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Brèves

L’actualité en bref

Selon le quotidien japonais Asah Shinbun, les autorités prévoient de commencer à relâcher les eaux contaminées de la centrale nucléaire de Fukushima dans l’océan Pacifique vers la fin du mois d’août. Aucune date n’a été définie pour le moment, a affirmé le porte-parole du gouvernement, Hirokazu Matsuno, lors d’un point presse, en soulignant que les 1,33 million de tonnes d’eau issu du refroidissement des réacteurs endommagés lors de la catastrophe de 2011 seraient auparavant traitées. Ce qui ne semble pas avoir rassuré les associations écologistes, les pays voisins et certains experts qui affirment que cela constituera un danger pour l’environnement qui perdurera pendant plusieurs générations et qui pourrait perturber la vie marine jusqu’en Amérique du Nord. Des études ont montré que les radionucléides et les débris rejetés lors de l’accident initial avaient rapidement été détectés à près de 8 800 kilomètres du lieu de la catastrophe, au large des côtes californiennes. Et les éléments radioactifs contenus dans les eaux usées rejetées pourraient à nouveau se répandre dans l’océan. Ce qui ne semble pas trop perturber le gouvernement de Tokyo.

Dans une violente diatribe dans la presse saoudienne dirigée contre l’Iran, mais surtout son allié libanais, Hassan Nasrallah, le secrétaire général du Hezbollah, le ministre israélien des Affaires étrangères, Eli Cohen, a menacé de « ramener le Liban à l’âge de pierre ». Menace qui n’est peut-être qu’une fanfaronnade mais qui en dit long sur l’état d’esprit du gouvernement d’extrême droite de Netanyahou. Ce qui est assez habituel dans le pays. En 2010, déjà, c’est la Syrie qu’Israël menaçait de ramener à l’âge de pierre et en 2012 l’Iran. Cela devient une vieille habitude.

Onze migrants, tous originaires d’Afrique subsaharienne, sont morts et 44 autres sont portés disparus, après un naufrage ce weekend au large des côtes tunisiennes, près de Sfax, épicentre de l’émigration clandestine vers l’Europe. Dans le même temps, la marine marocaine a repêché cinq corps de migrants, tous Sénégalais, et porté secours à 189 autres dont l’embarcation avait chaviré au large de Guerguerat, au Sahara occidental. L’hécatombe se poursuit dans l’indifférence générale et avec la complicité de l’Union européenne qui soutient des pays d’Afrique du Nord pour freiner l’arrivée des migrants en Europe.

Les autorités viennent d’obliger les premiers demandeurs d’asile à embarquer à bord d’une barge, amarrée à quai à Portland, un port du sud-ouest de l’Angleterre. Cette barge, dénommée « Bibby Stockholm », longue de 93 mètres et large de 27 mètres, est censée accueillir à terme 500 d’entre eux dans des conditions plus que précaires. Parquer des migrants dans de telles conditions est l’une des idées du gouvernement conservateur pour faire des économies dans leur accueil tout en dissuadant les potentiels candidats à l’asile. Londres veut ainsi réduire la facture de l’hébergement à l’hôtel des demandeurs d’asile, qui s’élève à 2,3 milliards de livres (2,6 milliards d’euros) par an, en utilisant des installations comme des bases militaires désaffectées, des barges à quai voire des tentes achetées pour l’été. Un projet très controversé devenu symbolique de la lutte contre l’immigration et qui a entrainé de nombreuses manifestations de protestation. Jusqu’à présent, Portland est la seule ville portuaire du pays à avoir accepté d’accueillir une telle barge.

Une femme de 58 ans a été tuée à Préchac-sur-Adour par son ex-conjoint, qui l’a percutée à deux reprises avec son véhicule avant de s’enfuir dans le village voisin de Galiax puis tenter de se suicider. Auparavant, le 18 juin, elle avait déposé une main courante à la gendarmerie pour des menaces de mort, reçues entre janvier et juin. Les gendarmes avaient saisi quatre carabines et fusils appartenant au meurtrier présumé, un homme de 73 ans. Une mesure d’hospitalisation en psychiatrie à son encontre avait été ordonnée, puis levée. Ce qui lui a permis d’accomplir son crime. Ce n’est pas la première fois que des femmes menacées perdent la vie faute de protection suffisante ou de négligence de la part des autorités. Depuis le début de l’année, au moins 64 femmes ont été tuées sous les coups de leur compagnon ou ex-compagnon.

