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Brèves

L’actualité en bref

Invité de BFMTV, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a fait le service après-vente de l’allocution d’Emmanuel Macron, évoquant notamment la fraude sociale. Quitte à en rajouter une couche au fumet raciste. « Nos compatriotes en ont ras-le-bol de la fraude », a-t-il déclaré en ajoutant : « Les prestations sociales, c’est le contribuable, c’est l’entrepreneur, c’est le salarié qui les paient… Ils n’ont aucune envie de voir que des personnes peuvent en bénéficier, les renvoyer au Maghreb ou ailleurs, alors qu’ils n’y ont pas droit. » Une façon de désigner à la vindicte populaire les immigrés en général, et les Maghrébins en particulier. En oubliant la fraude fiscale pratiquée à une échelle autrement plus large par les entreprises et les super-riches. Le locataire de Bercy, qui chasse à l’évidence sur les terres du Rassemblement national, s’est fait rebaptiser Bruno Le Pen par Benjamin Lucas, le député Génération⋅s des Yvelines. Un surnom qui risque de lui coller à la peau.

Comme de juste, l’allocution de Macron lundi soir n’a rien donné d’autre qu’un quart d’heure d’autosatisfaction, de baratin et de généralités creuses, dont la promesse de « cent jours d’apaisement et d’action ». Mais pendant que le président déblatérait, les manifestants se sont regroupés dans près de 300 villes pour frapper sur des casseroles et crier « On est là ! » et « Macron démission ! » La lutte continue.

Le gouvernement militaire a annoncé avoir gracié 3 113 prisonniers, dont 98 ressortissants étrangers, pour marquer le traditionnel nouvel an birman. Mais on ne sait pas si cette amnistie s’applique à ceux embastillés dans le cadre de sa répression contre l’opposition ou s’il s’agit uniquement de détenus de droit commun. Plus de 21 000 personnes ont été arrêtées depuis le coup d’État du 1er février 2021, dont l’ancienne Première ministre, Aung San Suu Kyi, condamnée à 33 ans prison. Il faut préciser que le chef de la junte, Ming Aung Hlaing, a fait savoir que cette grâce intervenait « pour la paix du peuple et pour des raisons humanitaires » alors même que quelques jours auparavant il avait fait bombarder par son aviation un village en zone rebelle qui célébrait le nouvel an. Bilan final : 170 morts, en majorité des civils dont des enfants. Une preuve supplémentaire de « l’humanisme » de Ming Aung Hlaing.

Un tribunal de Moscou a condamné l’opposant Vladimir Kara-Mourza, un russo-britannique de 41 ans père de trois enfants, à 25 ans de prison à l’issue d’un procès emblématique de la répression tous azimuts contre ceux qui s’opposent à l’offensive du Kremlin en Ukraine. Il devra purger sa peine dans une colonie pénitentiaire à régime sévère. À l’issue d’un procès à huis clos, il a été reconnu coupable par le tribunal de « haute trahison », de diffusion de « fausses informations » sur l’armée russe et de travail illégal pour une organisation « indésirable » qui n’a pas été nommée. Auparavant il avait fait l’objet de deux tentatives d’empoissonnement qui lui ont laissé de graves séquelles. Il était aussi un ami et allié de Boris Nemtsov, un des leaders de l’opposition abattu près de la place Rouge il y a huit ans et dont les assassins n’ont jamais été arrêtés. Lors de ses dernières déclarations publiques, le 10 avril, Vladimir Kara-Mourza s’était dit « fier » de son engagement politique, en ajoutant : « Je sais aussi qu’un jour viendra où les ténèbres qui recouvrent notre pays se dissiperont […] quand ceux qui ont instigué et déclenché cette guerre (en Ukraine) seront qualifiés de criminels, et non ceux qui ont essayé de l’arrêter. » Un sacré courage !

