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Brèves

L’actualité en bref

Alors qu’il tenait une réunion publique de soutien à la Palestine à la bourse du travail, devant plus de 300 personnes, Salah Hamouri a été violemment pris à partie par des militants sionistes présents dans la salle et qui ont tenté de lui interdire de parler. Sans succès. Depuis son expulsion de Jérusalem par les autorités sionistes en décembre dernier et son exil forcé en France, ce n’est pas la première fois que cet avocat est pris à partie par des militants sionistes, le plus souvent soutenus par la droite locale. Il a même parfois été contraint d’annuler certaines réunions publiques. Ce qui ne l’empêche pas de continuer son combat contre l’apartheid israélien et pour dénoncer les conditions de détention des prisonniers politiques palestiniens. Il a tout notre soutien.

Une étude publiée par le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie révèle que 16 % des personnes interrogées ne mangent pas assez. Les femmes, les jeunes et les personnes qui cumulent les difficultés sont les plus touchées. En moins de six mois, la part de ceux qui se privent de nourriture a augmenté de quatre points, une conséquence directe de la hausse des prix des produits alimentaires, avec une inflation qui dépasse les 10 % sur certains produits. En 2016, il y avait presque deux fois moins de personnes en situation de précarité alimentaire. Mais à part ça, comme dirait Macron, « on avance ». Vers quoi ?

Les prix du gaz naturel sont en chute libre sur les marchés internationaux. Cette semaine le mégawattheure est tombé en dessous de 30 euros alors qu’il coûtait dix fois plus cher en août 2022 lorsqu’il avait dépassé le pic des 300 euros. Mais les particuliers n’ont pas vu grand-chose de cette baisse spectaculaire sur leurs factures. Ce qui n’empêche pas Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, de réaffirmer que le 30 juin prochain sonnera le glas du tarif règlementé du gaz, ou bouclier tarifaire, qui offrait une certaine protections aux ménages, selon lui « les cours sur les marchés étant revenus à un niveau acceptable ». Cela veut-il dire que les tarifs vont baisser ? Rien n’est moins sûr ! Les industriels du secteur veulent profiter de l’aubaine le plus longtemps possible avant de répercuter la baisse des prix sur leurs tarifs.

À l’occasion de la « journée de Jérusalem », qui commémore la conquête de la vieille ville par l’armée israélienne lors de la guerre des Six jours en 1967, l’extrême droite religieuse et xénophobe, sous la houlette du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, va faire défiler aujourd’hui des milliers de participants, majoritairement des juifs orthodoxes, du parc de l’Indépendance au mur Occidental en traversant les quartiers palestiniens et en pénétrant dans le périmètre de la mosquée al-Aqsa. À cette occasion ils brandiront des milliers de drapeaux israéliens, scanderont des slogans anti-arabes et entonneront des chants nationalistes. Connue aussi sous le nom de « marche des drapeaux », cette manifestation provoque chaque année des heurts avec la population arabe de la ville. Et cette année il en sera de même, d’autant plus que les autorités n’ont cessé de jeter de l’huile sur le feu ces derniers jours.

Plusieurs centaines de militants antiracistes ont manifesté à Portland, dans le Dorset, contre l’installation dans le port d’un bateau à fond plat, une barge, qui a été remorquée depuis les Pays-Bas et devrait servir de prison flottante à environ 500 migrants dans des conditions indignes. Mais les autorités portuaires, sous la houlette d’un groupe privé, Langham Industries, se frottent les mains. Elles ont passé un contrat avec le ministère de l’Intérieur qui leur permettra de recevoir un loyer de 2,5 millions de livres (2,75 millions d’euros) pour les droits d’ancrage de la barge pendant au moins 18 mois. Ce qui s’appelle se faire de l’argent sur la misère des plus pauvres.

Le monde doit diminuer de moitié les plastiques à usage unique et adopter massivement le triptyque « réutilisation, recyclage et alternative » pour stopper cette pollution galopante, affirme un rapport des Nations unies. Cette feuille de route, intitulée « Fermer le robinet », est publiée par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) deux semaines avant la deuxième étape, à Paris, des négociations qui doivent aboutir à un traité international juridiquement contraignant d’ici fin 2024. Mais le PNUE n’évoque pas directement d’objectif de réduction, à la source, de la production de tous les plastiques alors que celle-ci pourrait doubler d’ici 2040. Il fait confiance aux États, qui eux-mêmes comptent sur la bonne volonté des industriels pollueurs, pour régler la question. Ce qui fait dire à Hirotaka Koite, responsable de Greenpeace, que les auteurs du rapport « ont essayé de changer un tuyau, de remplacer les vannes, mais ils n’essaient pas vraiment de fermer le robinet ». Bien vu !

L’armée a-t-elle une part de responsabilité dans l’enlèvement d’Olivier Dubois ? Depuis le 20 mars le journaliste est libre après voir été retenu en otage au Mali par un groupe jihadiste pendant 711 jours. Une enquête publiée par plusieurs médias (Le Monde, Libération, RFI et TV5 Monde) révèle le rôle trouble de l’armée française dans ce rapt. Informés par un indicateur de ce projet d’enlèvement, les militaires n’auraient rien fait pour protéger le journaliste. Au contraire ils auraient laissé faire dans l’espoir de localiser le chef djihadiste qu’il devait interviewer. « Quand vous avez une opération de renseignement qui est menée et […] qu’on laisse l’opération se dérouler alors même qu’on a identifié un risque très élevé d’enlèvement […] sans prévoir un dispositif pour empêcher que le pire ne survienne, oui, ça relève à l’évidence de manquements et de négligences », a jugé Arnaud Froger, responsable du bureau investigation de Reporters sans frontières (RSF). Quant à l’Inspection générale de l’armée, elle a conclu qu’il n’y avait « pas eu de faute personnelle » chez les militaires. Circulez, il n’y a rien à voir.

Dans le cadre de la Journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie, le ministre de l’Éducation nationale, Pap Ndiaye, a lancé une campagne de prévention et de sensibilisation contre les LGBT+phobies au collège et au lycée, dénommée « Ici, on peut être soi ». « L’enjeu est grave », affirme le ministre, « les conséquences de l’homophobie et de la transphobie sont connues : insultes, harcèlement, mises à l’écart, échec scolaire, repli sur soi, et parfois comportements suicidaires. » On ne peut que se féliciter d’une telle initiative mais reste à savoir, au-delà de l’effet d’annonce, quels moyens humains et matériels seront réellement mis sur la table pour qu’elle soit un succès.

Après l’incendie criminel de la maison du maire de Saint-Brevin-les-Pins, un groupuscule d’extrême droite est venu manifester devant une école désaffectée rue Erlanger dans le 16e arrondissement. Cet ancien établissement scolaire accueille environ 400 mineurs sans papiers et sans toit dans des conditions très précaires, sans eau courante. Une vingtaine d’individus membres d’un groupuscule baptisé « Les Natifs » issu de Génération identitaire sont venus crier « Rentrez chez vous » avec banderole et fumigènes. Auparavant, d’autres groupes étaient déjà venus crier leur haine raciste devant cette école. Une enquête aurait été ouverte, mais les fachos n’ont pas été inquiétés. Profitant du climat anti-immigrés entretenu par le gouvernement, les groupuscules fascistes s’organisent et s’enhardissent. Jusqu’à la venue d’un drame prochain… ou leur éradication par les travailleurs et leurs organisations.