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Brèves

L’actualité en bref

Des militants écologistes du mouvement « Dernière Génération » ont été évacués à l’ouverture du prestigieux festival d’opéra et de théâtre de Salzbourg après avoir perturbé une pièce de théâtre. Les trois jeunes activistes ont bruyamment interrompu la représentation pour alerter sur le changement climatique. « Nous sommes la dernière génération capable d’empêcher les points de basculement » – ces seuils de température qui, une fois franchis, pourraient entraîner un cercle vicieux irréversible –, ont-ils crié avant d’être escortés en dehors de la salle par les services de sécurité. « Dernière Génération », très active en Allemagne et en Autriche, multiplie les initiatives de désobéissance civile pour protester contre l’inaction des autorités dans la lutte contre le changement climatique.

Des dizaines de milliers de personnes ont salué la mémoire de Francisco « Pancho » Villa, à El Parral, dans l’État de Chihuahua, à l’endroit même où le célèbre révolutionnaire mexicain a été assassiné il y a cent ans. Des centaines de cavaliers avaient parcouru les vastes plaines du Chihuahua où Villa avait gagné ses galons de chef de guerre dans les premières années de la révolution, avant sa jonction à Mexico avec Emiliano Zapata en décembre 1914. Fils de métayer, quasi analphabète, Villa avait soulevé les paysans pauvres et les ouvriers agricoles contre l’oligarchie et le dictateur Porfirio Díaz, qui s’était enfui en exil, avant d’être abattu par des hommes de main des grands propriétaires appuyés par les États-Unis. Mais son souvenir reste vivace non seulement au Mexique mais dans toute l’Amérique latine.

Au lendemain d’un mini-remaniement ministériel, le président de la République a ouvert la porte du nouveau Conseil des ministres aux caméras pour passer plusieurs messages à l’opinion qui se résument au fait qu’il est content de lui. Comme d’habitude. Ainsi parmi les dossiers prioritaires, « la planification écologique », dont on n’a toujours pas vu l’ombre d’une réalisation, va se poursuivre, la création d’« un cadre exigeant » pour les finances publiques va être proposé, ce qui ne mange pas de pain, ainsi que « des services publics plus efficaces », ce qui ne signifie pas pour autant qu’ils feront leur retour dans les quartiers populaires où ils ont disparu au cours des années. Mais surtout, Macron s’est félicité d’un « pacte » passé avec les forces de l’ordre pour « améliorer les équipements » et mieux réprimer. Le macronisme dans toute sa splendeur…

Selon Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) le taux de « privation matérielle et sociale », une manière alternative de mesurer la pauvreté, a atteint 14 % de la population de l’Hexagone début 2022, c’est-à-dire 9 millions de personnes. C’est le plus haut niveau depuis la création de cet indicateur en 2013. Ce taux atteignait 13,4 % en 2020, et 12,4 % en 2013, a précisé l’Insee. La hausse du taux de privation est notamment due à l’augmentation des prix de l’énergie, 10,2 % des ménages déclarant ne pas pouvoir chauffer suffisamment leur logement en 2022, contre 6,1 % en 2021 et 5 % en 2018. Contrairement aux taux de pauvreté monétaire, basé sur les revenus des ménages, le taux de privation repose sur le renoncement des ménages à certains produits ou services, comme posséder deux paires de chaussures, se chauffer correctement, manger de la viande ou du poisson tous les deux jours, ou partir une semaine en vacances chaque année. En résumé, quel que soit la façon dont on le calcule, le taux de pauvreté ne cesse d’augmenter.

Alors que se poursuit à l’Assemblée nationale l’examen du projet de loi « industrie verte », le gouvernement envisage toujours de distribuer plusieurs milliards d’euros de subventions aux multinationales les plus polluantes du pays pour aider à leur « décarbonation ». Ce cadeau aux entreprises polluantes pourrait se monter à 10 milliards d’euros que se partageraient les cinquante sites industriels les plus polluants de l’Hexagone au nom, bien sûr, de la fameuse transition énergétique. Seraient notamment concernés les sites d’ArcelorMittal à Dunkerque (Nord) et à Fos-sur-Mer (Bouches du Rhône), celui la raffinerie de TotalEnergies à Gonfreville-l’Orcher (Seine Maritime), etc. Au total ces usines émettent ensemble 42,8 millions de tonnes de CO2 par an, soit 55 % des émissions de l’ensemble de l’industrie. Mais pas question de sanctionner les patrons pollueurs. Au contraire on les arrose de subventions « quoi qu’il en coûte ».