Les groupes parlementaires des Insoumis et des Verts viennent d’attaquer devant le Conseil constitutionnel la loi sur les JO de Paris 2024. Dans le viseur des auteurs de la saisine, des
dispositions visant notamment à faciliter les opérations de flicage : la légalisation de la vidéosurveillance algorithmique, la possibilité de procéder à l’examen de caractéristiques génétiques sans le consentement de la personne, la création de nouvelles infractions liées à la pénétration dans des enceintes sportives, la peine complémentaire obligatoire d’interdiction de stade, l’ouverture d’enquêtes administratives visant des bénévoles et l’extension de l’exploitation des images de vidéosurveillance. De plus, alors que les Jeux olympiques et paralympiques s’achèveront le 8 septembre 2024, l’expérimentation des méthodes de surveillance se poursuivra pendant sept mois supplémentaires « à titre provisoire ». Du provisoire qui risque de se transformer à terme en définitif. Et s’il n’y a rien à attendre du Conseil constitutionnel, cette saisine a au moins l’avantage de mettre en lumière ces dispositions scélérates.

Près de quatorze ans après la catastrophe du vol Rio-Paris qui s’était abimé en mer faisant 228 morts, le tribunal correctionnel de Paris a relaxé les entreprises Airbus et Air France. Pourtant l’analyse des boîtes noires avait confirmé que le point de départ de l’accident était le givrage des sondes de vitesse Pitot alors que l’avion volait à haute altitude dans la zone météo difficile du « Pot au noir », près de l’Équateur. Les investigations avaient montré que des incidents de sondes similaires s’étaient multipliés dans les mois précédant l’accident. Pour le tribunal, Airbus a commis « quatre imprudences ou négligences », notamment ne pas avoir fait remplacer sur sa flotte le modèle de sondes défectueuses et d’avoir caché ce défaut aux compagnies aériennes. De son côté Air France a commis deux « imprudences fautives », liées aux modalités de diffusion d’une note d’information adressée à ses pilotes sur la panne des sondes. En résumé, les deux entreprises connaissaient le danger que représentaient ces sondes dans certaines conditions météorologiques mais n’en ont pas informé les pilotes. Cependant, conclut le tribunal dans sa « grande sagesse », « un lien de causalité probable n’est pas suffisant pour caractériser un délit ». En résumé, elles n’ont rien fait pour éviter l’accident mais ne l’ont pas provoqué. Un pied de nez aux familles des victimes que ces dernières, qui se sont dites « écœurées », n’ont pas spécialement apprécié même si elles ont de bonnes chances de faire condamner Airbus et Air France au civil.

Dans une interview accordée au média en ligne Le HuffPost, à l’occasion de la publication de son rapport annuel, la Défenseure des droits, Claire Hédon, s’inquiète des méthodes musclées de maintien de l’ordre, des entraves aux droits de manifester et d’association, mais aussi aux droits fondamentaux des plus vulnérables, et notamment de la « maltraitance institutionnalisée dans plusieurs domaines », depuis la petite enfance dans les crèches aux personnes âgées dans les Ehpad. Et de lancer cet appel à l’égard des pouvoirs publics : « Il y a urgence à nous écouter. » Peu de chance cependant qu’elle soit entendue. Car dans le passé elle avait notamment demandé, en vain, l’interdiction lors des opérations de maintien de l’ordre des lanceurs de balles de défense (LBD) et des grenades de désencerclement. Ses dénonciations, qui rejoignent celles émises par des associations, organisations et institutions diverses, sont bien sûr justifiées mais c’est un poil à gratter que le gouvernement supporte sans trop de douleur.

Ce jeudi, les actionnaires du groupe Stellantis ont validé la rémunération de Carlos Tavares pour 2022 : 23 millions d’euros (64 328 euros de salaire par jour, samedis et dimanches compris). L’assemblée a aussi validé les 5,8 millions pour 2022 du président de la multinationale, John Elkann. En 2025 les actionnaires promettent une super-méga-prime de 25 millions pour Tavares s’il atteint ses objectifs. Pendant que certains galèrent avec les fins de mois, eux roulent sur l’or. Et ce n’est rien par rapport aux actionnaires milliardaires comme les familles Peugeot et Agnelli.

… ont scandé des manifestants à Lille vendredi alors que celui-ci voulait se joindre à un rassemblement tenu contre la réforme des retraites. Déclarer comme l’a fait le porte-parole du Parti communiste français cette semaine, « oui il faut être plus ferme » que Darmanin à l’encontre des travailleurs migrants est à vomir. Hygiène militante que de ne pas laisser passer cette rhétorique de caniveau digne de l’extrême droite et pas du mouvement ouvrier.