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Brèves

L’actualité en bref

Les gardes-frontières libyens ont annoncé avoir découvert cinq corps non identifiés de migrants clandestins d’origine africaine lors d’une patrouille le long de la frontière avec la Tunisie. Depuis dix jours, les gardes-frontières libyens viennent au secours de migrants subsahariens expulsés par les autorités tunisiennes qui les ont déposés sans eau, ni vivres, ni abri dans une zone désertique et inhabitée à environ 150 kilomètres au sud-ouest de Tripoli par des températures qui dépassent les 50 degrés. Le pays, qui abrite au moins 600 000 migrants subsahariens, a été accusé à plusieurs reprises de multiples abus à leur encontre, dont des « meurtres, disparitions forcées, tortures, esclavage, viols » par des ONG et des organisations internationales. Ce qui n’empêche pas Tunis d’avoir reçu le soutien de l’Union européenne dans sa lutte anti-migrants.

Plusieurs centaines de personnes ont défilé à Tunis pour marquer le deuxième anniversaire du coup de force du président Kaïs Saïed qui s’est arrogé les pleins pouvoirs le 25 juillet 2021. Les manifestants réclamaient notamment la libération de plus de 20 opposants et personnalités emprisonnés depuis février. « À bas le coup d’État », « Liberté pour tous les emprisonnés », ont notamment scandé les manifestants rassemblés au centre de la capitale à l’appel du Front de salut national, principale coalition de l’opposition. De son côté, Amnesty International vient de publier un rapport qui souligne que « depuis l’accaparement du pouvoir par le président, les autorités ont poursuivi sur la voie de la répression en emprisonnant des dizaines d’opposants politiques et de détracteurs du régime, bafoué l’indépendance du pouvoir judiciaire et supprimé des garanties institutionnelles en matière de droits humains ». Et Saïed continue dans cette voie…

Trois Palestiniens ont été tués par les forces israéliennes dans la ville de Naplouse en Cisjordanie occupée, a indiqué le ministère palestinien de la Santé. L’armée israélienne a parlé elle de « terroristes armés » ayant ouvert le feu sur ses soldats. Rappelons que, depuis le début de l’année, au moins 201 Palestiniens ont été tués par les forces d’occupation.

Des milliers de salons de beauté ont fermé définitivement leurs portes dans tout le pays avec l’entrée en vigueur d’un décret en ce sens des autorités talibanes, qui prive les femmes d’un de leurs derniers espaces de liberté. L’interdiction des salons de beauté va en outre faire perdre leurs seules sources de revenus à 60 000 femmes travaillant dans 12 000 établissements, selon la Chambre de commerce et d’industrie afghane. La semaine dernière, les forces de sécurité avaient tiré en l’air et utilisé des lances à eau pour disperser des dizaines d’Afghanes qui manifestaient à Kaboul contre ce décret. Depuis leur retour au pouvoir en août 2021, les talibans ont exclu les femmes de la plupart des établissements d’enseignement secondaire, des universités et des administrations publiques, leur ont interdit d’entrer dans les parcs, jardins, salles de sport et bains publics, et les obligent à se couvrir intégralement lorsqu’elles sortent de chez elles. Le Moyen Âge en plein 21e siècle.

« La Nouvelle-Calédonie est française parce qu’elle a choisi de rester française. » Emmanuel Macron a réaffirmé avec force à Nouméa la mainmise de l’impérialisme français sur ce territoire d’outre-mer au mépris des sentiments de la population autochtone, les Kanak, qui n’ont jamais caché leur préférence pour l’indépendance. Mais, devenu une puissance de seconde zone, l’impérialisme français a besoin de s’accrocher à ces confettis de son ex-empire colonial pour s’affirmer comme un acteur de premier plan dans la zone Asie-Pacifique face aux États-Unis et à la Chine. Une illusion d’optique qui ne trompe pas grand monde.

Le directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux, conteste publiquement la décision de justice qui a envoyé en détention provisoire un policier poursuivi pour avoir frappé un jeune à Marseille dans le cadre d’une manifestation et de l’avoir envoyé dans le coma à l’hôpital. De plus, il prône un traitement de faveur pour les forces de l’ordre, qui ne devraient jamais passer par la case prison, même si elles ont pu commettre « des fautes ou des erreurs graves » dans le cadre de leur travail. Il a reçu aussitôt le soutien du préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, alors que dans la cité phocéenne plusieurs centaines de policiers se mettaient en (faux) arrêts maladie par solidarité avec leur collègue incarcéré. En fait la police « républicaine » s’assoit allègrement sur les décisions de la justice tout aussi « républicaine » et fait la démonstration que les chiens de garde du Capital bénéficient de la part des autorités d’une tolérance (y compris de Macron), voire d’une complicité, qui n’a guère de limite.

Dans son interview télévisée donnée à partir de la Nouvelle-Calédonie le président de la République s’est longuement étendu sur les émeutes du mois dernier.  Au total, durant ses 30 minutes d’interview, le chef de l’État a prononcé dix fois le mot « ordre » et cinq fois le mot « autorité » sans évoquer une seule fois la mort de Nahel, tué à bout portant par un policier à Nanterre et qui avait mis le feu aux poudres. Une façon comme une autre de manifester son mépris à l’égard des jeunes des quartiers populaires.

Le parquet de Marseille a ouvert une nouvelle enquête concernant des soupçons de violences policières lors des nuits de heurts qui ont suivi la mort de Nahel. Cette enquête a été ouverte des chefs de « violences volontaires en réunion ayant entraîné une mutilation ou infirmité permanente par personne dépositaire de l’autorité publique et avec arme ». Bref, les bavures policières se suivent et se ressemblent, toujours plus ou moins couvertes par la hiérarchie.

C’est dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, à Paris, que Tony Estanguet, le patron du Comté d’organisation des Jeux olympiques, avait rendu public le trajet de la flamme olympique qui partira de Grèce avant d’arriver à Marseille le 8 mai 2024. Jusqu’à la cérémonie d’ouverture du 26 juillet, elle sera relayée sur 12 000 kilomètres dans l’Hexagone et les Outre-mer. Estanguet avait déclaré à cette occasion : « C’est ici, le 23 juin 1894, que la renaissance des Jeux olympiques a été actée. C’est grâce à un homme, Pierre de Coubertin, qui a eu l’audace de faire revivre les Jeux près de 3 000 ans après. » Sauf que la fameuse flamme olympique, qui n’existait pas dans les Jeux olympiques antiques, n’a rien à voir, ni de près ni de loin, avec Coubertin. Elle fit brièvement son apparition aux Jeux olympiques d’Amsterdam en 1928 mais il n’y avait alors pas de relais pour porter la torche. Ce sont Hitler et le régime nazi qui mirent au point le protocole de transmission de la flamme et toute la symbolique et le cérémonial qui l’entourent dans le but de glorifier la Troisième Reich et ses liens supposés avec la Grèce antique lors des Jeux de Berlin de 1936. Et depuis, la flamme est restée un des symboles de l’olympisme. On aurait pu trouver mieux.