policière de 42 ans, mère de quatre enfants, a été assassinée en pleine rue avec une arme de type machette par son ex-mari. Le drame s’est déroulé dans le village de La-Croix-de-la-Rochette, près de Chambéry, alors que la victime venait de déposer un de ses enfants à la crèche. L’homme, qui avait pris la fuite, a finalement été interpellé. Il s’agit du 77e féminicide par conjoint ou ex-conjoint enregistré depuis le début de l’année contre 112 en 2022 et 122 en 2021.

Le journaliste australien Julian Assange, emprisonné depuis quatre ans et demi au Royaume-Uni, risque à tout moment d’être extradé vers les États-Unis où il risque jusqu’à 175 années de prison pour « espionnage ». En réalité, le fondateur de WikiLeaks est poursuivi par Washington pour avoir révélé les crimes de guerre commis par l’armée américaine, notamment en Irak et en Afghanistan. Ces informations ont été largement reprises par la presse internationale sans jamais être démenties. C’est pourquoi, en solidarité avec lui, le Comité pour la libération de Julian Assange et la Fédération internationale des journalistes appellent à un rassemblement devant l’ambassade d’Australie à Paris ce dimanche 4 septembre à 14 heures (4 rue Jean Rey. 15e arrondissement, métro Bir Hakeim – ligne 6 – ou RER C Champs de Mars-Tour Eiffel). Des manifestations similaires auront lieu ce week-end devant toutes les ambassades australiennes dans le monde !

Selon une première estimation de l’Insee, l’indice des prix à la consommation a progressé de 4,8 % sur un an en août, nettement plus qu’en juillet où elle s’était établie à 4,3 %. L’accélération de la hausse des prix constatée le mois dernier – la première depuis le mois d’avril – s’explique en partie par « le rebond des prix de l’énergie » avec notamment la hausse de 10 % du tarif règlementé de l’électricité. Principaux moteurs de l’inflation ces derniers mois, les prix alimentaires ont eux progressé de 11,1 % sur un an. Après avoir reconnu que les grands distributeurs s’en étaient mis plein les poches en répercutant la baisse des coûts dans leurs magasins avec parfois plus de trois mois de retard, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a annoncé un blocage des prix au détail concernant 5 000 produits sur les 20 000 et plus proposés aux consommateurs. Une mesure dérisoire dont l’application dépendra en outre des géants de la distribution. On peut leur faire confiance pour ne pas trop écorner leurs bénéfices. Une annonce qui n’aura donc guère d’effets sur le budget des ménages modestes.

Le tribunal administratif de Paris a suspendu la décision du Centre régional des œuvres universitaires et scolaires (Crous) de limiter au 30 juin les baux d’occupation des logements étudiants en vue des JO de Paris 2024. Il s’agissait de déloger les étudiants des résidences universitaires pour accueillir à leur place le personnel d’accompagnement des Jeux olympiques (forces de sécurité, soignants, secouristes, agents de sécurité…). Selon la justice, la décision du Crous « revient à faire primer les intérêts des participants aux Jeux olympiques sur la situation des étudiants alors que les Crous ont pour mission d’assurer aux étudiants une qualité de vie, au regard des incertitudes qui l’entourent ». Elle dénonce également l’absence de « garanties offertes aux étudiants » et reproche au Crous d’avoir pris une initiative qui « réduit le nombre de logements mobilisés pour les personnes prioritaires ». Le tribunal avait été saisi par le syndicat Solidaires contre cette décision d’autant plus scandaleuse et injuste qu’elle visait des étudiants boursiers qui, faute de moyens financiers suffisants, ont toutes les peines à trouver à se loger.

Fidèle à son « tout répressif », le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a adressé une instruction aux préfets pour systématiser l’expulsion des « délinquants » des logements sociaux, en particulier ceux condamnés dans le cadre des émeutes urbaines de juin dernier suite au meurtre de Nahel. Il leur demande de saisir systématiquement les bailleurs sociaux et la justice pour accélérer les choses. Rappelons que déjà en octobre 2022, le même Darmanin voulait « généraliser » l’expulsion des familles de délinquants de leur logement social quand elles s’étaient montrées « défaillantes ». Mettre à la rue des familles pauvres en difficulté multipliera sans doute le nombre de sans-abri et ne réglera rien aux problèmes liés à la délinquance. Mais taper sur les plus modestes (sans domicile fixe, migrants, demandeurs d’asile, chômeurs, jeunes des banlieues et des quartiers populaires) est la philosophie dominante d’un gouvernement entièrement au service des riches.