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Brèves

L’actualité en bref

L’association anti-corruption Anticor a déposé plainte contre l’ancien président Nicolas Sarkozy, son ex-bras droit Claude Guéant et le publicitaire François de la Brosse. Elle les soupçonne d’un pacte de corruption dans le cadre de l’attribution du Mondial de foot 2022 au Qatar. L’ancien Premier ministre qatari, Hamad ben Jassem Al Thani, est également visé pour « trafic d’influence, corruption d’un agent public étranger, association de malfaiteurs, financement illégal d’une campagne électorale (celle de Sarkozy) et recel de ce délit ». N’en jetez plus. Une casserole de plus accrochée aux basques de l’ancien président, qui les collectionne, et qui ne va pas redorer le blason du foot professionnel.

Trop d’enfants sont enfermés dans les centres de rétention administrative (CRA) dénoncent cinq associations de défense des migrants, dont la Cimade et France terre d’asile dans leur dernier rapport annuel. La moitié de ces enfants ont moins de 12 ans. Leur nombre a augmenté entre 2021 et 2022, passant de 76 à 94 dans l’Hexagone. Une goutte d’eau comparée à ce qui se passe à Mayotte où 2 905 enfants sont enfermés dans des CRA ou des locaux de rétention administrative (LRA). Ces enfants représentent plus de 11 % de l’ensemble des personnes enfermées et des éloignements dans l’île. Le rapport pointe aussi l’allongement des durées de détention et des conditions indignes. À Mayotte par exemple « les parents qui ont des nourrissons n’ont droit qu’à un seul biberon pendant toute la durée de la rétention. À plusieurs reprises, les fontaines d’eau se sont retrouvées hors service sans qu’aucune autre alternative ne soit proposée, exceptée la remise au moment de l’intégration d’une bouteille d’eau de 50 cl. À titre de rappel, les températures, à Mayotte oscillent entre 35 et 40 degrés ». La barbarie au quotidien…

Selon un document du ministère de l’Éducation nationale, consulté par France Info, les salaires des enseignants vont augmenter en septembre prochain en moyenne de 5,5 %, loin des 10 % promis par Macron et son ministre de l’Éducation nationale, Pap Ndiaye. Elles seront même inférieures à l’inflation qui tourne autour de 5,7 %. Par ailleurs, toujours dans ce document du ministère, les hausses de rémunération sont détaillées. À partir de 15 ans de métier, ce sera 4 % d’augmentation. Pour les fins de carrière, ce sera 3 %, ou moins. Encore une fois les promesses gouvernementales s’envolent…

Au moins 110 personnes – avocats, journalistes, dirigeants d’ONG et un homme politique – ont été arrêtées en Turquie dans le cadre d’une opération « anti-terroriste » visant le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Ces arrestations – menées dans 21 provinces du pays, dont celle de Diyarbakir, au sud-est, à majorité kurde – se produisent à trois semaines des élections présidentielle et législatives alors que le président Recep Tayyip Erdoğan et son parti de la Justice et du développement (AKP), au pouvoir depuis deux décennies, apparaissent en situation délicate. Et, selon les ONG locales et l’association des avocats, il est probable que d’ici au scrutin du 14 mai, les arrestations vont continuer. Et pas du tout sûr qu’à la fin le sortant accepte le verdict des urnes.

Le journaliste Keyvan Samimi, 74 ans, libéré en janvier après avoir été incarcéré plus de deux ans, a été de nouveau arrêté. Pour son premier séjour en prison il avait été accusé de « complot contre la sécurité nationale ». Sa nouvelle arrestation est sans doute liée au fait qu’il est poursuivi dans une autre affaire cette fois pour « association contre la sécurité du pays ». Après sa libération, le journaliste avait rencontré de nombreux militants et personnalités politiques d’opposition. Samimi est d’ailleurs un habitué des geôles iraniennes. Ancien rédacteur en chef du magazine Iran-é Farda (« l’Iran demain » en persan) aujourd’hui interdit, il avait déjà été emprisonné à de nombreuses reprises, avant et après la révolution islamique de 1979. Mas il a continué à se battre sans jamais baisser les bras.

« Il faut peut-être en tuer. » Salime Mdéré, vice-président centriste du conseil départemental, a provoqué un tollé en tenant des propos très violents visant les jeunes Comoriens lors d’une interview sur la chaîne de télévision Mayotte La Première. Il était interrogé sur l’opération Wuambushu qui prévoit de déloger des migrants en situation irrégulière des bidonvilles et d’expulser les sans-papiers. Il était plus précisément invité à réagir à un reportage tout juste diffusé et réalisé dans le quartier de Tsoundzou, où des affrontements avaient eu lieu entre la police et des jeunes. L’élu a finalement présenté ses excuses dans un message publié sur Facebook, précisant que ses propos avaient « dépassé sa pensée ». Il n’empêche. Le fait qu’un des principaux responsables de l’île puisse se permettre de telles sorties en dit beaucoup sur le côté ultra-réactionnaire de la classe politique locale.

De passage à Vendôme, dans le Loir-et-Cher, le président de la République a été de nouveau accompagné par un concert de casseroles à son arrivée dans une maison de santé. Pourtant le préfet local avait pris des dispositions drastiques. Outre un périmètre de sécurité et l’interdiction des cortèges et des rassemblements revendicatifs aux abords de l’établissement, l’arrêté de la préfecture prévoyait une « interdiction des dispositifs sonores amplificateurs de son », c’est-à-dire, en français courant, des casseroles. Cet arrêté avait finalement été suspendu par la justice. Mais ce nouveau gag, après ceux identiques qui s’étaient produits en Alsace et dans l’Hérault, prouve que si le ridicule tuait, le corps préfectoral serait décimé.

Alors qu’environ 500 personnes s’étaient réunies en soirée sur une place, non loin de la préfecture, dans le cadre d’une casserolade organisée pour célébrer le premier anniversaire de la réélection d’Emmanuel Macron, un manifestant a été touché par un tir de lanceur de balle de défense. Âgé de 37 ans il a dû subir l’ablation d’un testicule. Le parquet a ouvert une enquête, confiée à l’Inspection générale de la police nationale, afin de « déterminer si ce tir a été réalisé dans des conditions régulières ». Bref, pour savoir si le malheureux été mutilé en toute légalité, ce qui, physiquement, ne changera rien pour lui.

C’est l’Institut international de recherche pour la paix de Stockholm qui l’affirme : les dépenses militaires en Europe ont dépassé à nouveau, en 2022, leur niveau de la fin de la guerre froide. Tous continents confondus, les dépenses militaires ont atteint l’an dernier un nouveau sommet à 2 240 milliards de dollars (2 030 milliards d’euros). Il s’agit, à l’échelle planétaire, de la huitième année consécutive de hausse pour les investissements dans les armées. Et l’année 2023 risque de battre un nouveau record. Quant à la misère elle se porte toujours aussi bien un peu partout !