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Brèves

L’actualité en bref

Depuis le 1 août, et au nom de la sobriété écologique, le ticket de caisse n’est plus imprimé systématiquement par les commerçants. Les enseignes peuvent proposer à la place, sans y être obligées, un ticket dématérialisé, envoyé par courriel, compilé dans un compte client ou affiché par QR code. Les clients pourront tout de même obtenir un ticket en papier s’ils en font expressément la demande et dans certains cas particuliers. Selon les autorités, chaque année sont imprimés dans le pays douze milliards de tickets de caisse, représentant 150 000 tonnes de papier. En avril, au nom de la protection des consommateurs, douze associations s’étaient opposées à la suppression du ticket imprimé par défaut, exigeant que le commerçant soit tenu de proposer systématiquement à ses clients un ticket papier. Elles n’ont pas obtenu gain de cause. Selon Antoine Autier, de l’UFC-Que Choisir, certains clients pourraient oublier de demander leur ticket et « en subir les conséquences », se trouvant dans l’incapacité de retourner un produit ou de vérifier la conformité du prix payé avec celui qui est affiché en rayon. En outre nombre de familles, qui maitrisent peu ou pas l’informatique, gardent ces tickets de caisse et les utilisent en fin de mois pour faire leurs comptes. Et si la suppression des tickets de caisse va représenter une économie de papier, par contre la possibilité laissée aux commerçants de proposer des tickets dématérialisés ne sera pas nécessairement plus respectueuse de l’environnement. Selon une note de la Commission nationale de l’informatique et des libertés, un e-mail de 1 Mo a une empreinte carbone d’environ 19 grammes contre 2 grammes pour un ticket papier. Pas très écolo tout ça !

Les journalistes du Journal du dimanche ont voté à une grande majorité (82 voix pour, 5 contre) la fin de leur grève de six semaines après l’arrivée à la tête du journal de Geoffroy Lejeune, venu du magazine d’extrême droite Valeurs actuelles. « Il nous coûte de le reconnaître […] : si nous avons remis sur la place publique l’enjeu de l’indépendance des rédactions, face à notre actionnaire, nous n’avons pas gagné », a indiqué la Société des journalistes (SDJ). Le PDG, Arnaud Lagardère, soutenu par le magnat de presse, le très réactionnaire Vincent Bolloré sur le point de le racheter, a signé un protocole d’accord pour les salariés souhaitant quitter l’entreprise. « Aujourd’hui, Geoffroy Lejeune prend ses fonctions. C’est dans une rédaction vide qu’il entrera. Des dizaines de journalistes refusent de travailler avec lui et devraient quitter le JDD », a annoncé la SDJ qui, par ailleurs, a remercié « tous ceux qui nous ont soutenus au cours de ce conflit long et éprouvant, qui aura permis de remettre la question de l’indépendance éditoriale au cœur du débat public ». Et surtout de démontrer une fois de plus qu’en régime capitaliste la liberté de la presse est laissée au bon vouloir de ceux qui possèdent les médias et qui ont toujours le dernier mot.

Le gouvernement britannique a promis des « centaines » de nouvelles licences d’exploration et d’exploitation pétrolières et gazières en mer du Nord, provoquant la colère des organisations écologistes. Mais, avec son culot habituel, le Premier ministre conservateur, Rishi Sunak, a affirmé que sa décision est « meilleure pour le climat » et « meilleure pour notre sécurité énergétique » ; en assurant en outre que « l’exploitation de ces ressources fossiles aiderait le pays dans son acheminement vers la neutralité carbone », promise en 2050. Il n’y croit pas lui-même mais sa défense des énergies fossiles est largement partagée par nombre de dirigeants de la planète dont les déclarations sur la défense de l’environnement sont une forme d’écoblanchiment très à la mode.

C’est l’association Agir pour l’environnement qui le souligne. Si les consultations publiques précédant de nouveaux décrets sont depuis longtemps une pantalonnade, elles le sont encore plus lorsqu’elles sont organisées en plein été, en période estivale. C’est pourtant ce que vient de faire Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique, en organisant une « consultation publique sur le projet de décret portant modification de diverses dispositions du Code de l’environnement relatives à la publicité, aux enseignes, aux pré-enseignes et aux paysages ». Ouverte le 17 juillet, ladite consultation sera close le 10 août après être complètement passée inaperçue. Ce qui était sans doute le but de l’opération.

