Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Un milliard de personnes dans 43 pays sont exposées au choléra, a averti l’Organisation mondiale de la santé, et bien que les moyens de stopper « cette pandémie des pauvres » soient bien connus, les ressources manquent désespérément pour les mettre en œuvre. « Il y a une pandémie qui tue les pauvres devant nos yeux et nous savons exactement comment l’arrêter, mais nous avons besoin de plus de soutien et de moins d’inertie de la part de la communauté mondiale, car si nous n’agissons pas maintenant, cela va empirer », a alerté de son côté Jérôme Pfaffmann Zambruni, chef de l’unité des urgences de santé publique de l’Unicef, lors d’une conférence de presse à Genève. On impute l’augmentation des cas à la pauvreté, aux conflits, au changement climatique et aux déplacements de population qu’ils provoquent, dans des conditions très précaires. Il existe bien un vaccin oral contre le choléra, mais il est produit en nombre insuffisant. Le produit n’est pas très attrayant pour les fabricants parce qu’il n’y a pas de marché dans les pays riches. Quant aux grandes puissances, elles préfèrent investir dans l’armement.

En marge du festival de Cannes, l’actrice Adèle Haenel, dans une lettre publiée sur le site de Télérama, avait dénoncé la complaisance de l’industrie du cinéma à l’égard des violences sexuelles, précisant qu’il était urgent d’aborder le sujet frontalement. Elle écrivait que les responsables du cinéma français « se donnent la main pour sauver la face des Depardieu, des Polanski, des Boutonnat. Ça les incommode, ça les dérange que les victimes fassent trop de bruit, ils préféreraient qu’on continue à disparaître et crever en silence ». Pour lui répondre et se justifier, la ministre de la Culture, Rima Abdul-Malak, a mis en avant quelques mesurettes dans un entretien publié par Le Parisien, tout en s’en prenant « aux tribunes à l’emporte-pièce » avant d’apporter son soutien au délégué général du festival, Thierry Frémeaux, mis en cause par une centaine d’actrices pour avoir choisi, pour inaugurer la manifestation, un film avec l’acteur Johnny Depp, poursuivi à de nombreuses reprises pour violence sexuelle. Mas cela ne semble pas trop gêner la ministre.

C’est un fait divers qui choque le pays. La police a reconnu qu’un de ses agents avait employé un taser dans une maison de retraite de Nouvelle-Galles du Sud, contre une femme de 95 ans, et que celle-ci se trouve désormais à l’hôpital de Cooma, dans le sud de l’État, dans un « état critique ». La vieille dame, Clare Nowland, atteinte de démence sénile, se promenait à quatre heures du matin avec son déambulateur, un couteau à la main, dans les couloirs de l’établissement. Le flic responsable de cet exploit, qui s’est senti « menacé », a été décrit par sa hiérarchie, comme « un agent expérimenté ». On n’ose imaginer ce qui aurait pu se passer s’il ne l’avait pas été.

Majid Kazemi, Saleh Mirhashemi et Saeed Yaghoubi, trois hommes arrêtés en marge des manifestations qui ont secoué le pays à la fin de l’année dernière, ont été pendus dans leur prison. Ils avaient été reconnus coupables de « moharebeh » (« guerre contre Dieu ») et d’avoir été en possession d’une arme lors d’une manifestation dans la ville Ispahan (centre), au cours de laquelle trois membres des forces de l’ordre avaient été abattus. Ils avaient également été accusés d’être membres de « groupes illégaux ayant l’intention de porter atteinte à la sécurité du pays et de collusion conduisant à des crimes contre la sécurité intérieure ». Les appels pour les sauver se sont multipliés mais sont restés vains. L’Iran est, après la Chine, le pays au monde qui applique le plus la peine de mort.

Alors que se prépare le second tour des élections présidentielles, qui se déroulera le 28 mai prochain, les deux candidats qui restent en lice durcissent leur discours xénophobe contre les quatre millions de réfugiés syriens qui vivent dans le pays. Le président sortant, Recep Tayyip Erdoğan, (49 % des voix au premier tour) a annoncé un « plan de retours volontaires » pour renvoyer immédiatement chez eux un million de réfugiés. Le leader de l’opposition, Kemal Kılıçdaroğlu, (45 % des voix au premier tour) affirme qu’il pourra faire mieux et expulser tous les réfugiés dès son arrivée au pouvoir. Il tente ainsi de séduire les 5 % d’électeurs qui ont porté leur voix sur le candidat ultra-nationaliste Sinan Oğan. On ne sait pas qui sera le vainqueur au soir du 28 mai, mais on connait déjà le nom des perdants : les réfugiés syriens.

Des policiers ont demandé aux chefs d’établissements scolaires de Toulouse de leur indiquer le nombre d’élèves absents le jour de l’Aïd al-Fitr, fête marquant la fin du ramadan pour les musulmans, qui est tombée cette année le 21 avril. Cette demande a été faite par mail, sans l’aval du recteur d’académie, Mostafa Fourar. Prévenu, ce dernier a demandé aux chefs d’établissement de ne pas y répondre. La police a expliqué que sa demande était « une maladresse » et qu’il ne s’agissait en aucun cas d’un fichage des élèves en fonction de leur religion. Il n’y a plus qu’à la croire.

Saisi par la Ligue des droits de l’homme, le tribunal administratif a jugé illégal le fichage de manifestants placés en garde à vue lors des mobilisations sur les retraites. Ce tableur Excel de la police détaillait les noms, prénoms et dates de naissance des personnes placées en garde à vue lors des manifestations. Au passage, l’État est condamné à verser une somme globale de 3 000 euros aux requérants. Le tribunal administratif a donc ordonné au garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti et au parquet de Lille d’effacer toutes les données personnelles du fichier. Il est probable qu’officiellement ils s’exécuteront. Mais il est non moins probable que la gente policière gardera bien au chaud ces renseignements pour éventuellement les utiliser à l’avenir. En toute illégalité bien sûr…

Le 17 avril dernier, l’opposant russe Vladimir Kara-Mourza a été condamné à 25 ans de prison, pour « haute trahison », dans une colonie pénitentiaire à régime sévère avec des conditions d’incarcération extrêmement strictes, bien qu’il souffre de graves problèmes médicaux après avoir été victime de deux tentatives d’empoisonnement, commanditées sans aucun doute par le pouvoir russe, en 2015 et 2017. Symbole de l’opposition au Kremlin, il était très actif à l’étranger pour faire adopter des sanctions internationales contre Moscou pour les violations des droits humains en Russie. Son épouse et leurs trois enfants vivent aux États-Unis. Cette dernière a profité du Sommet de Genève pour les droits de l’homme et la démocratie, pour dénoncer « une pure et cynique vengeance du gouvernement russe » et demander la libération de son mari vu son état de santé. Peu de chance cependant qu’elle soit entendue par le très humaniste Poutine.

Deuil national et funérailles de la reine Élisabeth en septembre dernier ont coûté 161,7 millions de livres sterling (186 millions d’euros) selon les chiffres publiés par le Trésor britannique. Quant au coût du couronnement du roi Charles, qui s’est tenu le 6 mai, aucun chiffre officiel n’a encore été publié mais le groupe anti-monarchiste Republic estime qu’il a coûté au moins 100 millions de livres (115 millions d’euros). Un financement supporté en grande majorité par les contribuables britanniques, en proie à une grave crise du coût de la vie alors que l’inflation dépasse les 10 % et que les banques alimentaires sont débordées.