Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Le Covid-19 n’étant plus vraiment d’actualité, ces deniers temps les météorologues sont devenus sur les réseaux sociaux de plusieurs pays occidentaux les nouvelles cibles privilégiées des milieux complotistes. Ils font l’objet d’insultes et de menaces et sont accusés de mentir voire d’influer directement sur le climat. Par exemple l’agence météo espagnole a été attaquée pour avoir « fabriqué la sécheresse », son homologue australienne d’avoir trafiqué les thermomètres, tandis que Météo-France est soupçonnée de surévaluer le réchauffement climatique. Apparaissent aussi les tenants de la théorie farfelue des « chemtrails », selon laquelle les traînées d’avions visibles dans le ciel sont la trace de produits chimiques répandus délibérément avec pour objectif d’arrêter les pluies et de provoquer de la sécheresse. En résumé le réchauffement climatique proviendrait d’un vaste complot ourdi par les « élites internationales ». C’est qu’au XXIe siècle on peut utiliser des techniques de communication sophistiquées pour répandre des idées moyenâgeuses.

Audrey Felice, une mère de famille de deux enfants, a été retrouvée morte par arme blanche dans un bois de Laloubère, près de Tarbes, avec à ses côtés le cadavre de son ex-compagnon retrouvé pendu. Le collectif « Féminicides par compagnons ou ex » lui a rendu hommage dans un post Facebook, indiquant qu’il s’agissait du 42e féminicide en France en 2023. Rappelons qu’en 2022, 147 femmes avaient été tuées par leur conjoint ou leur ex-compagnon.

Dans une interview accordée au journal L’Opinion, le président de la République voit « un côté positif » à la proposition d’abrogation de la réforme des retraites, qui sera défendue le 8 juin à l’Assemblée nationale par le groupe de droite « Libertés, indépendants, outre-mer et territoires » (Liot). Selon lui, cela donnerait une nouvelle occasion à son camp de mieux « expliquer » cette loi. Depuis des mois, et à longueur d’interviews, de prises de parole, de déplacements en province et ailleurs, Macron et ses amis nous serinent les beautés de cette réforme scélérate. Comme il vient encore de la faire sur TF1 en affirmant « ne pas être méprisant ». Cause toujours ! Mais cela n’a pas convaincu grand nombre. Et il en sera de même le 8 juin. Le seul moyen de lui répondre serait d’être les plus nombreux possible dans les rues, notamment le 6 juin prochain.

Les directions des cinq confédérations syndicales « représentatives » ont finalement toutes accepté de rencontrer la Première ministre cette semaine. Pour rappeler leur refus de la réforme des retraites, assurent-elles. Pensent-elles parler plus fort chacune à leur tour que les millions de travailleurs et de jeunes mobilisés depuis des mois ? Quelles propositions attendent-elles sur les salaires, les conditions de travail ou la démocratie en entreprise de la part d’un gouvernement qui multiplie les cadeaux au grand patronat et les attaques contre les droits sociaux et contre les plus pauvres, avec un supplément d’arrogance et de mépris ?Les salons feutrés où se déroule ce prétendu « dialogue social » n’ont jamais été un terrain favorable pour les travailleurs. Pour faire reculer Macron et son monde, lui faire remballer sa réforme des retraites et imposer l’augmentation réelle des salaires ou des embauches pour partager le travail entre tous et toutes, pas de raccourci : nous ne pourrons compter que sur nos luttes, nos grèves, les manifestations et autres casserolades, en mettant toutes nos forces dans la bagarre.

Ici ou là, certains ont décidé de « ne pas attendre le 6 juin » et continuent les actions contre la réforme des retraites, ou se mobilisent pour leurs salaires et leurs conditions de travail, comme à Vertbaudet (Marquette-lez-Lille) ou à Tisséo (Toulouse). Ils ont raison : pas question de nous faire dicter le calendrier de notre colère.

Ils y sont 200, dont le richissime Elon Musk, patron de Twitter, Tesla (automobile) et Space X (fusées), invités ce lundi par Macron sous les ors du château de Versailles. Mais ce toast (loin des concerts de casseroles), c’est pour notre bien, parait-il. Pour réindustrialiser la France, pour l’emploi nous dit-on, puisque Macron compte leur vanter « l’attractivité de la France ». Quelle attractivité ? Pas de mystère, juste ce dont les patrons français se félicitent déjà : des profits à la clé sans augmentations de salaire, la précarité tous azimuts et moins d’emplois créés que supprimés.

Il n’y a qu’à voir en ce moment les batailles contre les fermetures de sites, notamment la grève pour le maintien du travail de 336 salariés à l’usine de Valdunes dans le Nord, dans le même département que le futur site de production de batteries à Dunkerque où Macron poussait son cocorico vendredi. Même sans casserole, son discours sonne faux.

Le gouvernement d’extrême droite italien, parmi toute sa politique anti-LGBTI, a ordonné aux préfets de faire la chasse aux rares couples gays et lesbiens ayant pu se faire reconnaître comme parents de leurs enfants. Difficile de croire que l’intérêt des enfants c’est de leur dire qu’un de leurs parents ne l’est plus, l’empêchant de le récupérer à l’école ou de valider des soins. Face aux réactionnaires et aux adorateurs de la famille traditionnelle, l’égalité des droits est bien loin d’être acquise.

Un travailleur de Dassault Anglet, militant CGT, a été mis à pied fin avril. Son tort ? Des absences « injustifiées »… lors des journées de grève et sur son temps de travail syndical. Encore une remise en question du droit de faire grève et de militer, comme le patronat les a multipliées durant la réforme des retraites, et face à laquelle une centaine de travailleurs se sont rassemblés, exigeant la suppression de toutes les sanctions.

Depuis le 2 mai, les scénaristes de l’industrie du film et de la télévision des États-Unis se sont mis en grève. 11 500 scénaristes revendiquent une meilleure rémunération, notamment des grandes plateformes de streaming, et des réglementations par rapport à l’intelligence artificielle. Derrière le glamour des grandes productions et de la télé, les conditions se sont dégradées. Le salaire médian est de 72 000 dollars par an et le travail est concentré dans des villes comme Los Angeles, où le revenu annuel nécessaire à une vie digne est de… 76 000 dollars. La grève pourrait bien durer : la dernière, en 2007, a duré pendant plus de trois mois. Et surtout, elle a montré que comme partout, sans les petites mains, les profits s’écroulent : son coût a été estimé à 2,1 milliards de dollars ! Alors, quitte à attendre un peu la finale de notre série préférée, on espère que les piquets de grève auront le dessus sur les tapis rouges.

Plus de 3 000 médicaments manquent dans les pharmacies en France, et pas des moindres : traitements anticancéreux ou antiépileptiques, antibiotiques ou encore pilules abortives ! Cette pénurie dure depuis des mois. Que répond le lobby de l’industrie pharmaceutique, le Leem ? Qu’il faut augmenter le prix des médicaments ! Nous avons une autre solution : que les travailleurs réquisitionnent les moyens de production et produisent à prix coûtant, en fonction des besoins recensés. C’est ça ou le profit nous rendra tous malades !