L’épreuve féminine internationale de natation en eau libre prévue dans la Seine, qui devait servir de test pour les Jeux olympiques de Paris, a été annulée. La cause ? La pollution de l’eau due notamment aux pluies abondantes qui se sont abattues sur la capitale et ont fait déborder les égouts. « La qualité de l’eau de la Seine reste actuellement en dessous des normes acceptables pour la sauvegarde de la santé des nageurs » a indiqué la Fédération française de natation dans un communiqué. Et qu’arrivera-il si cela arrive l’an prochain lors des JO ? Les organisateurs se veulent rassurants et affirment que tout sera fait pour rendre le fleuve limpide. Il n’y a plus qu’à les croire. Rappelons qu’en 1988, Jacques Chirac, alors maire de Paris, avait déclaré au magazine Le Chasseur Français : « j’affirme qu’on peut rendre un fleuve propre, et j’ai d’ailleurs indiqué que dans trois ans, j’irai me baigner dans la Seine devant témoins pour prouver que la Seine est devenue un fleuve propre. » Une promesse qu’il ne tint jamais, préoccupé sans doute par sa santé. Pour rendre le fleuve propre il faudrait en effet repenser tout le système d’épuration de la capitale. Ce qui coûterait sans doute des centaines de millions d’euros et prendrait des décennies. Alors en attendant on bricole et on bluffe…

En réaction à la décision du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, d’interdire la vente aux mineurs du livre sur la sexualité et le harcèlement scolaire des adolescents intitulé Bien trop petit de Manu Causse, accusé de pornographie, le romancier Nicolas Mathieu, prix Goncourt 2028 pour Leurs enfants après eux sortira en octobre un recueil de témoignages de récits érotiques d’adolescents. Et il sera publié avec l’aide de l’éditeur du livre censuré, Thierry Magnier. Une manière pour l’auteur de marquer sa désapprobation avec l’arrêté d’interdiction pris par le ministre de l’Intérieur le 17 juillet dernier. Pour Mathieu, qui a récolté de nombreux témoignages sur Instagram sous le mot-clé « WhenIWas15 » (« Quand j’avais 15 ans »), le combat pour limiter le plus possible la censure est crucial et concerne tout le monde.

Deux Palestiniens, âgés de 19 et 18 ans, Qusai Jamal Maatan et Mahmoud Abou Saan, ont été tués en Cisjordanie occupée, le premier par des colons, le second par des soldats israéliens. L’un a été abattu par balle dans le village de Burqua, à l’est de Ramallah. Quant à l’autre il a perdu la vie à Tulkarem lors d’une « patrouille de routine » des forces d’occupation. Cela porte à au moins 207 le nombre de Palestiniens tués depuis le début de l’année par des colons ou des militaires.

À Padoue, plusieurs dizaines de mères de familles homoparentales risquent de voir leur nom rayé des actes de naissance de leurs enfants. Une décision qui découle de la politique du nouvel exécutif, dirigé par la Première ministre d’extrême droite, Giorgia Meloni. Déjà, en avril, le ministère de l’Intérieur avait diffusé une circulaire demandant aux maires de n’inscrire que le nom du parent biologique sur les actes de naissance. Celui de Padoue avait tenté de contourner l’interdiction, mais il s’est heurté à un rappel à l’ordre du préfet. Des dizaines d’autres couples lesbiens vont devoir plaider leur cause en novembre devant un tribunal, saisi par le parquet de Padoue pour « rectifier » les actes de naissance de 33 enfants. Objectif : ne faire apparaître que le nom de leur mère biologique en effaçant celui de sa compagne. Il faut rappeler que dans le pays les droits des personnes LGBT+ sont limités. Il n’existe aucune loi contre les discriminations homophobes et si les unions civiles sont ouvertes aux couples de même sexe depuis 2016, ces derniers n’ont pas accès au mariage, ni à l’adoption ou à la procréation médicalement assistée. La filiation des couples gays et lesbiens n’est pas non plus reconnue. Profitant d’un flou juridique sur la transcription des actes de naissance, de rares municipalités ont toutefois décidé, ces dernières années, d’enregistrer les deux parents d’enfants conçus via une PMA ou une gestation pour autrui (GPA) à l’étranger. C’est à cette pratique que veut mettre fin Meloni. Et les parquets de certaines régions ont entrepris d’enquêter sur les actes de naissance établis ces dernières années. Pour la société italienne, un grand bond en arrière.