Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Dans un discours prononcé à l’Élysée dans le cadre d’une réunion sur la réindustrialisation du pays, le président a appelé à « une pause réglementaire européenne » dans le domaine de la protection de l’environnement, estimant que l’Union européenne avait fait « plus que tous ses voisins » et qu’elle avait désormais « besoin de stabilité » pour son industrie. Traduction : les très modestes dispositions environnementales prises par l’Europe des 27 gênent encore trop les industriels car, comme dit Macron, « elles font peser des risques sur les financements des projets ». Exit donc la protection de l’environnement par celui qui affirmait lorsqu’il a été réélu que « le quinquennat serait écologiste ou ne serait pas ». C’est tout vu !

Les attaques israéliennes qui ont lieu en ce moment contre la bande de Gaza ont fait jusqu’à présent 34 morts et le bilan s’alourdit de jour en jour. Parmi eux il y aurait cinq dirigeants du mouvement Djihad islamique. De leur côté les organisations palestiniennes ont tiré plusieurs centaines de roquettes artisanales vers le territoire israélien faisant un mort. Comme d’habitude les États-Unis et l’Union européenne ont appelé à la fin des combats en reconnaissant cependant « le droit d’Israël à se défendre ». Quelle hypocrisie ! L’État sioniste porte l’entière responsabilité de la situation de guerre qui dure depuis 75 ans et qui se traduit chaque jour par une oppression des Palestiniens. C’est lui l’agresseur. Les grandes puissances, États-Unis et Union européenne en tête, continuent de désigner le Djihad et d’autres groupes palestiniens comme « organisations terroristes » mais pas l’armée israélienne qui sème quotidiennement la terreur et a pourtant dix fois plus de morts sur la conscience.

Rassemblement de soutien à la résistance palestinienne samedi à 14 heures, place du Châtelet à Paris

Le président égyptien, le général Sissi, a annoncé, en mars 2022, un vaste « dialogue national », qui se traduit, plus d’un an plus tard, par une « table ronde » prévue pour durer des mois, à laquelle participent quelques opposants encore en liberté. Et ça commence assez mal. À peine le processus est-il lancé que le dictateur galonné a fait arrêter et incarcérer douze militants de l’ONG pan-arabe Alkarama accusés, bien entendu, de « terrorisme ». Un « dialogue » dans la droite ligne de ce que fait Sissi depuis son arrivée au pouvoir en 2014.

Selon le journal Les Échos, les trois principales banques françaises – BNP Paribas, la Société générale et le Crédit agricole – rémunèrent des centaines de cadres dirigeants de leurs établissements au-delà du million d’euros par an. Arrive en tête BNP Paribas (369 millionnaires), suivi de la Société générale (144) et du Crédit agricole (38). Mais elles sont loin derrière la britannique Barclays (619) et l’allemande Deutsche Bank (572). En deux ans le nombre de ces millionnaires a plus que doublé. Pour les banquiers tout roule.

Un syndicat étudiant s’est insurgé des « réquisitions » de l’« ensemble des Crous d’Île-de-France » pendant les Jeux olympiques et paralympiques de Paris. Environ 3 000 logements universitaires seront mis à disposition de l’organisation des JO en Île-de-France à l’été 2024, a confirmé le ministère de l’Enseignement supérieur. Petit problème : si environ 30 % des logements du Crous sont inoccupées pendant les congés d’été, les autres ne le sont pas. Peu importe : leurs occupants iront loger ailleurs le temps des Jeux. Comme l’a dénoncé la députée EELV de Paris, Sandrine Rousseau : « Après les expulsions d’hôtels sociaux, voilà venue la réquisition de logements Crous. » Et de conclure : « L’organisation des Jeux olympiques et paralympiques ne doit pas se faire sur le dos des plus précaires. » C’est pourtant bien ce qui se passe depuis des mois.

Le maire de Saint-Brévin-les-Pins, une petite ville balnéaire, a annoncé sa démission après l’incendie criminel de son domicile en mars dernier. Il est en butte depuis des mois à des attaques répétées de l’extrême droite zemmourienne. Non qu’il soit de gauche (il a été élu sous l’étiquette « divers droite ») mais il avait accepté de déplacer près d’une école élémentaire le centre d’accueil de demandeurs d’asile qui avait ouvert dans sa commune en 2016 après le démantèlement de la « jungle de Calais ». Dans sa lettre de démission il mentionne notamment « le manque de soutien de l’État » pour motiver sa décision. Rien de vraiment surprenant. Quand Macron et Darmanin reprennent à longueur de journée les arguments des tenants de l’extrême droite contre les migrants, il n’est pas étonnant que ces derniers se croient tout permis.

Au terme de dix ans d’enquête sur des soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de 2007, le parquet national financier (PNF) a requis le renvoi de Nicolas Sarkozy devant la justice. Il sera inculpé pour corruption passive, association de malfaiteurs, financement illégal de campagne électorale et recel de fonds publics libyens provenant de son ami d’alors, le dictateur Mouammar Khadafi. Parmi les douze autres personnes pour lesquelles le PNF demande également un procès figurent Claude Guéant, ancien bras-droit du chef de l’État et ex-ministre, Éric Woerth, trésorier de la campagne présidentielle de 2007, et Brice Hortefeux, son homme de confiance. Que du beau linge. Bien entendu, tout ce petit monde affirme n’avoir jamais vu la couleur de l’argent. Mais vu l’accumulation des preuves, ils auront sans doute un peu de mal à convaincre les juges de leur innocence… ou de leur naïveté.

Au moins 25 personnes – dont cinq enfants – ont perdu la vie depuis mardi dernier lors de pilonnage par l’armée israélienne de l’étroite bande de terre surpeuplée et devenue une véritable prison à ciel ouvert, soumise à un blocus implacable. Parmi les morts on compte plusieurs membres du Jihad islamique et du Front populaire de libération de la Palestine. En riposte plusieurs centaines de roquettes artisanales ont été tirées vers Israël sans faire de blessés, amenant cependant des sirènes d’alarme à se déclencher dans plusieurs villes, notamment dans la région de Tel-Aviv, mais aussi à Sdérot, à Ashdod et à Ashkelon. Il s’agit de l’escalade la plus importante entre des groupes armés palestiniens et Israël depuis août 2022. Rappelons qu’en mai 2021 les bombardements israéliens avaient duré onze jours, faisant plus de 260 victimes, dont 39 femmes et 67 enfants, ainsi que près de 2 000 blessés.

Le coordinateur vidéo de l’Agence France-Presse, Arman Soldin, a été tué lors d’une attaque de roquettes russes près de la ville assiégée de Bakhmout. De nombreuses voix lui ont rendu hommage, dont Emmanuel Macron qui a salué son « courage », le ministre ukrainien de la Défense, Oleksii Reznikov, et la porte-parole de la Maison-Blanche, Karine Jean-Pierre. De son côté, le secrétaire d’État américain Antony Blinken s’est dit « dévasté ». Mais les grands – et les moins grands – de ce monde ont la compassion sélective. Rappelons qu’il y a tout juste un an la journaliste américano-palestinienne Shireen Abu Akleh était abattue en Cisjordanie par des soldats israéliens. Sa mort avait été vite oubliée et n’avait donné lieu à aucune enquête. Deux poids, deux mesures ? Bien sûr. Le décès de Soldin permet de mettre en cause le Kremlin alors que celui de Shireen compromettait les autorités israéliennes. Ce dont ne voulaient pas les puissances occidentales.