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Brèves

L’actualité en bref

Après Montpellier, Marseille, Nantes et Avignon, plusieurs responsables écologistes de Paris s’apprêtent à rompre avec leur parti en rejoignant la liste de la France insoumise aux élections municipales des 15 et 22 mars prochains. 400 d’entre eux ont publié sur Mediapart une tribune intitulée Municipales 2026 : à la social-écologie, préférons l’écologie de rupture. La secrétaire nationale des Verts, Marine Tondelier, a menacé les signatures d’exclusion. En fait le débat entre écologistes dits radicaux et écologistes dits réalistes se réduit à une seule question : a-t-on plus de chances de conserver ou de gagner plus de sièges en s’alliant avec Jean-Luc Mélenchon qu’avec Olivier Faure ? La planète retient son souffle…

La dernière enquête du magazine de France 2 Cash Investigation sur le périscolaire a provoqué des réactions « indignées » chez différents candidats à la mairie de Paris. Cette enquête a mis en évidence les graves défaillances dans le périscolaire en général et dans la capitale en particulier, notamment des comportements inacceptables de quelques animateurs. L’émission s’est intéressée aux conditions de travail des animateurs, a pointé les faibles rémunérations, les temps partiels subis et les emplois du temps hachés. Surtout, elle a présenté des témoignages de parents dont les signalements de comportements suspects des personnes en contact avec les enfants n’ont pas été pris en compte, mais aussi l’absence de cadre de recrutement… Une réalité connue depuis des années sans que les autorités, municipales ou autres, n’interviennent pour changer les choses, souvent faute de moyens humains et, surtout, financiers. Mais aussitôt Rachida Dati (Les Républicains) à droite, Pierre-Yves Bournazel (Horizons) au centre, et à gauche Sophia Chikirou (la France insoumise) et Emmanuel Grégoire (Union de la gauche) ont promis de changer les choses… s’ils étaient élus. Il n’y a plus qu’à les croire.

C’est à l’unanimité que l’Assemblée nationale a voté de supprimer la notion de « devoir conjugal » du droit. Il est intéressant de noter que cette notion – que l’on pourrait résumer en l’obligation pour la femme d’accepter des relations sexuelles dans le cadre du mariage – n’a jamais existé dans le Code civil. Elle a été inventée de toutes pièces par des juristes sexistes qui l’ont introduit dans le droit via la jurisprudence. Comme l’écrivaient les auteurs de la proposition de loi l’abolissant : « Le droit français a légalisé le fait d’avoir des relations sexuelles sous contrainte sous la menace d’un divorce pour faute. » En 2019 d’ailleurs un homme avait, pour ce motif, obtenu le divorce aux torts exclusifs de sa femme. Que la formule « devoir conjugal », qui suintait la misogynie, disparaisse, personne ne s’en plaindra. Mais le combat pour imposer une égalité complète entre les hommes et les femmes dans le droit, mais aussi dans les mœurs et la vie courante, est loin d’être terminé.

Les pays de l’Union européenne se sont mis d’accord, à l’unanimité, pour désigner les gardiens de la révolution islamique comme « organisation terroriste ». Ils ont aussitôt été félicités par Israël pour avoir pris une « décision historique ». Et c’est là que le bât blesse. Que la milice aux ordres du guide suprême iranien soit composée d’assassins qui massacrent, torturent, mutilent, violent et arrêtent à tout de bras est une évidence. Mais le nombre de leurs victimes est sans commune mesure avec ceux de l’armée israélienne qui, elle aussi, massacre, torture, mutile, viole et arrête. La différence : Israël est résolument dans le camp impérialiste, comme l’Union européenne, alors que l’Iran montre des velléités de résistance. C’est pourquoi Bruxelles condamne les premiers et soutient la seconde en sous-main.

Deux journalistes du quotidien israélien Haaretz, Yazniv Kubovich et Nir Hasson, ont obtenu confirmation auprès de l’armée que cette dernière avait fait plus de 71 000 victimes directes dans le territoire palestinien, non compris les dizaines de milliers de morts enfouis sous les décombres et les décès causés par la famine, l’absence de médicaments ou de matériel médical. Jusqu’à présent des chiffres similaires avaient été avancés par le ministère gazaoui de la Santé et les agences de l’ONU, mais disqualifiés par le gouvernement Netanyahou comme simple « propagande du Hamas ». Selon des experts internationaux, le nombre total des victimes, toutes causes confondues, devrait avoisiner les 200 000. Et chaque jour le massacre continue.

