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Brèves

L’actualité en bref

Une cour d’appel de La Nouvelle-Orléans s’est prononcée en faveur du rétablissement de restrictions d’accès à la pilule abortive. Cet arrêt, s’il était confirmé par la Cour suprême qui aura le dernier mot, se traduirait par un retour à une limite de sept semaines de grossesse au lieu de dix, l’interdiction de l’envoi de la pilule abortive par la poste, et le rétablissement de l’obligation de prescription exclusivement par un médecin. La décision fait suite à une audience tenue en mai devant cette cour sur l’accès à la mifépristone (RU 486) qui, combinée à un autre cachet, a été utilisée par 5,6 millions de femmes depuis son agrément par l’Agence américaine du médicament en 2000. Si cette décision était confirmée, cela marquerait un nouveau retour en arrière pour la cause des femmes.

Nicolas Sarkozy vient de faire sa rentrée politique en donnant une interview fleuve au Figaro. Entre un soutien à peine déguisé à Vladimir Poutine (qui en 2018 lui avait fait grassement payer des « conférences » données en fédération de Russie) et son adoubement de Gérald Darmanin comme candidat de la droite aux présidentielles de 2027, l’ancien président de la République revient sur les émeutes qui ont touché de nombreuses villes ces dernières semaines. Lui avait, parait-il, tout prévu contrairement… à Macron. « Personne ne peut être surpris » lâche-t-il dans les colonnes du quotidien de droite. Et les responsables de cette situation sont, selon lui, tout trouvés : dans l’ordre, Mai 68 et l’immigration. Un classique chez les politiciens de droite qui n’ont jamais digéré la révolte étudiante et la grève générale qui s’ensuivit et qui trouvent chez les migrants des boucs émissaires faciles au mécontentement populaire. Des poncifs que Sarkozy ressasse depuis des décennies.

La grève parmi le personnel de la compagnie aérienne initiée le 11 août dernier se poursuivra au moins jusqu’au 20 août, a annoncé l’organisation syndicale majoritaire, le Syndicat national des personnels navigants commerciaux-Force ouvrière (SNPNC-FO) qui a affirmé n’avoir « reçu à ce jour aucune réponse satisfaisante à [ses] revendications concernant les conditions de travail et de rémunération ». Elle dénonce également le refus de la direction de consulter le personnel par un vote. Air Caraïbes exploite une flotte de six long-courriers A350 et trois A330 et dessert depuis Paris la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, Haïti, la République dominicaine, les Bahamas et le Mexique. Les lignes régionales antillaises desservies par trois ATR-72 de la compagnie ne sont pas concernées par le mouvement de grève.

Le chiffre est connu. Chaque année, plus de 200 000 femmes sont victimes de violences conjugales. Mais ce que l’on sait moins c’est que, parmi elles, neuf sur dix subissent aussi des cyberviolences, d’après une étude du Centre francilien pour l’égalité femmes-hommes, Hubertine Auclerc. Pour les harceleurs tous les moyens sont bons : pose de logiciels espions dans les smartphones, piratage des ordinateurs, des mots de passe et des caméras de surveillance d’immeuble, fixation de balises sous les automobiles, petites caméras cachées dans une peluche ou derrière un cadre, enceintes connectées, détournement de comptes bancaires voire d’informations d’état civil, grâce à la numérisation croissante des services de l’État, etc. Ils font basculer la vie de leurs victimes en cauchemar permanent. Cette cybersurveillance extrême est « utilisée par les auteurs de violences pour faire croire à leur partenaire ou ex qu’elles deviennent folles », explique Laure Salmona, cofondatrice du collectif Féministes contre le cyberharcèlement et coautrice de Politiser les cyberviolences. Et pourtant, les auteurs de cyberharcèlement sont beaucoup moins poursuivis et condamnés que ceux coupables de violence physique faute de moyens adéquats mis à la disposition de la justice.

