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Brèves

L’actualité en bref

Les nouvelles pièces du dossier Epstein continuent d’éclairer sur un aspect des réseaux de la grande bourgeoisie : financement, renseignement et trafic sexuel d’adolescentes victimes de viols. Une association qui dépasse largement les bords politiques : c’est une clique de très riches bourgeois et dirigeants du monde entier qui échangent par e-mail, non seulement sur leurs prochaines soirées de prédateurs pervers, mais aussi sur la manière de peser politiquement. Un aperçu de leurs méthodes pour diriger le monde : du crime en bande organisée.

La justice américaine a dévoilé plusieurs millions de documents de l’affaire Epstein, mettant une nouvelle fois la lumière sur l’étendue de la concupiscence sordide, des turpitudes et l’entre-soi des riches et des puissants, chez qui l’immunité fait loi. Mais il y a une question que personne ne pose. 3,5 millions de documents révélés (et ce n’est qu’une partie) : à quel point les milliardaires n’ont-ils rien à faire de leur journée pour produire autant de mails pour organiser leurs soirées ?

Au moins 200 mineurs ont trouvé la mort dans un site d’extraction de coltan à Rubaya, à l’est du pays. Ces hommes travaillaient dans des conditions plus que précaires dans une mine à ciel ouvert pour extraire un minerai dont sont issus le tantale et le niobium, essentiels à la fabrication d’appareils électroniques comme les smartphones et les ordinateurs. La mine se trouve dans un secteur contrôlé par le mouvement rebelle M23 qui achemine le coltan vers le Rwanda voisin. Il est exporté ensuite vers l’Asie. Cette main-d’œuvre est privée de tout droit et travaille sous la menace constante d’hommes armés. Les accidents sont fréquents, mais l’activité minière rapporte plusieurs centaines de milliers d’euros chaque mois au M23 et à ses maîtres de Kigali. Et ce ne sont pas quelques centaines de morts qui freineront cette exploitation très lucrative dans un pays ravagé par la guerre.

Plus de sept ans après les faits, un fonctionnaire de police va être comparaître devant une cour criminelle pour « violences ayant entraîné une infirmité permanente ». Le 26 janvier 209, lors d’une manifestation de Gilets jaunes à Paris, il avait éborgné d’un tir de grenade Jérôme Rodrigues qui a perdu un œil. Depuis des années, ce dernier se battait pour que son agresseur soit traduit en justice. Le policier, membre d’une compagnie de sécurité intérieure au moment des faits, avait été mis en examen en février 2021 et est toujours en fonction sans avoir fait l’objet de la moindre sanction administrative. Il avait déposé un recours en justice pour contester son procès, estimant qu’il était « en état de légitime défense », puisqu’il aurait tiré cette grenade de désencerclement en direction « de personnes qui portaient atteinte à l’intégrité physique des policiers ». Mais ce recours a été rejeté par la chambre de l’instruction, les deux juges ayant estimé que « le groupe au sein duquel évoluait Jérôme Rodrigues n’était pas violent ». Ce dernier s’est déclaré satisfait de la tenue prochaine de ce procès en regrettant toutefois qu’aucun des donneurs d’ordre ne soit sur le banc des accusés. Il ne faut pas rêver…

Le groupe Patriotes pour l’Europe, que préside à Bruxelles le dirigeant du Rassemblement national Jordan Bardella, a organisé au Parlement européen un colloque sur le thème de « la liberté d’expression ». Parmi les invités on comptait le nouveau président chilien nostalgique de Pinochet, José Antonio Kast, des influenceurs anti-avortement, et des pontes de The Heritage Foundation, le groupe de réflexion américain à l’origine du programme de Donald Trump. À l’ordre du jour : faire connaître les positions conservatrices sur des sujets comme l’avortement et la régulation des médias. Avec de tels amis, la liberté d’expression n’a pas besoin d’ennemis.

Au nom de l’austérité budgétaire, le gouvernement veut rayer de la carte l’Institut national de la consommation et son magazine 60 millions de consommateurs, ce dernier étant cédé au secteur privé. Depuis 1966 l’Institut a joué un rôle non négligeable dans l’information et la protection du public, mais aussi de conseil et de référence pour nombre d’associations et de collectivités. Sa liquidation constitue une atteinte portée au droit à l’information. Lundi dernier à Malakoff (Hauts-de-Seine) a eu lieu un rassemblement de protestation à l’appel des syndicats et d’élus devant le siège de l’Institut.

La Fondation pour le logement des défavorisés vient de présenter son rapport annuel. « L’année 2025 a encore été une année noire pour le logement », résume la Fondation qui note une augmentation du nombre des expulsions et des personnes sans domicile. Plus d’un million de personnes sont sans domicile personnel, « qu’elles vivent à la rue, dans un squat ou un bidonville, en hébergement d’urgence ou accueillies chez un tiers ». Parmi elles, 350 000 se trouvent sans domicile fixe selon ses estimations, identiques à celles de 2024. Mais un chiffre en hausse par rapport à 2023 (330 000) et qui a plus que doublé en quinze ans (143 000 en 2012). En outre 912 personnes sont mortes dans la rue, une augmentation de 16 % en un an, dont 31 enfants de moins de quatre ans. Quant à la demande de logement social, elle « n’a jamais été aussi élevée », avec plus de 2,8 millions de demandeurs en attente. Elle juge enfin avec sévérité le bilan d’Emmanuel Macron à l’Élysée : « L’austérité sert en effet de fil rouge depuis 2017 pour le logement, en particulier pour la politique en direction des personnes défavorisées. » Le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, qui devait être présent à cette présentation et répondre à des questions, s’est fait porter pâle. Il faut dire que son bilan n’est pas brillant.

Israël a rouvert le passage de Rafah entre l’Égypte et Gaza mais dans des conditions drastiques : 50 personnes et six heures d’ouverture par jour. Pour l’instant, pas question de laisser passer l’aide humanitaire internationale. Il est probable que parmi les 22 000 blessés et malades gazaouis qui ont besoin d’une évacuation d’urgence, un grand nombre mourront avant d’avoir pu passer le poste-frontière et aller se faire soigner à l’étranger. L’humanisme sioniste a ses limites…

1 141 dirigeants de grandes entreprises (Engie, Michelin, Air France, Bouygues, Sanofi…) ont signé une tribune du vice-président de la Commission européenne, Stéphane Séjourné, en faveur de la « préférence européenne » dans les aides et les marchés publics. Elle est parue dans Les Échos en France, Handelsblatt en Allemagne, El Mundo en Espagne et Corriere della Sera en Italie. Cette préférence européenne reposerait sur un principe : « Chaque fois que l’argent public européen est utilisé, celui-ci doit contribuer à la production et aux emplois européens de qualité. » Et de préciser : « Qu’il s’agisse d’un marché public, d’une aide d’État ou de toute autre forme de soutien financier, l’entreprise bénéficiaire devra produire une partie substantielle de sa production sur le sol européen. » Ces patrons sont des partisans acharnés d’un libre-échange débridé lorsque cela les arrange mais d’un protectionnisme européen et national dans tous les autres cas. Et la « préférence européenne » ne les empêchera nullement, en cas de besoin, de licencier à tour de bras leurs salariés européens… comme les autres. Européen ou pas, un patron reste un patron.