Sari Bashi, la directrice du Comité public contre la torture en Israël, a dénoncé les arrestations que la puissance occupante poursuit dans la bande de Gaza malgré le cessez-le-feu mais aussi les conditions de détention de tous les détenus. Elle alerte également sur la volonté du régime israélien de mettre en place la peine de mort pour les Palestiniens. Les prisonniers sont soumis à des viols, des violences physiques et morales et des tortures qui entrainent parfois la mort. En outre ils souffrent de conditions de détention déplorables et d’une nourriture insuffisante. Selon les chiffres officiels (sans doute sous-estimés) du Service pénitentiaire israélien près de 11 000 détenus palestiniens sont classés comme « prisonniers de sécurité ». Parmi eux, plus de 3 500 sont catalogués « détenus administratifs », c’est-à-dire qu’ils sont emprisonnés sans procès, ni jugement. Il faut ajouter quatre centres de détention gérés par l’armée, qui se refuse de fournir des données sur le nombre de prisonniers. Des constatations confirmées par une autre ONG israélienne de défense des droits de l’homme, B’Tselem, qui a intitulé son dernier rapport : « Bienvenue en enfer ». On comprend pourquoi.

La Commission nationale consultative des droits de l’homme a publié un avis d’une vingtaine de pages sur la Nouvelle-Calédonie. Le texte tire à boulets rouges sur l’administration néo-coloniale de l’archipel. Il souligne « les inégalités, nettement plus accentuées qu’en France métropolitaine », pointe « un accès inégal aux ressources économiques », dénonce des « discriminations raciales profondément enracinées dans l’histoire coloniale », évoque « un racisme au quotidien latent ou déclaré » et souligne le « déni de l’identité kanak ». Ainsi, lors des évènements de 2024, le parquet de Nouméa avait dénombré 2 528 placements en garde à vue et 502 déferrements devant les tribunaux. Toutes les personnes visées étaient… d’origine kanak. Dans le même temps les milices armées loyalistes n’ont fait l’objet d’aucune poursuite. Le racisme colonial dans toute sa splendeur…

Trente ans après le dernier essai nucléaire tricolore sur l’atoll polynésien de Fantagufa, une nouvelle proposition de loi visant à la reconnaissance des victimes et l’amélioration de leur indemnisation sera examinée à l’Assemblée nationale les jours prochains. Ces essais se sont prolongés pendant plusieurs décennies entraînant de nombreuses victimes parmi les personnes exposées, malades ou décédées. Plus de 10 000 personnes seraient concernées. Une loi datant de 2010 a restreint au maximum les conditions donnant droit à des indemnisations. Le nouveau texte en discussion est le fruit du long combat mené par des élus polynésiens pour obtenir justice pour leur peuple. Une démarche que la puissance coloniale ne semble cependant pas pressée de voir aboutir.

Deux ans après la loi Darmanin (26 janvier 2024) et un an après la circulaire Retailleau (25 janvier 2025), la Cimade, association de solidarité active avec les personnes migrantes, présente un bilan alarmant de la situation créée par ces textes. Elle dénonce notamment les restrictions sur la régularisation des personnes étrangères en ajoutant des conditions draconiennes à un arsenal procédural déjà saturé, un panel de mesures répressives, comme la suppression de la quasi-totalité des protections existantes contre les obligations de quitter le territoire français (OQTF) et une instrumentalisation croissante des questions d’ordre public. Précarisation, stigmatisation et exclusion sont les effets concrets recherchés et constatés de ces textes sur les personnes étrangères. La Cimade appelle donc « à un changement de regard sur les migrations et à des politiques fondées sur l’accueil, la solidarité et le respect des droits fondamentaux de chacun·e, quelle que soit sa nationalité et sa situation administrative. » Mais il est illusoire de compter sur le gouvernement, la droite et l’extrême droite pour changer de regard et de politique sur la question.