En visite à Tahiti, le ministre de l’Intérieur et des Outre-mer, Gérald Darmanin, a estimé que les Polynésiens devaient d’abord atteindre l’autonomie « alimentaire », « économique » et « agricole » avant de parler indépendance. Et de prendre en exemple le fait que l’on ne produit localement que 35 % de ce que l’on consomme. Si l’on applique le même critère à l’échelle internationale on s’aperçoit que pratiquement aucun État n’est autosuffisant sur les plans alimentaire, économique et agricole à commencer… par la France. C’est un grossier prétexte pour renvoyer aux calendes la volonté d’indépendance des 280 000 Polynésiens qui, en avril dernier, ont élu un exécutif indépendantiste à la tête du gouvernement local préside par Moetai Brotherson, qui a tenu à rappeler à cette occasion que sa « volonté d’indépendance et d’autodétermination était intacte ». Un discours qu’à 15 000 kilomètres de là Paris ne préfère pas entendre.

Il y a quelques mois, le très droitier gouverneur de cet État, Ron DeSantis, concurrent de Donald Trump pour les primaires républicaines, avait fait passer une loi interdisant de parler d’orientation sexuelle et d’identité de genre à l’école. Les censeurs à ses ordres viennent de franchir un nouveau pas dans ce domaine en décidant que désormais ne seront proposés à la lecture des élèves du secondaire que des extraits soigneusement choisis des œuvres de Shakespeare. Les œuvres complètes du fameux auteur britannique ne seront plus à la disposition des adolescents scolarisés afin d’éviter que des contenus jugés « trop sexuels » ne leur soient enseignés. Adieu donc, Roméo et Juliette ! À ce rythme DeSantis va bientôt remettre à l’ordre du jour les autodafés des livres interdits.

Les résultats des groupes du CAC 40 – les principales sociétés cotées en Bourse – se révèlent à nouveau « historiques » : au premier semestre, ils ont enregistré près de 80 milliards d’euros de bénéfices, en hausse de plus de 10 % par rapport au premier semestre 2022. Et ils sont bien partis pour battre leur record de 2021 qui avait enregistré un bénéfice de 156 milliards d’euros. Tous ont profité de l’inflation pour augmenter leurs prix et leurs marges. Mais tous bénéficient d’une imposition très faible en faisant enregistrer une partie de leurs bénéfices dans des filiales situées hors de l’Hexagone. Avec la bénédiction du gouvernement…

L’Union de banques suisses (UBS) vient de publier son rapport annuel sur la richesse globale mondiale (Global Wealth Report). On y apprend que la France figure en troisième position parmi les pays comptant le plus de millionnaires (en dollars), derrière la Chine et les États-Unis. On compterait 2,8 millions de millionnaires dans l’Hexagone en comptabilisant les personnes qui possèdent plus d’un million de dollars de patrimoine, soit environ 910 000 euros au cours actuel. Un chiffre en augmentation de 9 % en un an. Dans le même temps, 14 millions de personnes continuent de vivre sous le seuil de pauvreté, et on estime à 300 000 le nombre de sans domicile fixe. Macron a bien mérité sa réputation de président des riches, voire des très riches.

Selon une étude de l’UFC-Que choisir les prix des fournitures scolaires – feuilles, cahiers, équerres, compas, ciseaux, gommes, etc. – ont fortement grimpé en un an. La papeterie (+ 14 %) est particulièrement touchée. En moyenne, calculés à partir de 137 produits de marques nationales et distributeurs, les prix des indispensables du cartable ont augmenté de 10 % entre juillet 2022 et juillet 2023. Dans le détail, les feuilles simples à carreaux sont plus chères de 34 %, les copies doubles de 29 %, les cahiers grand format de 22 %, et les petits formats de 17 %. Le petit matériel (peintures, pinceaux, règles, etc.) augmente de 8 % à 9 % et les équerres connaissent même une flambée de 19 %. L’allocation de rentrée scolaire, qui a été valorisée d’une vingtaine d’euros par enfant, ne permet pas de faire face à ces hausses. Loin s’en faut !