Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Khader Adnane, un militant du Djihad islamique de 45 ans, maintenu en détention administrative depuis le 5 février, est mort après une grève de la faim de 86 jours qu’il poursuivait pour demander sa libération. Originaire du nord de la Cisjordanie occupée, il avait été emprisonné de nombreuses fois et avait déjà fait quatre grèves de la faim, devenant un symbole pour les Palestiniens. Vendredi dernier son épouse avait expliqué qu’ « il était dans une cellule où les conditions de détention étaient très difficiles » ajoutant que les Israéliens « ont refusé de le transférer dans un hôpital civil et d’autoriser la visite de son avocat ». Qaddoura Fares, le président du Club des prisonniers palestiniens, association de défense des droits des Palestiniens détenus par Israël, a indiqué qu’il s’agissait du premier détenu palestinien mort en détention en Israël au terme d’une grève de la faim. À bas l’occupation !

Les autorités américaines viennent de prendre le contrôle de la banque régionale First Republic, qu’elles ont aussitôt revendue à un autre établissement bancaire, JPMorgan Chase. Elles espèrent ainsi refermer l’épisode de crise bancaire qui a émergé en mars après les défaillances de deux autres établissements, Silicon Valley Bank et Signature, qui ont entrainé à leur tour la chute du Crédit suisse. Il s’agit de la deuxième plus grosse faillite bancaire de l’histoire des États-Unis après celle de Washington Mutual en septembre 2008. Cette intervention étatique a pour but d’éviter un phénomène de contagion qui toucherait l’ensemble du système bancaire. Jusqu’à présent les interventions des autorités américaines et suisses ont réussi à colmater les brèches. Jusqu’à quand ?

Le couronnement de Charles III aura lieu le 6 mai. À cette occasion le roi a décidé de moderniser le protocole. Désormais ce ne sont plus seulement les nobles de la Chambre des lords et les députés de la Chambre des communes qui lui feront allégeance mais l’ensemble des Britanniques et autres populations du Commonwealth. L’archevêque de Canterbury, qui officiera dans l’abbaye de Westminster, les invitera à déclarer : « Je jure que je prêterai une allégeance sincère à Votre Majesté, ainsi qu’à vos héritiers et successeurs conformément à la loi. Ainsi, que Dieu me vienne en aide. » Ce nouveau serment, dont le modernisme ne saute pas aux yeux, fait grincer les dents des anti-monarchistes regroupés au sein du mouvement « Republic » qui comptent manifester ce jour-là. « Dans une démocratie, c’est le chef de l’État qui devrait jurer allégeance au peuple et non l’inverse », a résumé Graham Smith, porte-parole du mouvement. Et cela vaut aussi pour les monarchies républicaines comme la nôtre.

À l’occasion de l’examen par l’ONU de la situation des droits humains en France, un grand nombre de pays ont appelé Paris à accroître ses efforts pour lutter contre les violences policières et les discriminations raciales. Une prise de position que l’on ne peut qu’approuver. Sauf que parmi ces virulents défenseurs des droits humains se trouvaient la Russie, l’Iran et la Tunisie, qui brillent par la répression utilisée contre leur propre population au mépris de tous les droits. Preuve supplémentaire que le grand cirque onusien est largement hors-sol.

À l’occasion du 1er Mai, Élisabeth Borne et le parti présidentiel « Renaissance » ont tenu à glorifier une journée mettant en avant les « valeurs de travail et de solidarité », bref une « fête du Travail ». En oubliant un peu vite que ladite « fête » avait été instaurée par le régime de Vichy en 1942 dans le but avoué de dénaturer ce qui avait été jusqu’alors la Journée internationale de lutte des travailleurs. L’intermède pétainiste – et sa devise « Travail, Famille, Patrie » – disparurent en 1945. Cependant, depuis lors, bon an mal an, les politiciens de droite continuent de parler de fête du Travail. Nostalgie quand tu les tiens !

Matignon a fait savoir à la fin de la semaine dernière qu’Élisabeth Borne enverrait des invitations aux syndicats cette semaine pour tenter de renouer le dialogue social. Sur quoi portera ledit dialogue ? Personne n’en sait rien. Ce qui n’a pas empêché le leader de la CFDT, Laurent Berger, de déclarer au Grand jury LCI-RTL : « Si on a une invitation, on ira discuter », et ce « dans le format qu’elle décidera ». Avant d’ajouter : « C’est le rôle des syndicalistes de discuter. » Peut-être. Mais leur rôle devrait être avant tout d’organiser les travailleurs pour qu’ils gagnent dans les luttes. Ce qui n’est pas, à l’évidence, la conception du syndicalisme défendu par Berger.

Une soixantaine de travailleurs d’Orano (ex-Areva) qui profitaient de leur préretraite se retrouvent pris au piège de la réforme. Leur âge de départ est en effet décalé de plusieurs mois. Et les patrons, qui engrangent chaque année plusieurs dizaines de millions d’euros de bénéfices, veulent leur faire payer cette différence d’une manière ou d’une autre : congé sans solde, lissage de leur rémunération jusqu’à la fin de leur contrat ou, plus simplement, retour au travail ! Accroitre l’exploitation capitaliste est le sens profond de cette réforme, difficile d’en avoir une meilleure illustration.

L’agence de notation Fitch a dégradé la note de la France d’un cran (de AA+ à AA-), suscitant l’émoi chez les dirigeants du pays. La prolongation des mouvements sociaux et la difficulté du gouvernement à faire passer sa réforme jettent le doute quant à sa capacité à engager d’autres réformes réclamées par le patronat. Ce qui est bon pour le monde de la finance ne l’est généralement pas pour celui du travail. Toutes celles et ceux qui se sont mobilisés méritent donc les félicitations du jury !

Depuis plusieurs mois, la pénurie touche certains médicaments en Europe, au point que plusieurs pédiatres de différents pays ont alerté par courrier leurs ministres de la Santé sur les risques pour la santé des enfants. Ces antibiotiques ou analgésiques, parce qu’ils ne sont plus couverts par les brevets, sont jugés trop peu rentables par l’industrie pharmaceutique. Cette dernière réclame des hausses de prix pour augmenter la production. Un exemple de plus de la voracité de ces industriels, qui produisent pour les profits au mépris de la santé de la population.