L’ONG Greenpeace vient de publier un rapport montrant que voyager en train coûte bien plus cher qu’en avion, même sur des trajets courts. Le texte note en particulier qu’« en Europe les billets de train sont en moyenne deux fois plus chers que ceux d’avion pour un même trajet, un trajet entre Barcelone et Londres coûtant même jusqu’à trente fois plus cher et huit fois plus cher pour un trajet Paris-Valence (Espagne) ». Malgré tout le transport aérien continue de bénéficier d’exemptions fiscales importantes et ce alors même qu’il est cent fois plus polluant que le transport ferroviaire. L’urgence climatique attendra…

Une adolescente et sa mère, poursuivies depuis août 2022 pour avortement clandestin dans l’État du Nebraska, ont été condamnées à de la prison ferme par un tribunal du comté de Madison. Si Celeste Burgess, 19 ans, écope de trois mois de prison, sa mère, Jessica Burgess, risque cinq ans derrière les barreaux. Elle sera fixée sur son sort dans quelques semaines. Elle était accusée d’avoir fourni une pilule abortive à sa fille, alors âgée de 17 ans, en l’aidant à avorter alors qu’elle en était à son sixième mois de grossesse. Or dans cet État l’avortement était légal jusqu’à 20 semaines de grossesse à l’époque, délai réduit depuis lors à 12 semaines par le gouverneur républicain, Jim Pillen. Les deux femmes avaient été arrêtées sur la base d’une dénonciation anonyme.

L’Assemblée nationale a commencé l’examen du projet de loi « Reconstruction » visant à rebâtir dans les plus brefs délais les bâtiments détruits durant les émeutes qui ont éclaté après la mort de Nahel, tué à bout portant par un policier à la fin du mois de juin. L’occasion pour la députée apparentée Rassemblement national Emmanuelle Ménard (à la ville l’épouse du maire d’extrême droite de Béziers, Robert Ménard) de s’en prendre avec hargne et racisme aux jeunes des banlieues en déclarant : « Il faut s’interroger sur la haine de ces casseurs et de ses voleurs. Oui, je dis bien la haine de notre pays, tant ils ne le vivent pas comme le leur. Ils sont Français, mais seulement de papier » et d’établir un « lien entre ces émeutes et ces immigrations de masse ». Sans provoquer la moindre protestation sur les bancs de la droite et ceux de la majorité macroniste. Pour tous ces gens là le racisme ordinaire de l’extrême droite, qu’ils partagent largement, se banalise. 

Quatre policiers soupçonnés d’avoir violemment frappé un jeune homme en marge des émeutes qui avaient suivi la mort de Nahel ont été déférés au Parquet aux fins de mise en examen. La victime, Hedi, 21 ans, blessé et hospitalisé dans la nuit du 1er au 2 juillet, avait témoigné dans le quotidien La Provence, expliquant avoir été passé à tabac par un groupe de quatre à cinq personnes qu’il avait identifiées comme des policiers de la brigade anticriminalité, après avoir reçu un tir de LBD dans la tempe. Il avait été plongé dans le coma durant plusieurs heures. Quant aux policiers mis en cause, transférés au tribunal, ils sont sortis de l’Inspection générale de la police nationale, située dans les locaux de la préfecture de police… sous les applaudissements de leurs collègues. Il ne reste plus qu’à les décorer. En outre le parquet de Marseille a annoncé l’ouverture d’une autre enquête, sur la mort d’un homme de 27 ans, probablement après un « choc violent au niveau du thorax » causé par un projectile de « type flash-ball » dans le centre-ville de la cité phocéenne, au cours de la même nuit. Les policiers phocéens attendent impatiemment que l’on identifie leurs collègues mis en cause… afin de les féliciter.