C’est Mediapart qui le révèle. Le policier mis en examen après l’agression d’Hedi avait déjà été mise en cause le 18 décembre 2018, en plein mouvement des Gilets jaunes. Ce jour-là, en fin d’après-midi, une femme de 19 ans avait d’abord été touchée à une cuisse par un tir de LBD, puis avait été violemment frappée pendant qu’elle était au sol, à coups de pied et de matraque. En fait, ce n’est pas la justice qui s’acharne sur ce flic, mais ce dernier qui s’acharne sur des victimes. Avec le soutien de ses collègues et du ministre de l’Intérieur.

Le nombre de détenus a atteint un nouveau record en France, avec 74 513 personnes incarcérées au 1er juillet, selon les chiffres officiels du ministère de la Justice, une surpopulation carcérale chronique qui risque de s’aggraver. Les prisons du pays comptabilisaient 814 détenus en plus au 1er juillet par rapport au 1er juin et près de 2 500 détenus de plus qu’il y a un an. Paris avait été sévèrement épinglé en janvier 2020 par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour le surpeuplement « structurel » de ses prisons. Et de nouveau condamné le 6 juillet. Avec 60 666 places opérationnelles dans les établissements pénitentiaires au 1er juillet, la densité carcérale globale s’établit désormais à 122,8 % contre 118,7 % il y a un an. Ce taux atteint même 146,3 % dans les maisons d’arrêt où sont incarcérés les détenus en instance de jugement. Et nombre d’entre eux vivent dans des conditions indignes. Selon l’Observatoire international des prisons, la sur-occupation des prisons pourrait encore s’aggraver ces prochains mois à l’approche des Jeux olympiques, alors que les autorités politiques affichent un objectif « zéro délinquance » et que les juridictions se préparent à multiplier les comparutions immédiates, grosses pourvoyeuses d’incarcérations. Quant au sort de ceux qu’ils envoient derrière les barreaux, aussi bien les juges que nombre de politiciens s’en moquent.

DFS (Duty Free Shoppers), la branche de distribution du géant du luxe LVMH, a perdu en justice contre deux fédérations de la CGT (commerce et spectacle), Droit au logement et d’autres associations (Comité national des travailleurs privés d’emploi et précaires, Agir ensemble contre le chômage) qu’elle avait assignées en justice après une manifestation qui avait donné lieu à une brève occupation du grand magasin parisien de la Samaritaine le 22 décembre dans le cadre d’un appel pour une revalorisation des salaires. L’action avait donné lieu à une fermeture temporaire du magasin, qui abrite quelque 600 marques de luxe réparties sur 20 000 mètres carrés. Puis, le 12 février, une seconde brève manifestation avait eu lieu à l’intérieur de l’établissement. DFS avait saisi le tribunal pour faire constater un « trouble manifestement illicite » et un « dommage imminent » de réitération de ces manifestations, Dans deux ordonnances, le tribunal déboute DFS et la condamne à verser au total 6 000 euros à ces syndicats et associations en guise d’indemnisation de leurs frais de justice. Cette manifestation s’inscrit « dans le cadre de la liberté d’expression » a tranché le tribunal, en rappelant que « faire grève est un droit fondamental ». Ce que les patrons semblent oublier un peu trop souvent.

Des inconnus ont remplacé le drapeau arc-en-ciel hissé en permanence à la gare de Neubrandenbourg dans l’est de l’Allemagne par un étendard avec une croix gammée. Le drapeau arc-en-ciel, qui évoque notamment la diversité de genre, avait déjà été dérobé à plusieurs reprises dans le passé à la gare de cette ville de plus de 60 000 habitants de l’ex-Allemagne de l’Est, située au nord de Berlin. Mais son remplacement cette fois par un drapeau à croix gammée représente une escalade, un acte de « glorification » de l’idéologie nazie fermement condamné par la ville. Après les bons résultats électoraux obtenus dans l’ex-RDA par l’extrême droite – et sa principale composante Alternative pour l’Allemagne (AfD) – les néo-nazis se sentent le vent en poupe.

La justice israélienne a décidé l’évacuation de quelque 550 habitants du village bédouin de Ras Jrabah pour permettre à la ville de Dimona de construire un nouveau quartier juif à cet emplacement. Les habitants devront évacuer leur village d’ici mars 2024 et devront de plus s’acquitter de plus d 30 000 euros de frais juridiques. Leur demande d’être intégrés au nouveau quartier a été rejetée, le juge déclarant cyniquement qu’ils avaient toujours la possibilité d’y acquérir des logements neufs alors même qu’il s’agit d’une communauté très pauvre qui n’en a pas les moyens. Réformée ou non par Benyamin Netanyahou, la justice israélienne se montre toujours aussi raciste à l’égard des citoyens arabes d’Israël.