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Brèves

L’actualité en bref

Un peu plus d’un mois après la dissolution du collectif écologiste, le Conseil d’État a décidé en référé de suspendre la dissolution des Soulèvements de la Terre, allant directement à l’encontre de la décision prise par le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. La juridiction administrative estime « qu’il existe un doute sérieux quant à la qualification de provocation à des agissements violents à l’encontre des personnes et des biens retenus par le décret de dissolution ». En outre, elle affirme que « la dissolution des Soulèvements de la Terre porte atteinte à la liberté d’association… » et constate que « ni les pièces versées au dossier, ni les échanges lors de l’audience, ne permettent de considérer que le collectif cautionne d’une quelconque façon des agissements violents envers des personnes ». Après l’annonce de cette décision, maître Raphaël Kempf, l’un des avocats des Soulèvements de la Terre, s’est réjoui de cette décision, y voyant une « excellente nouvelle » et un « camouflet pour Emmanuel Macron ». Une claque à Darmanin et Macron qui fait bien plaisir, mais qui ne suffira pas à arrêter pas la vague répressive que l’on connaît actuellement.

Trois policiers de l’antenne locale du Raid ont été mis en examen pour des « violences avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner » suite au décès de Mohamed Bendriss, un livreur de 27 ans, touché dans la nuit du 1er au 2 juillet par deux tirs de lanceur de balles de défense, l’un au thorax, qui avait provoqué une crise cardiaque, et l’autre à la cuisse. Ils ont été placés sous contrôle judiciaire. Cette mesure de pure forme ne leur interdit pas de porter une arme, ni de participer aux missions habituelles de leur unité. Le parquet, représentant le ministère public, n’avait requis aucune mesure de sûreté particulière à leur égard, en la laissant à l’appréciation des juges, qui se sont montrés bonne pomme à l’égard des flics. Une fois de plus.

Le nouveau responsable du groupe Renaissance des élus macronistes au palais Bourbon, Sylvain Maillard, a demandé à ses députés de ne pas s’exprimer dans le Journal du dimanche nouvelle version après la nomination à sa tête du journaliste d’extrême droite Geoffroy Lejeune. Une occasion de marquer le coup après une décision similaire des députés socialistes et écologistes. Combien de temps vont durer ces bonnes résolutions ? On l’ignore. Car le camp présidentiel n’a pas toujours eu cette aversion pour Geoffroy Lejeune à l’époque où il dirigeait Valeurs actuelles. Au fil des années, plusieurs ministres n’avaient pas hésité à s’exprimer dans les colonnes du très conservateur hebdomadaire, un journal notamment condamné pour injures à caractère raciste à l’égard de l’élue insoumise Danièle Obono. Premier locataire de l’Élysée à franchir le pas, Emmanuel Macron avait lui-même accordé une interview à sa rédaction en octobre 2019 où il avait alors disserté sur les sujets de prédilection de l’extrême droite comme l’immigration, le voile ou la laïcité. Et parmi les journalistes qui l’interrogeaient, Geoffroy Lejeune, à l’époque tout à fait fréquentable.

Dix personnes soupçonnées d’avoir fourni un soutien financier à des groupes dissidents ont été interpellées pour « collusion avec un pays étranger ou des éléments extérieurs » en vertu de la loi de sécurité nationale imposée par Pékin en 2020 afin de réprimer les mouvements protestataires. Les personnes arrêtées sont passibles d’une peine pouvant aller jusqu’à la prison à vie. La police les soupçonne de collusion avec le « Fonds d’aide humanitaire 612 », dissous en octobre 2021 et qui a contribué à payer les frais juridiques et médicaux de personnes arrêtées lors des grandes manifestations de 2019 pour les droits démocratiques. Au total, 260 personnes ont été arrêtées dans le territoire en vertu de cette loi dont 79 ont été condamnées ou sont dans l’attente de leur peine. Le mois dernier, les autorités ont promis un million de dollars hongkongais (117 000 euros) de récompense en échange d’informations qui permettraient l’arrestation de huit figures du mouvement pro-démocratie ayant fui à l’étranger.

