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Brèves

L’actualité en bref

C’est Mediapart qui le révèle. Deux tribunaux ont récemment condamné en appel, en mai puis juin derniers, Publicis et le Crédit foncier pour « discrimination sexuelle au travail ». La première décision a reconnu implicitement le caractère « systémique » de la discrimination en raison du sexe au Crédit foncier. La seconde a attribué une réparation de 500 000 euros à une ex-salariée discriminée chez Publicis. « Un montant record, à ma connaissance », s’est félicité l’avocat de la plaignante, maître Xavier Sauvignet.

Ce n’est pas vraiment une surprise. Le parquet de Paris a requis un non-lieu à l’encontre des trois gendarmes impliqués dans la mort, en juillet 2016, d’Adama Traoré, un homme noir de 24 ans, dans l’enceinte de la gendarmerie de Persan (Val-d’Oise). À l’époque déjà, aucun gendarme n’avait été mis en examen après son décès. Près de deux heures s’étaient écoulées entre son arrestation, dans la ville de Beaumont-sur-Oise, au terme d’une course-poursuite, et son décès. Il avait été laissé menotté au sol sans soins dans la cour de la gendarmerie jusqu’à l’arrivée des pompiers. Les proches d’Adama accusent les autorités de non-assistance à personne en danger. Quant à leur avocat, maître Yassine Bouzrou, il a dénoncé « un parquet politique », « incompétent », qui a « écarté toutes les règles élémentaires de droit ». Bref qui, comme à son habitude, a couvert les forces de l’ordre.

Loïc, un militant écologiste de 28 ans, a été condamné à un an de prison (peine aménagée sous bracelet électronique) ainsi qu’à une interdiction de paraître pendant quatre ans dans le département des Deux-Sèvres pour avoir participé à la manifestation de Sainte-Soline contre les mégabassines le 25 mars dernier. Devant le tribunal, 300 personnes s’étaient rassemblées pour demander sa libération. Les membres des forces de l’ordre responsables d’avoir grièvement blessé et envoyé dans le coma deux manifestants lors de la même manifestation n’ont, eux, toujours pas été inquiétés.

Après son escale à Nouméa, Emmanuel Macron se trouvait au Vanuatu qui, avant son indépendance, s’appelait les Nouvelles-Hébrides et était une colonie gérée conjointement par la France et la Grande-Bretagne Dans un discours prononcé dans la capitale, Port-Vila, il a dénoncé « les nouveaux impérialismes » en Océanie, visant la Chine sans la nommer, et affirmant que sa boussole était « la souveraineté des peuples et l’indépendance des États ». Une souveraineté qu’il avait refusé la veille de reconnaître au peuple kanak et une indépendance dont il veut pas entendre parler pour la Nouvelle-Calédonie. C’est ce qu’il appelle « l’en même temps ».

Selon The Real Deal, un site d’information spécialisé dans la construction, qui reprend des infirmations du Wall Street Journal, l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, dont les membres sont connus sous le nom de mormons, a investi 100 milliards de dollars (près de 89 milliards d’euros) dans des projets immobiliers qui lui ont valu en début d’année quelques problèmes et amendes salées de la part de la Securities and Exchange Commission, le fisc américain. Implantés à l’origine dans l’Utah, les mormons comptent aujourd’hui 17 millions d’adeptes à travers le monde auxquels ils imposent de verser chaque mois 10 % de leurs revenus à leur Église. Ce qui permet à cette dernière d’avoir un capital immobilier comparable à celui du Vatican, qui, rien qu’en Italie, est propriétaire de 115 000 immeubles, 23 000 terrains divers, 9 000 écoles, 4 000 hôpitaux et centres de soins et près de 2 000 appartements. « Croissez, et multipliez ! » a dit le Seigneur dans la Genèse. Il parlait sans doute des actions, obligations et autres propriétés foncières et commerciales. Message reçu cinq sur cinq par certains de ses adeptes.

Le gouverneur républicain du Texas, Greg Abbott, a décidé de placer des murs de bouées près d’Eagle Pass, sur le Rio Grande, pour empêcher les traversées de migrants en provenance du Mexique voisin. Ce dispositif est doublé d’un réseau de barbelés sur la rive américaine du fleuve. Le ministère fédéral de la Justice a porté plainte contre le Texas et son gouverneur indiquant que « cette barrière flottante représente un risque pour la navigation ainsi que pour la sécurité publique sur le Rio Grande ». Mais Abbott n’en a cure. Car s’il y a peu de chance que sa barrière flottante freine l’afflux des réfugiés, sa décision lui permet de surfer à bon compte sur les sentiments anti-migrants d’une bonne partie de la population – notamment au sein de son électorat.

Saisi par trois associations d’aide et d’assistance aux migrants et par onze riverains, le Conseil d’État, confirmant une décision du tribunal administratif de Pau, a estimé que le préfet des Pyrénées-Atlantiques et la police de l’air et des frontières à ses ordres étaient dans l’illégalité en utilisant des drones munis de caméras pour surveiller la frontière franco-espagnole dans une zone située au sud de Hendaye et d’Urrugne. Le Conseil d’État a estimé que l’ordonnance du préfet les autorisant portait « une atteinte grave et manifestement illégale au droit au respect de la vie privée ». Ce qui n’a pas empêché la police d’utiliser ces drones depuis des mois en toute illégalité pour traquer les migrants.

Gérard Darmanin vient d’interdire la vente aux moins de 18 ans d’un livre, Bien trop petit, de Manu Causse, qui aborde la question de la sexualité chez les adolescents. Selon le ministre de l’Intérieur, l’ouvrage a « un contenu à caractère pornographique, présentant de ce fait un danger pour les mineurs qui pourraient l’acquérir ou le consulter ». De nombreux éditeurs ont protesté contre cette censure qui rappelle l’ordre moral qui prévalait dans le pays dans les années 1960. Une mesure qui semble d’autant plus décalée que, dans un rapport publié en mai dernier, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique rappelait que chaque mois 2,3 millions d’adolescents consultent sur Internet des sites pornographiques qui, eux, n’ont rien à voir ni avec la pédagogie, ni avec l’éducation sexuelle.

À 365 jours du début des Jeux olympiques, la presse nous a rebattu les oreilles avec l’évènement, la télévision y consacrant même plusieurs émissions spéciales dans lesquelles on a pu voir Tony Estanguet, le président du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojop), affirmer que ces jeux seraient « exemplaires ». En oubliant au passage de signaler que, depuis le mois dernier, le parquet national financier a ouvert deux enquêtes distinctes à l’égard d’une part du Cojop, d’autre part de la société Solideo (chargée de la livraison des ouvrages) sur des soupçons de favoritisme et de détournement de fonds publics lors de l’attribution des marchés. L’exemplarité dont parle Estanguet est à géométrie variable.