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Brèves

L’actualité en bref

Le régime saoudien a exécuté 356 personnes en 2025, soit un nouveau record dans l’un des pays au monde qui recourt le plus à la peine de mort. En 2024, il avait déjà établi un record avec un total de 338 exécutions. La monarchie du Golfe applique la peine de mort à un rythme effréné sous prétexte de lutter contre le trafic de drogue mais en fait pour éliminer toute opposition. Une réalité qui cadre assez mal avec l’image moderne et réformiste voulue par le prince héritier Mohammed ben Salmane, à laquelle pas grand monde ne croit. Mais les pays occidentaux ferment facilement les yeux, car l’Arabie saoudite est non seulement un producteur de pétrole de premier plan mais aussi, et surtout, une pièce maîtresse de la domination impérialiste au Proche et Moyen-Orient.

La cour administrative d’appel de Douai (Nord) a confirmé l’illégalité du plan d’Auchan prévoyant 2 389 suppressions de postes dont 2 323 licenciements au sein de l’enseigne de la grande distribution qui appartient à la richissime famille Mulliez. En septembre dernier déjà, la justice l’avait invalidé en première instance, au tribunal administratif de Lille, estimant la procédure irrégulière. Si la CGT a tenu à saluer « une victoire éclatante pour le respect des droits des salariés », il n’empêche que lesdits licenciements sont toujours à l’ordre du jour et que seule la lutte résolue des travailleurs du groupe pourra les empêcher. Non aux licenciements, répartition du travail entre tous !

Le gouvernement et le patronat viennent d’entamer de nouvelles négociations avec les organisations syndicales pour réformer les ruptures conventionnelles, c’est à dire les procédures de fin de CDI par des séparations à l’amiable. Le but affiché de l’opération est de réaliser des économies au détriment des chômeurs. Selon l’Unédic, plus de 500 000 ruptures conventionnelles sont enregistrées chaque année. Le gouvernement vise 400 millions d’euros d’économies annuelles et le patronat espère quant à lui atteindre un milliard d’euros, tout ça pris dans la poche des travailleurs. Un mauvais coup que cautionnent les organisations syndicales ouvrières qui participent à cette mascarade.

L’organisation « Prisoners for Palestine » alerte sur les dangers que courent les huit grévistes de la faim membres de Palestine Action, dont Heba Muraisi, en grève depuis maintenant 65 jours. Elle souffre de difficultés respiratoires, de spasmes, de contractions musculaires et d’une détérioration rapide de sa santé pouvant conduire à la mort. Elle est en détention « provisoire » depuis plus d’un an et son procès est prévu… au début de l’année 2027. La semaine dernière, un autre gréviste de la faim, Kamran Ahmed, a été hospitalisé pour la cinquième fois depuis le début de sa grève. Le gouvernement travailliste de Keir Starmer, chaud soutien d’Israël, est prêt à les laisser mourir. Il faut exiger leur libération immédiate.

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme vient d’affirmer que la « discrimination systématique » à l’égard des Palestiniens dans l’ensemble des territoires palestiniens occupés, notamment en Cisjordanie, s’est « radicalement aggravée » ces dernières années, s’apparentant à une forme de « système d’apartheid ». Et d’insister : qu’il s’agisse d’avoir accès à l’eau, aux écoles ou encore aux hôpitaux ou qu’il s’agisse de pouvoir aller voir des proches ou d’aller récolter des olives, « chaque aspect de la vie des Palestiniens en Cisjordanie est contrôlé et restreint par des lois, des politiques et des pratiques discriminatoires d’Israël ». Un constat tout à fait juste. Cela fait des décennies que l’attitude de l’État sioniste à l’égard du peuple palestinien dans toutes ses composantes est raciste, suprémaciste, discriminatoire et s’apparente parfois, comme à Gaza, à un génocide. Mais toutes les condamnations de l’ONU au fil des années sont toujours restées sans effet, Israël bénéficiant largement du soutien de tout le camp impérialiste, États-Unis en tête, pour mener sa politique criminelle.

Un an avant son élection, Macron, dans un livre paru en 2016, affirmait fermement : « Peut-on imaginer sérieusement présider aux destinées du pays, ou même simplement se présenter aux suffrages des Français alors que sa probité personnelle a été mise en cause ? » Et il répondait : « Je ne le pense pas. » Mais depuis il a dû changer d’avis. En effet Le Canard enchaîné a calculé que, depuis son arrivée à l’Élysée, vingt-cinq ministres ont eu à répondre à la justice et huit font toujours l’objet de poursuites. Un record absolu sous la Cinquième République. À ce rythme, les Conseils des ministres vont bientôt se dérouler à la Santé.

Le tribunal administratif de Paris vient de suspendre en référé la révocation d’une infirmière, renvoyée pour port d’un calot. L’AP-HP (hôpitaux de Paris) devra la réintégrer dans un délai d’un mois. C’est un premier coup d’arrêt à l’arbitraire, avant le jugement au fond dans quelques mois. C’est surtout une victoire pour l’infirmière et ses collègues, qui subissent une chasse misogyne et raciste à l’hôpital public sous couvert de laïcité. La décision le dit clairement : le prétexte de l’hygiène, hypocritement avancé par l’AP-HP pour interdire le port permanent du calot, est discutable, et la sanction est de toute façon disproportionnée. Non, tous les coups ne sont pas permis !

La Fondation pour le logement estime que 350 000 personnes n’ont pas actuellement de domicile fixe, dont 20 000 qui sont à la rue. Le plan grand froid a bien été activé dans plusieurs départements, mais malgré cela, les décès continuent. Le collectif Les Morts de la rue indique que 746 personnes sans-abri sont décédées l’an dernier et les associations d’entraide soulignent que les places en hébergement d’urgence sont insuffisantes, avec 7 000 personnes, dont 2 000 enfants, n’obtenant pas de place via le 115. C’est dans ce contexte que la cheffe de file des députés LFI, Mathilde Panot, a lancé un appel à la réquisition des bâtiments vides pour y loger les sans-abris. Elle a déclaré sur RMC-BFMTV : « J’appelle à la fois à ouvrir les bâtiments publics et à faire respecter la loi de réquisition qui date de 1946 et qui a été utilisée la dernière fois en 1999. » Selon la base de données gouvernementale sur le logement vacant (Lovac), 2,38 millions de logements sont identifiés comme vacants dont 1,35 million vides depuis plus de deux ans. Les réquisitionner serait donc possible immédiatement et permettrait de loger tous les personnes à la rue. Mais pas question pour les pouvoirs publics d’écorner, même à la marge, les intérêts des propriétaires, individus ou compagnies. Le respect de la sacro-sainte propriété privée passe encore une fois avant la préservation de la vie.

Le gouvernement a annoncé à partir du 1er février une réduction de 25 % de la contribution tarifaire d’acheminement, un prélèvement présent sur toutes les factures d’électricité. Cela devrait se traduire par une baisse du prix de l’abonnement à l’électricité quel que soit le fournisseur. Objectif affiché par le Premier ministre Lecornu et son ministre de l’Industrie Lescure : rendre du pouvoir d’achat aux consommateurs. On ne peut qu’applaudir. Et de combien sera cette fameuse baisse ? en moyenne de 10 à 12 euros… par famille et par an. Champagne pour tout le monde !