Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

L’ex-dirigeante indépendantiste écossaise, Nicola Sturgeon, qui a démissionné de son poste de Première ministre en février, a été arrêtée, dans le cadre d’une enquête sur le financement de son parti politique, le Parti nationaliste écossais (SNP). La police écossaise cherche à déterminer ce qu’il est advenu des dons de 600 000 livres sterling (701 000 euros) collectés pour financer un nouveau référendum d’indépendance, et qui, au lieu d’être bloqués à cet usage, auraient été utilisés autrement. Depuis lors le projet de référendum est dans l’impasse face au rejet de Londres. Des perquisitions ont été effectuées au domicile de Nicola Sturgeon, et au siège du SNP à Édimbourg, Début avril, l’époux de Nicola Sturgeon, Peter Murrell, qui était jusqu’à la mi-mars directeur général du SNP, a été arrêté dans le cadre de cette enquête, avant d’être remis en liberté. Les médias ont aussi évoqué des prêts douteux liés au SNP. Ce n’est pas la première fois que des politiciens bourgeois prennent leur aise avec l’argent qu’ils collectent. Et l’Écosse ne fait pas exception.

Trois Saoudiens officiellement condamnés « pour avoir tué un agent de sécurité et créé une cellule terroriste » ont été exécutés. Cela porte à 52 le nombre d’exécutions dans le royaume depuis le début de l’année, dont 20 pour des affaires de « terrorisme ». L’Arabie saoudite est l’un des pays qui appliquent le plus la peine de mort dans le monde. En 2022, 147 personnes y ont été exécutées, dont 81 en une seule journée, suscitant un tollé international. On ne peut jamais savoir les raisons exactes des exécutions, l’accusation de « terrorisme » étant la plus courante pour disqualifier les opposants. Et cette dictature sanglante et barbare est, parait-il, en train de se moderniser. En remplaçant la décapitation au sabre par la chaise électrique ?

Pour fêter les 30 ans de l’ouverture du parc, les salariés de Disneyland Paris ont lancé un nouveau show : la grève ! Depuis trois semaines, ils et elles sont en lutte pour obtenir des augmentations de salaire et des plannings moins pénibles. Car chez Mickey, les profits patronaux font rêver… mais pas les fins de mois, ni les conditions de travail : les salariés sont payés juste au-dessus du SMIC, et subissent en permanence les pressions des chefs.

À l’appel d’un Mouvement Anti-Inflation créé par des salariés de la maintenance, des centaines de salariés de tous les métiers et de divers statuts se sont mis en grève à plusieurs reprises. Le 30 mai, plus d’un millier de grévistes manifestaient devant les touristes. Une « parade » qui n’a pas plu à la direction, qui tente de réprimer cette grève qui lui fait une mauvaise pub. Comme partout, la colère est profonde, alors si les patrons de Disney croient que leurs manœuvres peuvent briser ce mouvement, ils peuvent toujours… rêver !

Olivier Dussopt a présenté son projet « France Travail », destiné à remplacer Pôle emploi. Tous les allocataires du RSA devront s’y inscrire, et, pour toucher leur pension, ils devront effectuer des « insertions en entreprise ». Une jolie manière de parler de travail gratuit !

Le patronat se frotte déjà les mains en attendant la mise en place de cette nouvelle attaque contre les travailleurs sans emplois, qui s’ajoute aux réductions des indemnités chômage et de leur durée des réformes précédentes.

Pas le choix, il faudra qu’on continue de se battre pas seulement pour des indemnités chômage qui permettent de vivre, mais pour des salaires décents, le partage du travail entre tous et l’interdiction des licenciements.

En France, les ultra-riches ne paient presque pas d’impôts sur le revenu en proportion de leurs revenus globaux. Contrairement au reste de la population, ceux-ci ne déclarent pas une très grande partie de leur revenu qu’ils placent dans des sociétés « holdings » sous forme de bénéfices générés par les entreprises qu’ils possèdent. Pour utiliser ensuite ces millions d’euros « cachés », ces capitalistes disposent de niches fiscales qui leur permettent d’être exonérés. Voilà comment la bourgeoisie s’accapare les richesses produites par le travail, en toute légalité.

Face à la pénurie de logements (9 ou 10 ans d’attente pour obtenir un logement social en banlieue parisienne par exemple), Élisabeth Borne se défausse : « il n’y a pas de mesure magique ». Alors faute de magie, elle propose juste de prolonger les prêts à taux zéro pour ceux qui ont les moyens de s’acheter un logement sans pouvoir le payer cash (mais en en durcissant les conditions pour y avoir droit). Et elle y rajouterait volontiers le rachat par l’État (la Caisse des dépôts) des logements que les propriétaires n’arrivent pas à vendre. Pauvres propriétaires !

Mais construire des logements sociaux, vous n’y pensez pas ? Il n’y a pas d’argent magique ! Il n’y en a que pour augmenter le budget d’armement.

Les patrons hôteliers de la Côte d’Azur ou de Nouvelle Aquitaine sont dans la peine : difficile de trouver des étudiants pour accepter un emploi salarié payé au lance-pierre quand on ne leur donne aucun endroit pour se loger. Le député de la France insoumise, François Ruffin, annonce à la télé son « plan d’une simplicité effrayante » auquel le gouvernement d’imbéciles actuel, « qui manque de pragmatisme », n’a même pas pensé. Non pas que l’hôtelier qui veut un saisonnier lui offre au moins une chambre dans l’hôtel : c’est mauvais pour le commerce. Mais qu’on accorde aux saisonniers des places gratuites dans les campings.

C’est vrai que tant qu’à bosser dur pour avoir un peu de sous d’avance pour son année d’études, on peut aussi bien loger à la dure. Ce cher Ruffin propose ça pour « les campings de la côte ». Car pour les saisonniers dont les hôtels parisiens ont besoin et période touristique, il y a déjà les ponts de Paris.

L’Union des mosquées de France a regretté dans un communiqué qu’à l’annonce de la nationalité – syrienne – de l’assaillant d’Annecy, des « récupérations politiques » soient venues « mettre à l’index une fois de plus l’islam et l’immigration ». Parties bille en tête la droite et l’extrême droite ont très vite parlé d’« islamisme » et de « terrorisme », avant que les détails ne soient connus sur le profil de l’agresseur : Syrien, né en 1991 et réfugié en Suède, c’est un chrétien d’Orient et il aurait agi « sans mobile terroriste apparent », selon le parquet d’Annecy. Bref il est aussi chrétien qu’Éric Ciotti ou que Marine Le Pen. Ce qui n’empêche pas ces derniers de poursuivre leur campagne anti-migrants et anti-musulmans. Car en fait l’identité réelle de l’agresseur n’a aucune importance. Ce qui compte c’est de renforcer les sentiments racistes et xénophobes dans une partie de la population. Et pour cela tous les mensonges sont bons.

Le géant du BTP Bouygues va payer une amende de 7,9 millions d’euros dans le cadre d’une convention judiciaire d’intérêt public dans une affaire de marchés publics truqués dans le cadre de la rénovation de l’hôpital d’Annecy. Ce type de convention est un arrangement amiable qui permet au coupable – généralement dans les affaires de corruption – d’échapper à un jugement. Quand au sait que le groupe Bouygues a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de 38 milliards d’euros, on se dit qu’il s’en tire à bon compte. La justice est clémente pour les riches, mais surtout pour les très riches. Car le voleur de mobylette lui passe généralement en comparution immédiate.