Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Malgré des semaines de manifestations et de protestations qui ont touché tout le pays et impliqué des centaines de milliers d’Israéliens, le Parlement israélien, la Knesset, a adopté par 64 voix sur 120 une mesure controversée qui restreint les pouvoirs de la Cour suprême et donne les mains libres au gouvernement de droite et d’extrême droite de Benyamin Netanyahou pour étendre les pouvoirs de la police et accélérer la colonisation de la Cisjordanie. Mais si la majorité des manifestants ne remet pas en cause l’occupation, il faut cependant noter l’apparition au cours des semaines de banderoles faisant un lien entre défense des droits démocratiques et fin de l’occupation israélienne. Le mouvement des refuzniks israéliens – c’est-à-dire des soldats qui refusent de servir dans les territoires occupés – note que « le Bloc anti-occupation du mouvement de protestation pour la démocratie a connu une croissance constante et son message – pas de démocratie avec l’occupation – est de plus en plus visible lors des manifestations. » Comme l’indiquait une banderole qui saluait samedi dernier l’arrivée des manifestants à Jérusalem : « Nous ne mourrons pas et nous ne tuerons pas au service des colons ».

La direction de la SNCF se félicite des 2,4 milliards d’euros de bénéfices pour l’année 2022, cela ne vient pas de nulle part. D’un côté les réductions d’effectifs et les horaires de plus en plus impossibles pour le personnel roulant, de l’autre des tarifs qui s’envolent, et totalement opaques pour la population.

Pourtant le PDG l’assure, ils n’y sont pour rien, c’est l’offre et la demande : pas assez de trains, pour trop de voyageurs, qui laissent leurs voitures à cause du prix de l’essence… Avec tout ça, l’annonce par la SNCF de billets moins chers (de 29 à 49 euros, tout de même) sonne bien hypocrite.

Sale saison 2023, pour l’équipe Macron : entre le mouvement des retraites qui l’a paralysée tout l’hiver, et la révolte des jeunes après l’assassinat par la police du jeune Nahel. Darmanin reste, toujours à l’avant droite. C’est le ministre de l’Éducation qui est sorti pour avoir dit qu’il comprenait les grévistes du JDD qui ne veulent les ordres d’un patron d’extrême droite.

Et pour le ministère des Solidarités, Macron n’a pas trouvé mieux que de mettre une députée condamnée en prud’hommes pour ne pas avoir payé les heures supplémentaires d’une de ses employées. Tout un programme !

Le point de départ de la colère : flambée des impôts, des taxes sur le prix des carburants pour les entreprises et les particuliers (doublement de la TVA). Avec un cynisme outrancier : les taxes sur le carburant des hélicoptères des riches et des politiciens ont, en revanche, elles, été supprimées. Les quartiers populaires se sont soulevés et la répression a été dure (des centaines d’arrestations, plus de trente morts). Ils ont mille fois raison de lutter contre les profiteurs.

La guerre en Ukraine fait des milliers de victimes depuis plus de 500 jours. Mais aussi des profits. Poutine a refusé de renouveler l’accord entre la Russie et l’Ukraine pour permettre le passage du blé. Aussitôt les bourses ont spéculé sur des ruptures d’approvisionnement : + 8 % en une nuit. L’Afrique du Nord dépendait cruellement de cet accord, la famine est à l’ordre du jour. En France, où les prix alimentaires ont déjà pris près de 20 % en un an, cela impactera le prix des pâtes, du pain, etc. En Ukraine, Russie, Afrique et ici ce sont toujours les pauvres qui payent leur sale guerre.

Au premier août, l’électricité augmentera de 10 % après avoir augmenté de 15 % en février. Cela fait mal au porte-monnaie mais il y a des petits malins qui gagnent à tous les coups. Les petites entreprises ont un plafond pour les tarifs à savoir 280 euros le MWh. Pendant ce temps, 70 % de l’électricité achetée par les acteurs alternatifs l’est à 42 euros le MWh à EDF. Belle marge pour revendre, sans compter que l’État indemnise les fournisseurs. Du vol ? Non juste du capitalisme !

La rédaction du Journal du dimanche (JDD) a massivement reconduit sa grève contre l’arrivée à sa tête de Geoffroy Lejeune, ex-journaliste de l’hebdomadaire d’extrême droite Valeurs actuelles. La poursuite de cette grève, débutée le 22 juin, a été approuvée par 98 % des votants La situation du JDD rappelle ainsi les grèves d’Europe 1 en 2021 et d’i-Télé (devenu CNews) en 2016, conclues chaque fois par des départs massifs. Les journalistes d’i-Télé s’étaient mobilisés pendant un mois, tout comme ceux du JDD, contre les ingérences de leur propriétaire, le milliardaire Vincent Bolloré. Qui entend faire du JDD un média de la droite extrême, comme les autres titres qu’il contrôle.

Après le remaniement ministériel, SOS Homophobie, l’association qui lutte pour les droits civiques et la reconnaissance des personnes LGBTI, s’inquiète de l’entrée au gouvernement d’Aurore Bergé et de Bérangère Couillard, des ministres qui, dans le passé, « se sont opposées à l’égalité des droits ». Tant Aurore Bergé, nouvelle ministre des Solidarités et des Familles, que Bérangère Couillard, ministre déléguée auprès de la Première ministre, chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations ont montré, par leurs déclarations ou leurs votes, qu’elles étaient hostiles à l’égard des droits des personnes LGBTI, et notamment des personnes trans. Et de conclure : « Confier des responsabilités gouvernementales à des ministres qui ont montré qu’ils n’étaient pas pleinement engagés en faveur de l’égalité des droits est un mauvais signal qui traduit une forme d’indifférence, voire de mépris. » Ce qui de la part du gouvernement n’est pas vraiment étonnant.

Le Paris Saint-Germain (PSG) a écarté Kylian Mbappé, son attaquant vedette, de sa tournée au Japon et en Corée du Sud. Il s’agit de lui faire payer le fait que le 12 juin dernier le footballeur – engagé au PSG jusqu’en 2024 – avait prévenu le club par courrier qu’il n’activerait pas l’année supplémentaire incluse en option dans son contrat. En fait, il aurait reçu des promotions alléchantes du Real Madrid. Réaction du président du PSG, Nasser al-Khelaïfi : « Si Kylian veut rester, nous on veut qu’il reste. Mais il doit signer un nouveau contrat. On ne veut pas laisser le meilleur joueur du monde partir gratuitement. » Tout est dit. Si Mbappé part, le Real Madrid doit casquer. D’autant plus que le PSG aurait déjà reçu une offre de 300 millions d’euros d’un club saoudien pour le transfert de la star du ballon rond. Bref une histoire de gros sous qui n’a pas grand chose à voir avec le sport.