Équivalents pour la télévision des Oscars pour le cinéma, les Emmy Awards sont un des plus importants rendez-vous du secteur du divertissement. La 75e cérémonie devait initialement se tenir le 18 septembre mais a été repoussée au 15 janvier, ont annoncé la chaine Fox et l’Académie de la télévision. En cause la grève des scénaristes, qui dure depuis 100 jours, rejoints en juillet par les acteurs, qui paralyse Hollywood depuis des mois. Un double mouvement social, jamais vu depuis les années 1960, dans la cité du cinéma. Ces grèves ont entraîné l’arrêt de toutes les productions cinématographiques et télévisuelles américaines, à quelques exceptions près, comme les émissions de téléréalité et les jeux télévisés. Les revendications portent notamment sur une meilleure rémunération et un encadrement de l’usage de l’intelligence artificielle (IA) dans l’industrie.

Roderic O’Gorman, ministre de l’Égalité en Irlande, a annoncé la mise en place dès l’automne de cinq jours de congés payés pour les victimes de violences conjugales. Le ministre a expliqué qu’il était important que ces personnes puissent prendre des congés sans avoir peur de perdre leur revenu, car elles peuvent tomber, plus rapidement que d’autres, dans la pauvreté. Ces jours de congé permettront notamment aux victimes de consulter des médecins, de se rendre à des rendez-vous judiciaires ou même de prendre le temps de discuter avec leur famille sans perdre leur salaire.

C’est Le Canard enchaîné qui l’a remarqué. Le Monde a consacré deux pleines pages, deux jours de suite, au milliardaire Bernard Arnault, le propriétaire du groupe de luxe LVMH et « à la puissance de son groupe au sein de la République », notamment du fait des relations privilégiées qu’il entretient tant avec le couple Macron qu’avec la maire de Paris. En rappelant au passage les pressions que les dirigeants de LVMH exercent sur les directions du Parisien et des Échos, deux journaux propriété du groupe. Mais le quotidien du soir n’a pas mentionné le fait que la présidente de son propre conseil de surveillance, Aline Sylla-Walbaum, était une salariée de LVMH (elle est directrice export du joaillier de la place Vendôme, Chaumet) et que la compagne de Xavier Niel, le principal actionnaire du Monde, était la propre fille… de Bernard Arnault. Deux oublis, sans doute…

Onze personnes sont mortes après l’incendie d’un gîte qui accueillait des personnes handicapées et leurs accompagnateurs. Selon l’adjoint au maire de la commune, les victimes n’auraient jamais dû se trouver là au moment du drame, car l’établissement ne disposait d’« aucune autorisation » pour mener son activité et n’avait jamais été déclaré comme gîte. En outre, il n’avait pas fait non plus l’objet d’autorisations de travaux pour accueillir des personnes handicapées. Au moment du drame, 28 personnes étaient pourtant hébergées dans le gîte de vacances. De son côté, la vice-procureure de la République de Colmar a affirmé que « le gîte n’avait pas subi le passage de la commission de sécurité qui est obligatoire » et « ne disposait pas des caractéristiques pour accueillir du public ». On ne sait actuellement pas si tout cela à un lien avec l’incendie, mais on a l’impression qu’après le drame la mairie et les autorités ouvrent leurs parapluies en grand. Car peut-on imaginer que, dans une petite ville, l’établissement, qui faisait de la publicité sur les réseaux sociaux et se présentait sur son site Internet comme un « institut thérapeutique, éducatif et pédagogique » pour handicapés soit passé sous tous les radars officiels, ceux de la municipalité comme ceux des autorités sanitaires, sans avoir bénéficié au mieux de négligence, au pire de complicité ?

Dans le dernier numéro du Journal du dimanche, repris en main par l’extrême droite, l’ancien ministre de l’Éducation nationale, Luc Ferry, se livre à une farouche défense de l’enseignement privé en déclarant : « La vérité, c’est que l’enseignement privé, à l’exception de quelques rares écoles élitistes, pratique déjà largement la mixité, tant sur le plan religieux que financier. » Parler de « vérité » à ce propos est un peu osé. En juin dernier, dans un rapport rendu public, la Cour des Comptes notait « un net recul de la mixité sociale depuis une vingtaine d’années » dans l’enseignement privé sous contrat. Et de poursuivre : « les élèves des familles favorisées, qui constituaient 41,5 % des effectifs du privé sous contrat en 2000 en représentent 55,5 % en 2021. » Dans le même temps le nombre d’élèves de milieux défavorisés accueillis tombait de 25 à 16 %. Cet enseignement privé est financé par l’État, c’est à dire par le contribuable, à hauteur de 55 % dans le premier degré et de 68 % dans le second. Merci pour eux.