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Brèves

L’actualité en bref

Le 3 juillet 2018, lors d’un contrôle dans le quartier de Breil, un policier touchait d’une balle dans le cou Aboubacar Fofana, 22 ans, alors que ce dernier tentait de fuir en marche arrière. Il est mort quelques heures plus tard à l’hôpital. Le policier avait tenu des déclarations contradictoires en invoquant, comme d’habitude pourrait-on dire, « la légitime défense » avant de parler de « tir accidentel ». Son procès, qui devrait durer jusqu’au 16 janvier, vient de s’ouvrir devant la cour criminelle où il comparait pour des violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Une qualification contestée par la famille de la victime. En théorie le meurtrier risque jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle. Mais, en pratique, les flics meurtriers s’en tirent généralement avec des peines légères, souvent assorties du sursis.

La section montpelliéraine du mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions-Urgence Palestine (BDS-UP) vient de saisir la Cour européenne des droits de l’homme pour protester contre les interdictions répétées de manifester qui la frappent. Depuis l’été 2025, elle n’a jamais été autorisée à tenir des rassemblements sur la place de la Comédie, au cœur de la ville. BDS est un mouvement international non-violent lancé en 2005 par des intellectuels palestiniens pour protester contre la politique de l’État sioniste à l’encontre de leur peuple. En France, le mouvement a appelé à boycotter les produits israéliens et des entreprises qui en font la promotion comme Carrefour ou Axa. En 2020 et 2023 la Cour européenne avait déjà condamné Paris pour ses actions de criminalisation à l’égard de BDS et, plus largement, de celles et ceux qui soutiennent la cause palestinienne.

Le Rassemblement national fait feu de tout bois pour affirmer que la comparution en appel de Marine Le Pen dans l’affaire des assistants parlementaires européens est « un procès politique ». Pieu mensonge. L’égérie de l’extrême droite, et quelques-uns de ses comparses, se voient reprocher d’avoir utilisé l’argent du Parlement européen, c’est-à-dire au final du contribuable, pour financer les activités internes du parti. En résumé, une histoire de gros dont le RN s’est garni les poches. Le procès va durer cinq semaines. Mais qu’à son issue Marine Le Pen soit ou non condamnée et déclarée inéligible, ne changera pas grand-chose au problème de fond, à savoir l’inquiétante progression des idées d’extrême droite qui constituent un danger mortel pour la classe ouvrière.

Alors que dans tout le pays les manifestations se poursuivent contre le régime des mollahs, depuis son exil doré des États-Unis, Reza Pahlavi, le fils du chah, le dernier empereur chassé par la révolution en 1979, tente de s’imposer comme une alternative à la république islamique. Soutenu par Trump, il se pose en homme providentiel capable d’amener la paix et la démocratie dans le pays. On n’a plus qu’à y croire. Mais il faut avoir la mémoire courte pour oublier que le régime monarchiste tomba il y a quarante ans, tellement il était détesté par la plus grande partie de la population. Il était certes laïque mais aussi férocement dictatorial et sa police politique, la Savak, emprisonnait et massacrait à tour de bras les opposants. On a vu sauveur suprême plus présentable.

Une personne est morte et sept autres sont portées disparues après le naufrage d’une embarcation de migrants en mer Égée au large des côtes turques. Trente-sept passagers de ce canot pneumatique, qui a sombré avant l’aube au large de Dikili, au nord de la grande ville d’Izmir, ont pu être secourus vivants. La petite station balnéaire de Dikili fait face à l’île grecque de Lesbos, située à une vingtaine de kilomètres, que les migrants tentent de rejoindre pour entrer dans l’Union européenne. Les naufrages sont fréquents lors de ces traversées périlleuses. Près de 1 900 migrants ont disparu ou ont été repêchés morts en Méditerranée en 2025, selon l’Organisation internationale pour les migrations. L’hécatombe continue.

Candidate à la mairie de Paris, l’euro-députée d’extrême droite Reconquête Sarah Knafo, la compagne à la ville d’Éric Zemmour, a lancé un site participatif où ses sympathisants peuvent déposer leurs doléances. « Vous pouvez me dire tout ce que vous avez sur le cœur, toutes les solutions que vous avez pour la ville » affirmait-elle dans une vidéo. En quelques heures, plus de 600 contributions ont été postées, dont une grande partie à connotation raciste. On trouve des messages tels « Les négroïdes pullulent comme des cafards dans les rues » ou « Sommes-nous à Paris ou à Kaboul ? ». Ces remarques ont fait l’objet d’un signalement à la justice. Mais Knafo estime qu’elle est victime d’une manœuvre de ses adversaires. En fait, elle serait anti-raciste mais ses partisans l’ignorent. Nous aussi d’ailleurs.

Neuf personnes, poursuivies pour s’être déguisées lors d’une « soirée costumée » en membres du Ku Klux Klan ou avec les visages peints en noir, ont été relaxées par le tribunal judiciaire de Troyes. Les faits remontent à octobre 2025. Lors de cette soirée, six personnes avaient revêtu des tenues du Ku Klux Klan et trois autres avaient peint leurs visages en noir. Ensemble ils avaient mimé des scènes de violences envers les personnes noires. D’où les poursuites pour « provocation à la haine ». Dans sa grande sagesse, la présidente du tribunal a estime que « si la scène représentée peut heurter, nous avons considéré qu’elle ne contient aucun appel à la haine ou à la violence ». Ce n’est pas l’avis de SOS Racisme pour qui cette relaxe générale « suscite une profonde indignation et une vive inquiétude quant au message qu’elle envoie dans le contexte actuel de recrudescence des actes et discours racistes ».

La prochaine réunion du G7 – qui réunit les États-Unis, l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni, la France, le Japon et le Canada – est organisée par Paris et prévue de longue date les 14 et 15 juin prochain à Évian-les-Bains, en Haute-Savoie. Mais Trump a fait savoir que cela ne l’arrangeait pas, car la date coïncidait avec son anniversaire à l’occasion duquel il organise une compétition d’arts martiaux à la Maison-Blanche, devant 5 000 invités. Qu’à cela ne tienne. Macron, soucieux de plaire à Trump, a décalé la date du 15 au 17 juin. En réaction l’administration américaine, avec une certaine ironie, s’est réjouie de la décision du chef de l’État français qui, selon elle, a « gentiment changé les dates pour tenir compte de l’agenda » de son homologue. Il n’y a plus qu’à espérer que le président américain ne sèchera pas la réunion s’il a rendez-vous ce jour-là chez son coiffeur.

Bernard Bajolet, 76 ans, ancien directeur de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) de 2013 à 2017, vient d’être condamné par le tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis) à un an de prison avec sursis. Il a été reconnu coupable de complicité de tentative d’extorsion et d’atteinte arbitraire à la liberté individuelle par personne dépositaire de l’autorité publique. Ce James Bond aux petits pieds avait utilisé ses fonctions pour tenter de faire cracher au bassinet, en le menaçant, un homme d’affaires qui avait eu maille à partir avec ses services. Les faits remontaient au 12 mars 2016. Le procès s’est tenu en novembre 2025, après une décennie d’enquête et de rebondissements. Il aura donc fallu dix ans pour que la justice tranche. Lorsqu’un corps de police est mis en cause, les juges se hâtent… lentement.